Métier d’avenir : Antoine Bauza invente des jeux de société


Le créateur a vendu plus de 500.000 exemplaires de son jeu Seven Wonders…

antoine_bauza_2016

Avant de devenir créateur de jeux de société, Antoine Bauza était professeur des écoles.

Il n’a pas inventé le Monopoly, mais pas loin ! Au Festival du jeu à Cannes ce week-end, Antoine Bauza fera office de VIP. A 38 ans, ce natif de Valence est le créateur de l’un des jeux de plateau les plus primés au monde. Seven Wonders (« Les Sept Merveilles », en français) est en passe de devenir un classique : tiré à 18 000 exemplaires lors de sa sortie, ce sont finalement 500 000 boîtes qui ont été vendues dans le monde entier. Depuis sa sortie en 2010, Antoine Bauza a quitté sa blouse de professeur des écoles pour devenir inventeur de jeux de société à plein-temps.

« Raconter une histoire »

En France, ils sont une quinzaine à exercer le métier d’auteur professionnel. C’est cinq fois plus qu’il y a vingt ans. Monsieur Phal, chroniqueur pour le site spécialisé Trictrac.net y voit l’embellie du marché du jeu de société : « Il y a de plus en plus de joueurs. Les éditeurs sortent des jeux plus travaillés, une économie s’est créée. »

C’est sur cette vague que surfe la création d’Antoine Bauza. Au début, tout part d’une question pratique : « Dans mon groupe de copains, on était souvent sept aux soirées. On cherchait un jeu pas trop long, auquel on pouvait jouer tous ensemble. » A cette époque, il crée des jeux pendant son temps libre. Chaque fois, c’est le même processus : « J’essaie de raconter une histoire et la trame part de là. »

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Le prototype du jeu Hanabi, fait à la main avec du papier, du carton et des jetons de récupération.

Hanabi, Ghost Stories ou Rockband Manager, Antoine Bauza a signé plus d’une vingtaine de jeux et leurs extensions. Quand il démarre, il travaille le soir ou la nuit dans son grenier. Aujourd’hui, un vrai atelier remplace son bureau sous les combles. Et le créateur adapte ses horaires à ceux de l’école de son fils. « Ce n’est pas très régulier, certaines semaines l’inspiration est là, d’autres non », reconnait-il.

Ses prototypes sont faits maison, avec du carton, du papier et des jetons de récupération. Après chaque test, inlassablement, il retouche les sacro-saintes règles du jeu. Dans son agenda, une grande partie du temps est consacrée aux réseaux sociaux : « C’est un bon moyen pour se motiver, comme un grand open space virtuel. »

Deux ans de préparation pour achever un jeu

Antoine Bauza a toujours quelques projets dans ses tiroirs : « Certains sont juste des idées griffonnées dans un carnet, d’autres sont déjà des prototypes qu’on a essayés une centaine de fois. »

Ses testeurs officiels ? Une bande de copains. Corentin Lebrat fait partie de ces joueurs réguliers : au moins une fois par semaine, il aide à l’amélioration des jeux de société créés par Antoine Bauza. « Il y a un certain plaisir à tester un jeu avant tout le monde, c’est comme voir une avant-première au cinéma, on se sent un peu privilégié », confie le cobaye.

L’ambiance est bon enfant. Et quand l’auteur observe ses amis, il sait déjà ce qui va leur déplaire : « Après, on en discute. Quand il faut faire la 80e partie, on en a tous marre, c’est un vrai boulot. »

En moyenne, après deux ans de parties de jeu endiablées, le jeu est enfin validé et l’auteur le présente à un éditeur, afin de le commercialiser.

Cette année, la version « duel » de Seven Wonders vient de gagner le Swiss Gamers Award (le prix du jeu préféré des Suisses). Mais Antoine Bauza a déjà l’esprit à ses futures créations : « Le plus excitant, c’est de commencer un nouveau projet. »

Seven Wonders : Un succès expliqué

Seven Wonders est un jeu de stratégie qui reprend l’esthétique des sept merveilles du monde antique comme le phare d’Alexandrie, le colosse de Rhodes ou les jardins suspendus de Babylone. L’objectif est de gagner des points en créant des alliances avec ses adversaires, sept joueurs maximum.

Pour Monsieur Phal, chroniqueur pour le site spécialisé Trictrac.net, le succès fulgurant du jeu réside dans la simplicité des règles : « Antoine Bauza a réussi à convaincre les non-joueurs que ce n’est pas si compliqué, tout en intéressant les passionnés. »

Attention cependant, si les règles sont simples, il faut une vingtaine de minutes pour les expliquer.

Source : www.20minutes.fr

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