Bernat – ma petite entreprise…


Un plongeon dans le temps. Il est de plus en plus rare de trouver encore des photos d’une entreprise girondine vieille de plus d’un siècle. C’est le cas d’un spécialiste des produit surgelés et des glaces.

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L’entreprise Bernat, c’est avant tout une affaire de famille et une histoire d’hommes, celle de Raoul, Henri, Jacques, Bruno et aujourd’hui, Guillaume. Fondateur de l’affaire familiale en 1886, Raoul, qui a fait ses études à l’École Supérieure de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, est, avant tout, un inventeur et un créateur. Il fourmille d’idées, multiplie les inventions et les brevets dont certains vont lui rapporter des royalties. Sa curiosité l’entraîne vers l’invention d’une machine à fabriquer de la glace. Ainsi commence l’histoire… Son fils Henri lui succède. S’il est moins créatif que son père, il est doté d’un meilleur sens des affaires. Il industrialise l’invention et distribue dans tout Bordeaux et ses environs des pains de glace. Les glacières Bernat, tirées par des chevaux, vont alors sillonner la Gironde jusqu’au début des années 1960, pour livrer les particuliers et les professionnels des métiers de bouche.

Des glacières aux surgelés

Au milieu des années 1950, le froid électrique fait son apparition. Le réfrigérateur s’immisce chez les particuliers. L’activité de l’entreprise fond comme neige au soleil. En six ans, elle passe de 16 600 tonnes de glaces vendues à… 6 900 tonnes ! Jacques Bernat, fils d’Henri, doit réagir pour sauver l’entreprise. Il se lance dans la distribution de crèmes glacées et de produits surgelés. Les « Glacières Bernat » laissent la place à « Bernat Surgelés ». Nous sommes alors en 1962. Pendant 20 ans, les pains de glace et les produits surgelés vont cohabiter. L’un finissant sa vie, l’autre poursuivant son ascension sous la demande croissante des professionnels et des particuliers. En 1982, le dernier pain de glace sort de l’usine du cours Barbey. En 1992, Bruno succède à Jacques, son père. L’entreprise doit s’adapter aux modes de consommation du début des années 2000. Le « manger rapide » du midi prend de l’ampleur. Pour adapter son offre, Bernat déménage à Villenave d’Ornon, ce qui lui permet d’accroître sa capacité de stockage et de commercialiser pains et viennoiseries. L’entreprise fête aujourd’hui ses 130 ans d’histoire sous le symbole du chêne qui, du haut de ses 200 ans, trône sur le parking du site girondin. Aujourd’hui Bernat a rejoint le giron d’une coopérative agricole bretonne, le groupe Even, qui compte 5000 salariés. « Au début de la décennie je me suis rendu compte que tous mes concurrents faisaient partie de groupes importants et nous avons choisi de faire de même, ce qui nous permet d’obtenir des prix plus compétitifs notamment à l’achat », explique Bruno Bernat, dirigeant jusqu’à fin 2014 qui vient de céder les rênes à son fils Guillaume choisi par les nouveaux partenaires. L’ancien dirigeant « ne voit pas nationalement ou localement de petites structures se créer dans ce secteur désormais dominé par les grands groupes. »

1850 clients

La société Bernat compte 41 salariés permanents et 1 850 clients. Elle est présente en Gironde, dans le nord des Landes et en Lot-et-Garonne. L’entreprise bien implantée sur les secteurs de Bordeaux et Arcachon réalise un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros en restauration commerciale, en restauration collective et auprès des boulangers-pâtissiers. Bernat offre à ses clients quelque 1 300 produits différents, une gamme qui s’enrichit d’une centaine de nouveautés tous les ans. Quinze commerciaux, 21 préparateurs de commandes et livreurs et 6 personnes au service administratif se relayent 6 jours sur 7 pour offrir aux restaurateurs un service de proximité immédiat. Côté équipement, Bernat compte  20 camions frigorifiques et une chambre froide de 8 100 m3. L’entreprise girondine livre chaque jour des produits gastronomiques pour la restauration étoilée, des produits plus traditionnels pour ses clients de brasserie ou plus classiques pour les restaurants ouvriers, la restauration rapide (points chauds, Fast Food, sandwicheries …) et les boulangeries. « Ce qui a tendance à se développer, c’est la belle brasserie, le restaurant de bon niveau et la sandwicherie », confirme Bruno Bernat.

Auteur : Éric MOREAU

Source : www.echos-judiciaires.com

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