Un moteur qui tousse de l’air propre : la technologie AirPower arrive au Québec


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Vito Gianfranco Truglia n’a rien d’un ingénieur en thermodynamique : il est avocat fiscaliste et – ceci expliquant paradoxalement cela – amateur de voitures sport anciennes et coureur automobile de week-end. Il a fait breveter le principe de valve qui est au cœur du moteur.

Nous sommes le 16 juin 2016. Vito Gianfranco Truglia ouvre la valve, et le moteur à quatre cylindres se met à pétarader à plein poumon, comme si on le rinçait avant une course. Sauf qu’il n’y a pas d’essence et que sa seule émanation est un air froid, plus pur que celui qui y est entré.

Arrivé au Québec deux jours plus tôt, le moteur a été monté sur son banc d’essai durant la nuit, dans un local de l’École de technologie supérieure (ETS).

C’est la première démonstration de la technologie à air comprimé AirPower, que l’inventeur italien et des partenaires québécois veulent introduire au Québec.

Qui est l’inventeur ?

Vito Gianfranco Truglia n’a rien d’un ingénieur en thermodynamique : il est avocat fiscaliste et – ceci expliquant paradoxalement cela – amateur de voitures sport anciennes et coureur automobile de week-end.

Il a fait breveter le principe de valve qui est au cœur du moteur (placé à sa tête, en fait).

En Europe, il fait la promotion de cette technologie avec deux associés, dont l’homme d’affaires québécois Pierre Villeneuve. Copropriétaire du restaurant L’Express, à Montréal, Villeneuve est également président de SetEnergy, entreprise établie en Suisse et vouée au développement et à la combinaison de technologies écoresponsables.

Pour la diffusion du moteur au Québec, Villeneuve s’est associé à l’entrepreneur montréalais Jean-Eudes Tremblay, également président de WREG (World Renewable Energy Group). Il occupera la présidence de ce qui s’appellera WREG-AirPower.

Le designer industriel Michel Dallaire est également actionnaire. « Ils ont pensé à moi au début comme styliste. » Mais il a refusé toute intervention esthétique prématurée. « Il faut d’abord créer l’évidence de la fonctionnalité, justifier et avancer l’intelligence du projet. Et après ça, s’intéresser au stylisme.

Pourquoi le Québec ?

Pourquoi le Québec ? « Pourquoi pas, dans un pays qui a des ressources renouvelables énormes, qui est engagé dans le renouvelable et qui peut être le pont technologique pour toute l’Amérique ! », répond Vito Gianfranco Truglia.

Les promoteurs cherchent des partenaires prêts à investir pour le développement d’applications concrètes.

La technologie avait été présentée en janvier 2015 au maire de Montréal Denis Coderre. « Il nous a mis en lien tout de suite avec les gens de l’ETS, informe Jean-Eudes Tremblay.

Partant de là, on a décidé d’abord de rapatrier le prototype et, dans un deuxième temps, de faire le transfert technologique à travers l’ETS. »

UNE IDÉE QUI ÉVOLUE DEPUIS 150 ANS

La propulsion à air comprimé est une vieille technologie qui n’a jamais percé.

Les tramways Mékarski

En 1875, l’ingénieur français Louis Mékarski a testé à Paris son tramway autopropulsé par air comprimé, réchauffé à la vapeur. C’est ce dont témoigne cette page du journal The Engineer, dans sa parution du 3 mars 1876. Les tramways Mékarski ont circulé dans une douzaine de villes, dont La Rochelle jusqu’en 1929.

La Quasiturbine québécoise

Au Québec, la Quasiturbine, hybride entre moteur rotatif et turbine inventé par Gilles Saint-Hilaire, a été montée sur une petite voiture il y a une dizaine d’années, pour démontrer les possibilités de la technologie. Le véhicule mû par de l’air comprimé en bouteilles n’a pas trouvé de débouchés.

L’hybride air-essence Peugeot-Citroën

En 2013, le Groupe PSA (Peugeot Citroën) a présenté son projet de véhicule hybride essence-air comprimé. À la différence du système AirPower, qui utilise les cylindres d’un moteur existant, l’air comprimé actionnait une pompe hydraulique Bosch indépendante du moteur thermique. Le projet semble s’être essoufflé, faute d’un partenaire souhaitant contribuer au coût de développement de 500 millions d’euros.

Le travail de Guy Nègre

En France, l’ingénieur Guy Nègre travaille très fort depuis 25 ans pour commercialiser des véhicules mus par le moteur pneumatique qu’il a mis au point au sein de son entreprise Motor Development International (MDI). Les constructeurs européens n’ont pas suivi. Au début de 2015, une énième rumeur impliquant Tata et MDI voulait que le constructeur indien lance le petit véhicule urbain AirPod. Rien ne semble se concrétiser.

Auteur : Marc Tison

Source : auto.lapresse.ca

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