L’invention d’un Nîmois fait le tour du monde


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Le Nîmois Jean-Luc Vignaud exporte son innovation musicale dans le monde entier.

Le Nîmois Jean-Luc Vignaud (JLV) a inventé un petit objet qui a bousculé la façon de jouer du saxophone et de la clarinette, du débutant au virtuose.

L’objet pourrait sembler anodin. Trois à quatre centimètres placé sur l’anche d’un saxophone ou d’une clarinette. Pourtant, comme l’explique Cyprien, fils de l’inventeur Jean-Luc Vignaud, cette ligature qui s’adapte aux becs de saxophone et de clarinette change totalement le son des instruments.

« Beaucoup de grands musiciens qui l’ont essayée ont été étonnés. En leur bandant les yeux, ils reconnaissaient immédiatement la différence entre un son fait avec et sans la ligature de mon père. »Appelée JLV pour Jean-Luc Vignaud du nom de l’inventeur nîmois, cette ligature permet d’éviter que l’anche se gondole, entraînant des fuites d’air.

Du classique au jazz

Né en 1948, Jean-Luc Vignaud a commencé ses études de musique classique au conservatoire de Nîmes où il a été l’élève de Jacques Pierson. Il rentre en 1969 au Conservatoire national supérieur de Paris. Après avoir gagné plusieurs prix en saxophone, eu quelques expériences dans l’univers du jazz, il sera le compositeur principal d’un groupe de 24 musiciens appelé Triptyque Orchestra en 1980. En 1984, le groupe sortira un album.

Une hantise pour les joueurs de ses instruments : « Cela leur permet de relever la tête. En tant que saxophoniste, je sais qu’au bout de huit à dix minutes, cela stresse de savoir que l’anche se met à gondoler. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve quelque chose », explique Jean-Luc Vignaud. Dix ans lui auront été nécessaires pour aboutir à cet accessoire gage de confort et de souplesse pour le musicien.

« J’ai beaucoup appris des retours de grands musiciens »

Le travail, insiste le professeur de saxophone installé en région parisienne, a profité de l’aide de « nombreux retours des saxophonistes et clarinettistes. Il y avait comme une ébullition ces trois dernières années autour de la ligature ».

Depuis son prix Lépine de 2013 (concours français d’innovation), Jean-Luc Vignaud a continué à améliorer cet accessoire pour aller vers toujours plus de pureté du son. En trois ans, l’entreprise qui commercialise la ligature JLV a bien grandi.

« Nous sommes implantés dans 16 pays avec 85 magasins, aux États-Unis, en Europe, en Israël ou plus récemment en Corée du Sud . » Le produit est garanti à vie et les améliorations apportées à la ligature ont été offertes gracieusement aux clients. « L’idée, c’est aussi que ce n’est pas réservé aux professionnels mais à tous ceux qui veulent jouer et ne pas se bagarrer avec l’instrument », explique le Nîmois pour qui son invention doit toucher un public large.

Une ligature pour concertistes

Jean-Luc Vignaud ne veut pas en dire trop sur le sujet mais il a inventé une nouvelle ligature, apothéose selon lui de son travail sur cet accessoire. « La ligature concertistes est le must, il y a un traitement spécial du son à un niveau jamais égalé. Il y a une pureté qui va avec l’utilisation notamment du bronze. Il a été testé par de nombreux solistes notamment de l’Opéra de Paris et ils sont tous unanimes. »

Au point que le saxophoniste souhaite maintenant s’arrêter et se lancer dans « d’autres choses », une nouvelle invention peut-être.

Plus d’informations sur la ligature

Prix Lépine 2013 : une première pour un musicien depuis 1901

En 2013, Jean-Luc Vignaud gagne le prix Lépine. Le prestigieux concours français d’invention est remporté pour la première fois depuis sa création en 1901 par un musicien. Le professeur de saxophone ne s’attendait pas à cette distinction et disait y aller « pour voir ». « Je ne m’attendais à rien de particulier. Nous étions là et il y avait plus de 600 inventions. Il y avait un jury de professionnels de la musique et ces gens-là ont choisi mon invention », semble s’étonner encore l’inventeur.

« Il était très heureux que le monde de la musique soit à l’honneur et que cette ligature soit reconnu , explique son fils Cyprien qui était déjà de l’aventure en 2013. Maisje crois que ce qui lui plaît le plus, c’est de se dire que partout dans le monde sa ligature sert à aider des musiciens. »

Auteur : DORIAN CABROLS

Source : www.midilibre.fr

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