Selongey : rencontre avec l’un des pères de la cocotte-minute


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Camille Philippe, avec la première cocotte-minute commercialisée en 1953.

Camille Philippe vit à Selongey, là où il a inventé, la fameuse cocotte-minute chez SEB (Société d’emboutissage de Bourgogne), il y a tout juste soixante-trois ans, avec son meilleur ami Raymond Louet. Qui se souvient aujourd’hui de ceux qui ont inventé cette cocotte révolutionnaire ? Vendue dans le monde entier, elle ne portait pas encore l’appellation de cocotte-minute, mais s’appelait “super-cocotte”.

Encore emprunts de souvenirs, Camille Philippe, 87 ans, n’en finit pas de parler de ce qui fut, avant tout, une formidable aventure humaine. Aujourd’hui, il est le dernier en vie.

Rapidement promu responsable du bureau d’études

C’est son ami Raymond Louet qui a commencé à travailler pour la SEB. Il est devenu chef de l’atelier outillage et l’a accueilli comme apprenti. En 1952, Camille Philippe obtient un poste important. Il explique : « Je travaillais dans une cage de verre très bruyante au milieu de l’atelier et des machines. Tout ce que nous réalisions se faisait avec, bien sûr, l’accord de Jean Lescure, qui était à l’époque le directeur technique de la SEB ». Camille Philippe devint très vite responsable du bureau d’étude. Ce fut une collaboration totale et les idées étaient mises bout à bout, au crayon, avec son ami Raymond Louet. Jean Lescure quitte la SEB à l’automne 1953 et est remplacé par son frère Frédéric Lescure qui souhaite, depuis plusieurs années, que l’entreprise fabrique un autocuiseur. « Jean Lescure avait acheté des cocotes concurrentes dans le monde entier. Entre autres, un modèle suisse qui s’appelait Vaporex. Elle avait un étrier séparé du couvercle et, pour fermer la cocotte, il y avait trois éléments : le corps, le couvercle et cet étrier qui nécessitait une manipulation un peu compliquée. Avec Raymond, nous avons donc eu l’idée d’unir l’étrier au couvercle et de le remplacer par un étrier flexible en acier inoxydable. Ainsi, le couvercle de notre cocotte se parait d’une grosse soupape et, en cas d’obstruction des petites soupapes, le couvercle se soulevait pour laisser la vapeur s’échapper. Raymond a eu l’idée ensuite de remplacer la soupape, qui n’était pas tournante, et d’en faire une petite turbine à vapeur. »

Déçu de ne pas avoir été invité aux 40 ans de l’usine issoise

Ce qui chagrine toutefois Camille Philippe, c’est de ne « pas avoir été invité par la SEB aux 60 ans de la marque, ni aux 40 ans de l’usine d’Is-sur-Tille ». Pourtant, il avait été convié aux 30 ans de cette dernière en 2003. Il s’en souvient : « À cette occasion, nous avions été, Raymond et moi, publiquement reconnus et récompensés par le maire de Selongey et a vions reçu la médaille de la Ville par Renauld Dutreil, ministre du Commerce et de l’Industrie de l’époque ».

Celui qui gardera toujours un souvenir ému pour ses cocottes tient à préciser : « Ce que je regrette aussi, c’est que nous n’avons pas été reconnus et, durant cinquante ans, il n’a pas été question d’inventeur et d’invention à la SEB. C’est mon plus grand regret». Il ajoute : «Je suis aussi l’inventeur du filtre permettant de fabriquer des friteuses sans odeur. Je suis un passionné. D’ailleurs, récemment, en utilisant une cocotte, j’ai eu l’idée d’une amélioration car parfois on a du mal à l’ouvrir. J’ai fait un prototype qui permet d’éviter cet inconvénient ».

Auteur : Muriel Avril

Source : www.bienpublic.com

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