Financement, aides, réglementation… L’Europe doit aider les start-up à grandir


Trop souvent, les start-up européennes ne survivent pas à la phase critique des deux-trois ans. C’est à l’Europe de les aider à grandir par des programmes encourageant l’innovation sous tous ses aspects. Mais pour les deux commissaires européens il est impératif de maintenir l’existence d’une concurrence loyale.

Le point de vue de… Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, à la Science et à l’Innovation, et Margrethe Vestager, commissaire européen à la Concurrence.

L’avenir du bien-être économique et social européen dépend de l’innovation. C’est pourquoi la Commission européenne considère le soutien à l’innovation comme l’une de ses missions les plus importantes. Les innovateurs européens débordent d’idées. S’il y a parmi eux de grandes entreprises dotées de ressources immenses, il n’est cependant pas nécessaire d’être grand pour créer de nouveaux produits intéressants. L’enjeu pour les start-up et les petites entreprises consiste à transposer leurs idées dans la réalité. Trop souvent, les start-up européennes ne survivent pas à la phase critique des deux-trois ans. Elles se tournent aussi parfois vers un avenir plus facile sur les marchés de pays tiers alors qu’elles disposent d’un marché de 500 millions de consommateurs potentiels au sein de l’UE.

Nous venons de lancer une initiative en faveur des start-up. Les mesures envisagées visent notamment à les aider à éviter les écueils réglementaires à l’expansion en Europe (ou perçus comme tels), à modifier la législation sur l’insolvabilité pour que les entrepreneurs bénéficient plus facilement d’une seconde chance, à simplifier les procédures en matière de TVA et à améliorer l’accès au financement octroyé par l’UE ou le secteur privé, notamment au capital-risque. Afin d’offrir davantage de possibilités aux start-up et aux entreprises en expansion, la Commission les mettra également en contact avec des acteurs ad hoc dans toute l’UE et encouragera les petites entreprises à protéger leur propriété intellectuelle et à participer aux marchés publics.

Fonds et assistance pour émerger et grandir

Le programme Horizon 2020 de la Commission, le programme de recherche et développement le plus important jamais adopté, consacre déjà 3 milliards d’euros à un instrument visant spécifiquement à fournir aux PME les fonds et l’assistance dont elles ont besoin pour concevoir des innovations commercialisables.

Nous mettons aussi actuellement en place un fonds de capital-risque paneuropéen qui mobilisera au moins 1,6 milliard d’euros d’investissement en capital-risque. Il aidera les entreprises à passer de la phase de démarrage au stade intermédiaire, et du stade intermédiaire au statut d’acteur mondial. Simultanément, nos règles en matière d’aides d’État permettent aux gouvernements de soutenir facilement l’investissement dans les entreprises nouvelles et innovantes. Il s’agit de mesures telles que les réductions fiscales – que la France accorde aux particuliers et aux sociétés investissant dans des PME innovantes -, et que la Commission a autorisées l’année dernière sur le fondement des règles en matière d’aides d’État.

Pourtant les difficultés ne s’arrêtent pas là. Les entreprises déjà établies craignent en effet souvent que leur position de force ne soit menacée par l’innovation. Si elles usent de leurs pouvoirs pour empêcher les innovateurs d’accéder au marché, nous serons tous perdants. L’existence d’une concurrence loyale est donc cruciale pour faire prospérer l’innovation. Voilà pourquoi la Commission est très soucieuse de préserver l’innovation lorsqu’elle applique les règles de concurrence. Les innovateurs devraient pouvoir tirer bénéfice de leur travail afin d’être incités à investir et d’inspirer leurs successeurs. Toutefois, ce bénéfice ne peut en aucun cas inclure le droit d’empêcher les autres de leur faire concurrence.

Prenons l’exemple des brevets dits « essentiels à une norme ». Il n’est que justice que l’entreprise à l’origine d’une technologie qui, par la suite, vient à être intégrée dans une norme – telle que le GSM ou la 3G – profite de ce succès. Mais elle doit aussi s’engager à rendre cette technologie accessible aux autres à des conditions équitables. Voilà pourquoi, au sein de la Commission, nous faisons tout notre possible pour donner à chaque innovateur une chance équitable de réussir.

Auteurs : Carlos Moedas et Margrethe Vestager

Source : business.lesechos.fr

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