Maker spaces, fab labs, financement participatif : les outils de l’inventeur du XXIème siècle


Les inventeurs d’aujourd’hui ont plus de chances de succès que Henry Ford. Les technologies numériques, les maker spaces, fab labs, incubateurs et le financement participatif offrent l’opportunité aux inventeurs du XXIème siècle d’exprimer tout leur talent. C’est le point de vue de Vicki Holt est PDG de Proto labs, société américaine de fabrication de pièces prototype par impression 3D.

A l’évocation du terme « inventeur», les noms d’Edison ou de Bell viennent souvent à l’esprit avec leur pendant actuel : Elon Musk ou Larry Page. Passer du stade du concept à celui de commercialisation est toutefois radicalement différent de l’époque de Henry Ford : les inventeurs actuels bénéficient des outils numériques qui leur permettent de gagner du temps, de l’argent et de limiter les risques de mise sur le marché. De plus, ils peuvent encourager la collaboration et améliorer les chances de réussite d’un produit. Les inventeurs modernes ont toutefois leur lot de difficultés à surmonter, étant donné que 50 % des startups survivent à la traversée de la « Vallée de la mort », cinq ans après leur création.

Malgré ces risques, trois innovations majeures donnent aux inventeurs actuels des avantages indéniables sur l’époque de Ford, notamment lors de la phase de conception. Du croquis à la CAO (conception assistée par ordinateur), la Ford Motor Company a conservé plus d’un million de dessins de pièces détachées entre 1903 et 1957. Chaque dessin contenait des informations sur la date de mise en production, les modifications de conception, les raisons de ces changements et les modèles auxquels ces pièces étaient destinées. Pour chaque modification apportée à la Ford T, l’entreprise avait l’habitude de refaire un dessin, fabriquer une pièce et faire des essais avec celle-ci pour s’assurer de son bon fonctionnement. En cas de dysfonctionnement, il fallait revoir sa copie au propre comme au figuré.

Avec les outils numériques, les inventeurs ont les moyens de créer, revoir, faire des essais et collaborer autour de dessins électroniques à une cadence inimaginable pour les équipes de Ford. Les logiciels actuels de modélisation sont très abordables ce qui offre de nombreuses opportunités pour les designers en leur permettant de franchir aisément la première étape du processus de développement de produits. Grâce aux logiciels de conception, les utilisateurs ont accès à des outils de pointe dédiés au développement de produits qui leur permettent de gagner du temps, de l’argent et de limiter les risques liés à toute nouvelle création. Ils font office de catalyseur pour donner vie à des idées couchées sur le papier en les convertissant en modèles 3D.

Tiers lieux, incubateurs, fab lab, coworking, financement participatif…

Parallèlement aux outils de design collaboratifs, les inventeurs d’aujourd’hui peuvent consulter des communautés liées au mentorat, aux outils de fabrication, aux modes de financement et aux professionnels et obtenir rapidement des retours constructifs. Les maker spaces sont des lieux où les entrepreneurs peuvent co-créer et accéder à des équipements techniques tels que des imprimantes 3D et des découpeuses laser, précieux pour la phase de prototypage. De plus en plus nombreux, ces tiers-lieux démontrent l’intérêt du travail en groupe et de l’accès à des équipements high-tech pour concrétiser des projets. En France, ces espaces dédiés à la création se sont largement multiplié ces dernières années : on en compte près de 250 faisant de la France un des pays les plus dynamiques.

Les incubateurs et les accélérateurs mettent également des lieux de co-working à disposition des start-up, mais le processus qui aboutit à la mise sur le marché du produit y est plus formel car accompagné d’un mentorat et de mises en relation avec des industriels. Les créateurs en herbe se battent pour accéder à ces programmes d’accompagnement, qui nécessitent de présenter un business plan très détaillé. De fait, pour envisager cette solution, il faut être déjà à un stade un peu plus avancé de développement du produit.

Les plateformes de financement participatif permettent aussi aux startups de se faire connaître auprès de clients potentiels. Les entrepreneurs s’affranchissent de l’étape de la preuve de concept (POC) et peuvent ainsi valider plus rapidement la commercialisation. La réussite d’une campagne est une preuve solide de l’attractivité du produit et les fonds collectés sont réinvestis dans la production.

Permettre aux inventeurs d’optimiser le design, de gagner du temps et de l’argent

Toutes ces ressources qui n’existaient pas à l’époque de Ford sont devenues indispensables, en donnant aux projets le coup de pouce nécessaire pour dépasser le stade du développement produit.

A l’époque de Ford, le manque de structures de mise en production viables et abordables marquait bien souvent la fin de l’aventure pour les inventeurs. Ils étaient peu nombreux à pouvoir investir dans leurs propres équipements, et les sous-traitants proposant de tels matériels n’existaient pas encore. Aujourd’hui, les sous-traitants assurent des services de production à la demande très haut de gamme et relativement abordables. Pas d’équipements à acheter et pas de contrats de production à grande échelle à signer.

Cela signifie que toute personne qui en a besoin peut recevoir rapidement (parfois en moins de 24 heures) des pièces de qualité industrielle afin de fabriquer un prototype ou de lancer la production de son produit. La collection de dessins de pièces de Ford appartient au passé. A l’ère du numérique, il est possible d’obtenir des avis sur la conception quasiment en temps réel pour des modèles réalisés en CAO, afin de faire des ajustements avant la mise en production. Cela peut améliorer le taux de réussite d’un produit, mais aussi permettre aux inventeurs d’optimiser leur design, de gagner du temps et de l’argent pendant la phase de prototypage, pour ainsi se focaliser sur la finalisation de leur produit en vue de sa mise sur le marché.

La fusion des logiciels d’automatisation et des matériels de fabrication interconnectés permet de concevoir des pièces et de les produire plus vite et moins cher, ce qui accélère les phases de développement, de test et de commercialisation des nouveaux produits. Un processus qui aurait pris des mois ou des années par le passé, peut désormais être bouclé bien plus vite. Une nouvelle génération d’innovations peut ainsi exprimer tout son potentiel. L’innovation et l’invention se portent très bien aujourd’hui ; Monsieur Henry Ford serait fier de voir le chemin parcouru depuis son époque.

Auteur : Vicki Holt – Source : business.lesechos.fr/entrepreneurs/

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