La solution aussi simple que géniale de cet inventeur slovène pour faire ses lacets


Une boucle, un nœud et le tour est joué.

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Depuis que nous avons appris à lacer nos chaussures – qui, pour un enfant de 4 ans est un peu le moment où l’on se dit: « je suis grand » – nous aimons bien… chercher à échapper à ce moment où nous laçons, tous les matins, nos chaussures.

La preuve? C’est le succès des projets innovants pour faciliter le laçage des chaussures. Ainsi, le dernier en date, QuickShoeLace a déjà obtenu six fois plus d’argent dont ils avaient besoin sur Kickstarter, à 5 jours de la fin de la campagne. Un précédent, Hickies, avait récolté 580.000 dollars sur 25.000 nécessaires. Et Zubits avait obtenu 411.000 dollars alors qu’ils en demandaient 30.000. On vous montre tout ça dans la vidéo ci-dessus.

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Auteur : Jessica Dubois – Source : www.huffingtonpost.fr

Des skis pliables bientôt sur les pistes ?


Un ski qui rentre dans le coffre d’une petite voiture ? C’est l’idée de ces étudiants en école de management. Pendant leur troisième année, ils ont créé « Altitech », une start-up autour de ce concept. Ils racontent leur aventure entrepreneuriale.

La saison des sports d’hiver va bientôt commencer. Si vous avez déjà fait du ski, vous vous souvenez sûrement du moment ingrat où il faut porter ses deux immenses perches sans les faire tomber, ni éborgner vos voisins. Six étudiants toulousains ont trouvé la solution : des skis pliables. Coupé en deux parties, le ski est relié par un câble. « Un système de serrage situé sous la chaussure gère la tension des câbles. Cela permet de plier le ski ou d’encastrer les deux bouts pour s’en servir », détaille Pierre Lasnier, 26 ans, un des étudiants. La taille, réduite de moitié, permet de faire rentrer le matériel dans le coffre d’une Fiat 500.

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Le système de skis pliables inventé par Altitech.

C’est en 2015 que les six étudiants en management ont eu cette idée. « Dans notre école, l’Ifag Toulouse, la troisième année est consacrée à un projet de création d’entreprise. Nos cours théoriques s’articulent autour de cela », raconte Edmund Smith, 23 ans, un des membres. Le groupe a un mois pour présenter un concept élaboré. Ils imaginent une application pour la cuisine, une brosse de toilette autonettoyante et des skis pliables. C’est finalement cette dernière idée, « nouvelle sur le marché », qui l’emporte. C’est le début de leur start-up « Altitech ».

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L’équipe d’Altitech : Gaëtan Aledo, Clémence Bach, Edmund Smith, Mathilde Ducassé, Pierre Lasné et Julie Nguyen.

700 € pour le modèle de base

Pendant toute leur année scolaire, le groupe se débrouille seul : invention du concept, création du système de câblage, marketing, communication… Ils font appel à une école d’ingénieurs uniquement pour le câble. « Ils nous ont aidés à trouver quel matériau utiliser afin qu’il ne se casse pas ou ne s’use pas ». Aujourd’hui en première année de master, les étudiants ont mis leur projet en attente. Les skis ne sont pas encore commercialisés mais la start-up étudiante a déjà demandé des devis. Une paire de base coûterait 700 €, celles avec un visuel personnalisé seraient à 900 €.

Les Toulousains devraient reprendre le flambeau en 2018. « Aucun de nous ne souhaitait arrêter ses études pour se lancer dans l’entreprenariat. Jusqu’en 2018, date à laquelle nous seront diplômés, Altitech est en stand-by », confie Edmund Smith. En attendant, ils ont déposé un brevet pour protéger leur système. « Nous souhaitons bien entendu reprendre là où nous avons arrêté, mais nous pourrions vendre notre brevet. Des entreprises comme Rossignol ou Salomon sont intéressées par ce concept. »

Auteur : Capucine GILBERT

Source : jactiv.ouest-france.fr

Trois Bretons ont créé le vélo qui se tord


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Johan Le Bon, Alexis Honoré et Alban Haloche (photo) ont fabriqué un vélo insolite au cadre pivotant. Un nouveau sport extrême ?

« Attention, Monsieur, votre vélo est cassé ! » Alban Haloche sourit. Il a l’habitude des commentaires étonnés sur le passage de son vélo. Ou plutôt, son Trocadéro. Un vélo qui a une petite particularité : son cadre n’est pas fixe. Il peut pivoter dans le sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse, comme une girouette, donnant l’impression de se tordre.

« C’est fun, on peut faire des figures à 360° sur une toute petite surface. Les braquages sont plus aigus que sur un vélo normal. Je vais tous les jours au travail avec. Mais je déconseille pour la balade de plus de 5 km… »

Alban Haloche a déposé un dossier de brevet pour son invention en novembre, avec ses deux amis co-inventeurs, Alexis Honoré et Johan Le Bon. Ce Breton est déjà connu dans le monde des deux-roues : il est champion du monde sur route junior.

Cible : les fans de sports extrêmes

« On se demandait comment créer un vélo qu’on ne peut pas se faire voler, raconte Alban. Avec celui-là, le voleur tomberait au bout de 50 cm ! Il faut la technique. Mais je peux l’enseigner en dix minutes. »

Les trois inventeurs ont investi 6 000 € dans leur projet. « Pour l’instant, on veut faire le buzz auprès des fans de sports extrêmes. Ce n’est pas un vélo de cirque. On vise aussi une clientèle d’amateurs de fixies. »

La production de masse devra toutefois attendre. « On a des contacts avec Red Bull (la boisson énergétique), ils attendent de voir la vidéo qu’on va produire avec le Trocadéro. On passera à la vitesse supérieure si elle fait le buzz. On créera alors un site avec une plateforme d’achat. » Si l’essai est transformé, le Trocadéro pourrait être officiellement lancé fin 2016.

Auteur : Julien Joly

Source : www.rennes.lemensuel.com

Joe Fulks, l’inventeur du shoot moderne


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Il est au basket ce que Fosbury est au saut en hauteur. Un athlète qui a révolutionné son sport en démocratisant une manière de shooter. Pionnier du tir en suspension actuel, All-Star à deux reprises et auteur de 63 points dans la NBA des années 40, Joe Fulks (1921-1976) est mort assassiné par son beau-fils dans l’anonymat le plus complet. Portrait de celui qu’on appelait « Jumpin’ Joe ».

1928. Pendant plusieurs semaines, le lycée de Birmingham est frappé par un étrange mal : les filets des paniers de basket installés dans la cour sont grossièrement découpés par un inconnu qui, tous les soirs ou presque, les réduit en charpie. Le fautif vit forcément dans le village, ce petit morceau de terre vide et pauvre du Kentucky, coincé entre le Tennessee et la rivière Cumberland, auquel on n’accède que par le ferry et où vivent à peine plus de 200 âmes. Pour tirer l’affaire au clair, un soir, le coach de l’équipe de basket de l’établissement décide d’espionner le terrain. Il s’installe dans une salle de classe. Moins d’une heure plus tard, le coupable est pris sur le fait.

Il s’agit d’un petit garçon aux yeux tristes qui jette dans le panier, en guise de balle, des boîtes de conserves abimées et des morceaux de briques, déchiquetant bien malgré lui les filets. L’enfant n’est franchement pas maladroit, même avec des projectiles si peu adaptés. Un peu impressionné et attendri par l’attitude de l’intrus, loin du voyou malintentionné qu’il espérait débusquer, l’entraîneur interpelle le jeune visiteur et l’emmène dans un vieux local où traîne le matériel inutilisé de l’école. Ce soir-là, le petit Joe Fulks rentre chez lui avec l’objet de ses rêves : une balle de basket. Une vieille balle, pleine de sciure, qui ne rebondit que s’il dribble comme un forcené, mais une balle tout de même.

Goheen, le précurseur

Garçon filiforme au visage émacié, Joe shoote sur le terrain de l’école depuis qu’il y a vu son premier match de basket, quelques semaines plus tôt. Cette découverte a été une révélation pour lui qui n’avait connu que la pêche et la chasse dans son enfance, un passe-temps qu’il affectionnait avant que son père Leonard, matelot sur les embarcations qui relient Birmingham à l’autre rive du Tennessee, ne sombre dans l’alcool. Finies, les longues après-midi au bord de la rivière avec une canne ou un fusil dans les mains : Leonard disparaît parfois des jours entiers pour épancher sa soif, même en plein hiver, quand une épaisse brume engloutit la longue enclave de Birmingham.

Joe occupe désormais ses journées en jouant au basket avec ses deux amis, les frères James et Dub Defew. Ensemble, quand ils ne s’entraînent pas, ils vont regarder jouer l’équipe du lycée de Birmingham, l’une des meilleures de la région. Lorsqu’il pleut, les trois garçons arrivent en avance et étalent de la cendre chaude sur le sol glissant afin que le terrain reste praticable. Puis ils s’installent sur le côté, à même le sol, et encouragent avec enthousiasme l’effectif du coach Basil Smith qu’ils rêvent d’intégrer un jour.

Joe ne connaît pas encore les fondamentaux du jeu. Il maîtrise à peine le dribble, n’a aucune notion tactique, possède une mécanique de tir instinctive. Mais il perçoit déjà en Robert Goheen, le meilleur joueur de Birmingham, un modèle dont il est bien décidé à s’approcher. Il admire surtout son shoot extérieur, si particulier : à deux mains, comme tous ses équipiers… mais en suspension. Joe n’a jamais vu cela chez aucun autre joueur ; personne n’a jamais vu cela à une époque où la norme était de shooter de loin les pieds dans le béton ou, au mieux, après un petit saut de cabri. Goheen, lui, ne déclenche son geste qu’après s’être élevé bien au-dessus de son défenseur, relâchant ainsi la balle à près de deux mètres du bitume.

Les averses et l’araignée

Joe a quatorze ans lorsqu’un nouveau gymnase est construit pour remplacer le précédent, parti en fumée dans un incendie. En compagnie de ses amis James et Dub, il s’y entraîne en suivant avec attention les conseils de Sanders Watkins, le plus jeune et le plus abordable des équipiers de Robert Goheen – le seul que Joe, timide à s’en rendre malade, a osé approcher pour tenter d’imiter sa nouvelle idole. Sous ses ordres, l’adolescent s’essaye à tous les tirs imaginables : au niveau de la poitrine, de l’épaule, au-dessus de la tête, à une main, la droite, puis la gauche, puis les deux. Les résultats sont douteux et ce n’est qu’en 1936, lorsqu’il est en âge d’intégrer l’équipe du lycée, qu’il commencera à maîtriser les bases du jump shot, bien aidé par le nouvel entraîneur de l’école : Robert Goheen.

Ce dernier lui démontre que les jambes, plus puissantes, sont au moins aussi importantes que les bras dans la mécanique du shoot : il faut s’en servir afin de s’élever et de conserver son équilibre, puis se concentrer sur le poignet et le bout des doigts pour guider la balle et lui donner la bonne rotation. Joe est pressé. Il tire en suspension avant de maîtriser le geste sur la pointe des pieds, et s’essaye au tir main gauche avant d’être régulier de la main droite. Mais au fil des matches et à force de persister, ses longs bras se mettent à obéir à la petite musique censée orchestrer ses mouvements : le voilà qui tire avec des gestes fluides et coordonnées. Le public de Birmingham, qui ne voyait au début en Joe Fulks qu’une pâle contrefaçon de Robert Goheen, entrevoit désormais son successeur.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Un jeune élève dépasse son maître sans que sa notoriété ne dépasse les frontières d’une petite ville noyée par les averses torrentielles de 1937, et dont l’équipe de basket ne peut terminer sa saison. Piqué par une araignée, souffrant de terribles abcès cutanés, l’élève se mure dans le silence, le nez enflé comme un pêche trop mure. Mais à la rentrée suivante, l’élève a repris là où les inondations l’avaient arrêté. Son shoot a tant gagné en régularité et en élégance qu’un journaliste du quotidien local, le Paducah Sun, écrit que le Kentucky n’a « pas vu un tel joueur de basket depuis des décennies ». Ainsi, quand la construction d’un immense barrage hydroélectrique condamne le village de Birmingham (qui se retrouve définitivement englouti en 1943, sous l’actuel Kentucky Lake) et incite la famille Fulks à déménager au plus vite, toutes les écoles de la région font les yeux doux au jeune talent et à son tir magique. Le lycée de Kuttawa, à moins de cent kilomètres au nord, touche le gros lot.

« Jumpin Joe »

Joe Fulks y devient « Jumpin Joe », l’ailier qui tire comme jamais personne n’a jamais tiré auparavant, d’autant que le garçon a ajouté à sa palette un shoot en déséquilibre impossible à défendre. Les prises à deux adverses sont vaines. Joe est désormais capable de déclencher dans n’importe quelle position. Son nouveau coach, J. Holland Harvey, un professeur d’histoire à la voix de stentor, ne lui fixe aucune limite : s’il sait si bien shooter, qu’il shoote ! A la fin de sa scolarité à Kuttawa, Joe Fulks a battu tous les records de l’établissement. Une demi-douzaine d’universités convoitent le jeune homme, qui se décide finalement à rejoindre celle de Murray State en 1940. La Seconde Guerre mondiale aurait pu, là encore, faire figure d’épilogue à la carrière de Joe Fulks.

A 22 ans, au sein des Marines, il quitte prématurément le Kentucky pour participer à la reconquête du Pacifique. « Jumpin Joe » est envoyé dans plusieurs lieux stratégiques qui doivent permettre aux Etats-Unis de conquérir des bases aériennes. Il fait ainsi partie des soldats américains qui débarquent à Guam à l’été 1944, où sur l’île japonaise d’Iwo Jima en février 1945. Cette dernière bataille tuera 95% des 22.000 soldats japonais, et blessera ou tuera 25.000 des 30.000 Marines américains. On en connaît aujourd’hui l’adaptation cinématographique de Clint Eastwood (Lettres d’Iwo Jima) et l’une des plus célèbres photographies de la Seconde guerre mondiale (Raising the Flag on Iwo Jima, qui montre, dans une composition hallucinante, six Marines hisser leurs couleurs sur le monde Suribachi). Joe Fulks s’y fait remarquer pour son fort accent du Sud, qu’il s’efforce d’atténuer d’une voix douce, mais aussi pour ses tirs d’équilibristes au sein de l’équipe de basket des Marines. Discret, toujours sur la retenue, il intrigue autant qu’il suscite l’admiration.

Annonciateur de la NBA moderne

A Philadelphie, Eddie Gottlieb est le fier propriétaire des Warriors, l’une des onze premières franchises de la BAA (Basketball Association of America, prédécesseur de la NBA). C’est un petit homme en surpoids, au caractère affable, qui aime tout contrôler : jusqu’en 1955, il est à la fois coach, manager et promoteur des Warriors. Il est aperçu aux abords de la salle pour distribuer des billets ou vendre du pop-corn avant les rencontres. Plus tard, c’est lui qui gérera le calendrier de la NBA.

Mais en cette fin d’été 1946, Gottlieb occupe son temps à finaliser la composition de l’effectif des Warriors, et il et ne compte bien évidemment sur personne d’autre que lui-même pour remplir cette mission. Il a déjà tendu un contrat à plusieurs jeunes talents. L’un d’entre eux, Petey Rosenberg, le convainc de rencontrer Joe Fulks, croisé quelques années plus tôt lors d’une rencontre amicale entre Marines à Pearl Harbor. L’exubérant propriétaire n’a jamais entendu parler de celui que Rosenberg décrit, mais ce dernier le fait avec tant d’enthousiasme qu’il décide d’offrir une chance à Fulks. Une séance d’entraînement suffira à faire tomber Gottlieb sous le charme de cet objet sportif non-identité, mince, rapide, ambidextre, dont le shoot à une main et en suspension écœure d’aisance les plus solides défenseurs. Le manager lui propose un contrat annuel de 5 000 dollars, dans la moyenne haute des salaires des premiers joueurs professionnels. Fulks refuse : il exige 3 000 dollars de plus. Et une voiture. Gottlieb n’a même pas besoin d’une seconde séance pour accepter.

En une année, le gamin du Kentucky s’imposera comme celui qui a posé les standards du scoring et dont les performances deviendront des références pour les décennies à suivre. Pendant sa saison rookie, la première de l’histoire de l’Association, Joe Fulks marque ainsi plus du tiers des points de son équipe : 23,2 points de moyenne, soit 6,4 unités de plus que son dauphin, Bob Feerick des Washington Capitals ! Les Warriors remportent cette année-là le premier titre de l’histoire de la BAA en remportant quatre des cinq matches face aux Chicago Stags. Dans le Game 1, Fulks marque 21 points à lui seul dans le dernier quart-temps, soit plus que tout l’effectif adverse en première période. Il est une version précurseur et annonciatrice de la NBA moderne. Comme certaines stars d’aujourd’hui, il était admiré hier pour ses qualités d’attaquant et raillé pour sa nonchalance défensive, lent, frêle et mauvais rebondeur.

Un porte-étendard miné par l’alcool

Joe Fulks a-t-il été le premier à démocratiser le jump shot à une main, geste aujourd’hui commun à la quasi-totalité des joueurs professionnels? Le tir en suspension a été inventé autour des années 30, à l’époque où Robert Goheen émerveillait le petit Joe sur le terrain du lycée de Birmingham. Durant la saison inaugurale de la BAA, Ken Sailors des Cleveland Rebels et Bud Palmers des New York Knicks l’utilisaient déjà eux aussi.  John Adams et Dave Minor l’avaient utilisé avec succès en NCAA, dès le début des années 40. Mais aucun ne l’élèvera, parmi les pros, au même niveau que Fulks lors de son année rookie en BAA. Shoots en déséquilibre, dos au panier, en pleine course, des deux mains : les défenses désorganisées d’alors sont inefficaces face à un tel arsenal offensif.

A son premier anniversaire, la ligue fait de Joe Fulks son porte-étendard : il est la promesse d’un avenir radieux, d’un basket imprévisible et spectaculaire qui démarquera la BAA d’une NBL en désuétude. Mais le formidable attaquant ne tiendra pas le rythme. Début 1947, quand des amis d’enfance de Birmingham assistent à l’un de ses matches, à Saint Louis, Fulks n’est même pas  capable d’enfiler son maillot. Il les rejoindra à la mi-temps dans les tribunes avec une haleine empestant le whisky. Personnage lunatique, renfermé, il souffrait comme son père d’une forte dépendance à l’alcool et passait ses journées d’été loin de tout, à se saouler sur un bateau-maison dans son Kentucky natal, avec quelques comparses ivrognes. Son adresse dégringole à 26% lors de son année sophomore, et il ne marque plus que 14 points par match lors de sa quatrième saison, éclipsé par les performances de George Mikan à Minneapolis et surtout par l’arrivée à Philadelphie de Paul Arizin, qui prend avec brio le flambeau du jump shot en marquant plus de 25 points de moyenne en 1952.

63 points avant les 24 secondes

Deux ans plus tard, Fulks met un terme à sa carrière. Il a 32 ans, n’a pas joué 500 matches, mais est déjà lassé par la compétition et marque à peine plus de deux points par match. Un constat à peine supportable pour établi qui a fixé les premiers records individuels au scoring : 37 points lors de son 8e match pro, 41 points un mois plus tard, 47 points fin 1948.

L’insatiable soliste réussira son chef d’œuvre le 30 janvier 1949, onze jours seulement après l’exploit inédit de Mikan (48 points). En ce soir de grève des transports en commun à Philadelphie, 1500 fans seulement font le déplacement pour voir Fulks pulvériser le total du géant de Minneapolis. A une époque où peu d’équipes marquent plus de 70 points en moyenne, l’ailier score à lui seul 63 points, réalisant la plus grande performance offensive de l’ère pré-24 secondes, taillée dans la même pierre que les 69 points de Michael Jordan ou les 81 points de Kobe Bryant. Dix années, et les 64 points d’Elgin Baylor en novembre 1959, seront nécessaires pour que ce record soit effacé des tablettes.

Comme son père, Joe Fulks devient gardien de prison à l’issue de sa carrière de basketteur. En 1976, sa vue déclinante l’oblige à porter des fines lunettes, ses cheveux grisonnent, son alcoolisme tenace lui donne 60 ans alors qu’il n’en a que 48. Une nuit de mars, dans un accès de colère soutenu par un litre de vodka, il s’emporte contre son beau-fils Greg Bannister, lequel n’accepte pas la relation entre sa mère et l’ex-basketteur déchu. Cette dispute est pour lui celle de trop : sérieusement imbibé lui aussi, Bannister récupère une carabine dans le coffre de sa voiture, et la retourne contre Fulks. Il atteint sa cible au niveau du cou.

Dans les médias, l’assassinat de la première star de l’histoire de la ligue sera à peine couvert. Déjà, Joe Fulks avait été oublié. Bannister passera deux ans en détention avant d’être mis en liberté conditionnelle.

Le trophée de MVP n’existant pas encore lors de la saison inaugurale, celui que The Sporting News avait sacré athlète de l’année en 1948 n’apparait aujourd’hui dans aucun palmarès. Sa tombe indique sobrement « Joseph Franklin Fulks, Corporal, US Marine Corps ». La NBA, à son cinquantièhttp://www.basketusa.com/me anniversaire, avait négligé de l’intégrer dans la liste des 50 joueurs les plus marquants de son histoire. C’était pourtant un joueur en avance sur son temps, un précurseur ; l’un des pères du basket moderne si l’on en croit le magazine Saturday Evening Post qui avait surnommé Fulks « le Babe Ruth de la balle orange ». Un mythe tristement dépassé qui n’a pas résisté à l’évolution du jeu, ni à l’alcool, et encore moins au temps.

Auteur : Gaétan Scherrer

Source : www.basketusa.com

Ce terrain de football est éclairé grâce aux mouvements des joueurs


Le premier terrain de football en Afrique éclairé par les mouvements des joueurs a été inauguré à Lagos au Nigeria. Des dalles placées sous la pelouse captent l’énergie produite par les footballeurs.

Quand les footballeurs contribuent directement, en jouant, à éclairer le stade où ils évoluent… A quelques heures d’un probable accord à la COP21, les initiatives se multiplient dans les pays en développement pour trouver des alternatives aux énergies fossiles.

C’est en Afrique, au Nigéria, grand pays producteur d’hydrocarbures, que ce procédé révolutionnaire a été mis en oeuvre. Sur un stade de Lagos, la capitale du pays, ont été placées des dalles électroniques sous la pelouse, qui convertissent en électricité l’énergie cinétique des joueurs.

Chaque fois que les footballeurs appuient sur une dalle en marchant ou en courant, 7 watts d’électricité sont produits et envoyés vers une batterie. Le courant généré permet d’alimenter six lampadaires LED à fort pouvoir éclairant mais faible consommation, qui illuminent le terrain quasiment comme en plein jour.

Shell finance l’équipement du terrain de football

Des panneaux solaires disposés autour du terrain complètent le dispositif, emmagasinant de l’électricité pendant la journée. Ce système a déjà été installé en 2014 sur un terrain de football d’une favela à Rio de Janeiro, qui accueillait alors la Coupe du monde.

Son installation au Nigeria est plus que symbolique. Dans ce pays africain, la compagnie d’électricité fournit de manière erratique du courant quelques heures par jour, obligeant les entreprises et les particuliers à s’équiper de générateurs diesel de secours, terriblement polluants.

C’est le géant pétrolier Shell qui a financé l’équipement du terrain de foot. Shell, qui est le principal exploitant pétrolier au Nigeria – premier producteur de brut d’Afrique – est très critiqué pour l’impact environnemental de sa production dans le delta du Niger.

L’inventeur veut industrialiser sa technologie

L’inventeur de ces dalles a 30 ans. Ce jeune ingénieur anglais, Laurence Kemball-Cook, a lancé sa société Pavegen il y a quatre ans. Son invention a déjà été installée dans 150 endroits dans le monde, des gares, des aéroports, des centres commerciaux et aussi des dancefloors.

« L’accès à l’énergie est une question clé pour les gens qui en manquent », note-t-il avec raison.

L’objectif de Laurence Kemball-Cook est d’industrialiser son procédé pour faire baisser le coût des dalles Pavegen jusqu’à moins de 50 dollars par m2 grâce aux économies d’échelle. Il assure que leur durée de vie est de 20 ans, et offre cinq ans de maintenance.

La superstar Akon a fait une apparition surprise pour inaugurer le mini-terrain de football tout neuf à la nuit tombée, au milieu des hourras des étudiants. « c’est un concept extraordinaire pour les Africains qui jouent au foot tous les jours », s’est enthousiasmé Akon.

Pavegen et Shell ont tiré les leçons du problème survenu à Rio : les jeunes sportifs du College de Lagos pourront utiliser gratuitement leur nouveau terrain de foot, contrairement à celui de Rio pour lequel la population de la favela s’était indignée de devoir payer à l’heure.

Source : AFP

Le Klipski fait un tabac sur les pistes


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Élisabeth Chabot, Dany Gendre, son épouse Isabelle et leur invention. Stéphane Chabot, le quatrième inventeur, est absent sur la photo.

Si vous fréquentez les stations de sports d’hiver, vous allez croiser ce petit objet qui va grandement vous faciliter la vie. Une invention vendéenne.

L’innovation

Un jour de 2005, Stéphane et Élisabeth Chabot prennent une semaine de vacances à la neige en famille. Tout se passe bien. Au retour, ils reçoivent un autre couple de leurs amis, Dany et Isabelle Gendre. Eux aussi reviennent d’un séjour à la neige. Forcément, ils évoquent leurs vacances en station. Les deux mères de famille tombent d’accord : « Plus jamais ça ! C’était la galère, un calvaire pour porter les skis. »

Invention multimédaillée au concours Lépine

Dany est ingénieur. Quelques jours plus tard, il a imaginé et fabriqué un prototype. L’objet, en apparence tout simple, permet de fixer les skis et les bâtons, et de porter le tout à bout de bras. « Le concept y était », se souvient l’inventeur, qui affine sa découverte. « Il y avait notamment un problème à résoudre : le système ne marchait pas avec tous les types de bâtons. » Dany y retourne. Une dizaine d’essais plus tard, il obtient la version définitive du Klipski.

Très vite, leur invention fait sensation. « On n’avait pas l’intention de commercialiser la chose, se souvient Élisabeth Chabot. C’était juste comme ça, pour nous. » Mais les inventeurs ont aussi un ami juriste. Rendez-vous est pris à Nantes, chez une avocate spécialiste de la propriété industrielle.

« Je me souviendrai toujours de cette rencontre, explique Élisabeth. On avait l’impression d’être dans un film d’espionnage. Dans le bureau, les rideaux avaient été baissés et il fallait parler tout bas. L’avocate nous a dit : « On va déposer un brevet, on va protéger votre invention. Mais il va falloir en fabriquer… beaucoup. » »

Les deux familles s’associent. Elles mettent « quelques dizaines de milliers d’euros » dans l’affaire. La fabrication est confiée à Process, une entreprise de Challans et le conditionnement à l’Adapei de La Roche. Le Klipski est né. Il se vend par paires.

Étape suivante : faire connaître l’invention et trouver des distributeurs. En 2009, les quatre mousquetaires s’inscrivent au concours Lépine, à la Foire de Paris. Succès immédiat. « Notre stand était installé dans l’allée principale. Nous, on voulait juste participer au concours. La foire dure quinze jours. Le premier week-end, on avait tout vendu. »

À l’assaut du marché nord-américain

Cerise sur le gâteau : les inventeurs reçoivent la médaille d’or de l’Inpi, l’Institut national de la propriété industrielle, et aussi la médaille du sport. Les jurés estiment que l’invention permet d’éviter traumatismes et blessures liés au transport des skis de façon classique, sur les épaules.

Depuis, les quatre inventeurs s’installent tous les ans à la Foire de Paris, espérant rencontrer les bons interlocuteurs capables de diffuser leur produit. C’est ce qui s’est passé cette année. Christian Boncorps, un Franco-américain, leur a proposé de lancer le Klipski aux États-Unis. « J’y crois », leur a-t-il dit, en créant une société et un site internet pour arroser les stations américaines et canadiennes. Il vient même de participer « avec succès » au Salon de Boston.

Mais si la production est là, si le produit emballe ses utilisateurs et si les ventes vont finir par rembourser l’investissement, les inventeurs hésitent à aller plus loin. Après la piste verte, la bleue puis la rouge, les créateurs du Klipski doivent franchir une dernière étape en s’élançant sur la piste noire… de la création d’entreprise. Forcément, ça impressionne !

Plus d’infos : www.klipski.fr.

Auteur : Thierry DUBILLOT

Source : www.ouest-france.fr

Enko, la start-up qui révolutionne la chaussure de sport


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Enko, la start-up qui révolutionne la chaussure de sport

De véritables amortisseurs dans les semelles des chaussures. C’est grâce à cette idée folle que l’ingénieur audois Christian Freschi entend conquérir le marché du running.

A l’image de plus en plus de Français, Christian Freschi est un fondu de course à pied qu’il pratique un peu en compétition mais surtout pour le plaisir. Alors quand il y a dix ans, à l’âge de 50 ans, les médecins lui ont conseillé d’arrêter de courir en raison de problèmes de dos, le passionné n’a pu s’y résoudre. Ingénieur de formation, à la tête d’une petite structure de sous-traitance aéronautique, il se lance dans des recherches afin d’améliorer l’amorti de ses chaussures dans sa ferme de Villepinte, dans le Lauragais. Les résultats ne sont pas immédiats mais l’homme persévère. «C’était à l’époque une démarche tout à fait personnelle liée à ma santé», explique-t-il.

En 2008, Christian Freschi trouve enfin un système qu’il trouve concluant et dépose son premier brevet. Il commence à parler de son projet autour de lui, continue à faire évoluer le mécanisme et effectue des tests avec des coureurs. «Je me suis rendu compte que personne n’était allé aussi loin dans ce domaine, alors, en 2012, j’ai déposé des brevets à l’international et l’idée a commencé à germer de mettre le produit sur le marché», raconte Christian. Les chaussures fabriquées par l’inventeur sont ainsi dotés de véritables amortisseurs permettant d’amortir l’impact de 20 mm au lieu des 3 mm habituels. «Au contact du sol, le ressort se verrouille et ne restitue pas l’impact. Et lors de la propulsion, lorsque le talon se lève, le ressort se déverrouille alors en douceur et permet de retrouver la dynamique de la foulée», détaille l’ingénieur.

Des projets sous la semelle

Entièrement autofinancée à ses débuts, la société Enko voit le jour le 1er janvier 2014. Christian fabrique les semelles munies de sa technologie à Villepinte et fait faire la partie chaussante en Italie. Le produit désormais abouti, Enko se lance dans une campagne de financement participatif qui lui permet de récolter 55 000 dollars en deux mois. Les préventes affluent de 50 pays différents dans le monde et en juillet dernier, le site marchand a été créé.

Les délais de livraison sont actuellement de 12 semaines mais la phase d’industrialisation est d’ores et déjà dans les cartons. Enko va en effet intégrer la pépinière Créaude à Castelnaudary et prévoit une quinzaine d’embauches afin de produire 1 000 paires par mois et ainsi pouvoir être présente en magasin à l’horizon fin 2016. Dans un marché de la chaussure qui augmente de 5 % par an dans le monde, Enko voit grand et se penche déjà sur de nouveaux produits dédiés au trail ou à la marche et envisage également de créer une ligne de vêtements. En attendant, Christian Freschi court toujours et n’a plus mal au dos.

En chiffres

5% l’augmentation annuelle du marché de la chaussure dans le monde.

Source : www.ladepeche.fr