André Girard, inventeur du Phentex


Pour les plus jeunes générations, le Phentex, qui nous rappelle les pantoufles de nos grands-mères, a toujours existé. Peu savent que c’est un grand-papa qui l’a inventé.

Comment avez-vous inventé le Phentex ?

À la base, j’étais technicien en textile. Je travaillais pour Mantex, une compagnie qui faisait des fils continus texturés.

C’est quoi ça ?

C’est ce que tu portes en ce moment. Des fils continus, c’est que, contrairement aux fibres naturelles comme le coton ou la laine qui sont courtes, les fils synthétiques, comme le nylon, sont continus. Et on les texture avec de la chaleur.

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André Girard

Et c’est là que vous avez inventé le Phentex ?

Non. Un monsieur de la compagnie Phénix est venu me chercher. Il m’offrait le double du salaire, une auto et un voyage en Allemagne pour visiter une foire. Moi, j’étais le dernier d’une famille de dix et j’avais six sœurs qui tricotaient. Je les voyais laver leurs tricots et les étendre pour éviter que la laine se déforme en séchant. Dans les années 60, c’était nouveau, pour nous, les machines à laver et les sécheuses. Je voulais développer un fil à tricoter à la main, lavable et séchable. J’ai développé ça à temps perdu avec un collègue qui travaillait pour une compagnie qui faisait du fil à tapis. J’ai proposé à mes sœurs de tricoter avec ça, mais du fil à tapis, c’est rude rude rude. Je lui ai demandé de me faire un fil à tapis, mais avec des filaments plus fins. Le Phentex était inventé ! C’est devenu tellement populaire qu’un vendeur a déjà dit qu’il en avait vendu assez à Québec pour tricoter un gilet au pont de Québec !

D’où vous est venu le nom ?

Je travaillais pour Phénix, et j’avais travaillé pour Mantex. Les deux ensemble, ça faisait Phentex. Au début, mon patron n’aimait pas ça parce qu’en français, ça sonnait «fantex», mais vite les gens on prononcé ça «fennetex».

Vous n’auriez pas préféré que ça porte votre nom ?

Non non  La compagnie m’a donné des actions, alors j’ai fait un peu d’argent, et je suis devenu reconnu. Les gens m’appelaient «monsieur artisanat» parce que je donnais des entrevues et j’allais dans les cercles de fermières pour leur présenter le fil. Les ménagères l’ont vite adopté parce que c’était pas cher et qu’on pouvait faire n’importe quoi avec ça.

Comme quoi, à part des pantoufles ?

Des gilets, des cintres, des chaises de plage. On vendait des patrons. Une fois, on a eu des ennuis parce que le SEUL défaut du Phentex, c’est que ça se détériore au chlore, et on avait fait un patron de bikini en Phentex ! On a eu des plaintes !

Est-ce que la marque Phentex existe encore ?

La compagnie a fait faillite, avec la baisse de l’artisanat dans les années 80, mais d’autres compagnies américaines vendent encore le produit sous le nom «Phentex». Personnellement, je le trouve un peu raide !

Auteur : Judith Lussier

Source : journalmetro.com

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