Françoise Raverdy (Dooderm) : «J’ai réussi à développer mon idée innovante »


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Françoise Raverdy, fondatrice de Dooderm

Dooderm est l’une des huit start-up sélectionnées par Les Pionnières, réseau d’incubateurs et de pépinières au féminin, et présentes actuellement sur son stand de la Foire de Paris. Sa fondatrice livre les sept principes qui l’ont guidée, de l’idée innovante au développement de son entreprise.

L’innovation disruptive existe également dans le textile. La société Dooderm fabrique des vêtements (t-shirts, leggings, chaussettes, gants, bonnets…) à base de coton peigné et de fil d’argent, destinés à soulager les gens souffrant de problèmes dermatologiques (eczéma, psoriasis, allergies…). Il fallait y penser ! Françoise Raverdy, la fondatrice, détaille les sept points forts qui lui ont permis de développer son business.

#1 Faire de l’expérience une force

Françoise Raverdy est une jeune entrepreneure de … 60 ans. Elle a longtemps travaillé comme assistante sociale dans le service de dermatologie du CHR de Lille puis quinze ans dans l’industrie textile. En 2007, un licenciement la pousse vers l’entrepreneuriat. « À mon âge, je ne trouvais plus de poste. C’est malheureusement une réalité », explique-t-elle. Mais, refusant de s’apitoyer sur son sort, elle décide de faire de son expérience une force. « J’avais un réseau, une connaissance poussée du milieu. J’ai mis en avant mes compétences pour imaginer des produit capables de soulager des maladies de peau », dit-elle simplement.

#2 Repérer les signaux forts

L’idée est née après un séminaire sur les textiles “techniques”, à l’École nationale supérieure des Arts et Industries textiles (ENSAIT), où les propriétés antibactériennes et antifongiques de l’argent avaient été présentées. « J’ai parlé à un dermatologue de mon projet de concevoir des vêtements permettant de soulager les démangeaisons. Il m’a laissé entendre qu’aucune solution de ce type n’existait alors en France », raconte la fondatrice. Un premier signe d’encouragement qui l’amène à réaliser une étude de marché auprès de professionnels, dermatologues et pharmaciens-, et de gens souffrant de problèmes de peau. Son constat : le marché français compte actuellement 3 millions de personnes souffrant de problèmes dermatologiques, dont 400.000 dans la seule région du Nord-Pas-de-Calais ! Une tendance qui va encore s’accroître au fil des années. « Le budget d’un traitement pour soulager ces maladies est estimé à 50 euros par mois, sans compter les coûts supplémentaires pour l’achat de savons hypoallergéniques et de crèmes hydratantes. Mais aucune proposition textile n’existait en effet sur le marché français pour soulager les démangeaisons », souligne-t-elle. Tous les signaux étaient au vert. Elle décide alors de se lancer.

#3 Prendre le temps de concrétiser son projet

Françoise Raverdy est alors accueillie par l’incubateur Innotex de l’ENSAIT de Roubaix qui met à sa disposition tout le nécessaire : des laboratoires, des ateliers de tricotage … Les experts qu’elle y rencontre l’aident à mettre en place les études de faisabilité, notamment sur la non-toxicité du tissu. Elle continue à se documenter et finit par découvrir une bibliographie sur le pansement à l’argent qui, avec ses propriétés anti-inflammatoires et antibactériennes, cicatrise les plaies. Elle rencontre aussi un ingénieur textile à qui elle demande de concevoir des prototypes. Elle dépose une “enveloppe Soleau” (*) à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) et enfin, en janvier 2014, elle crée Dooderm. « Le chemin a été long. Il fallait être persévérante, même si, parfois, j’ai pu me sentir découragée. Il m’a fallu tout ce temps pour faire la preuve de l’efficacité de mon procédé », reconnaît la fondatrice.

#4 Trouver des appuis extérieurs pour le financement

Pour l’aspect financier, elle trouve du soutien auprès de la Ruche d’entreprises de Tourcoing, qui appartient au réseau d’incubateurs et de pépinières au féminin Les Pionnières. L’organisme lui sert de facilitateur pour rencontrer des organismes bancaires, négocier un prêt de 70.000 euros, obtenir un prêt d’honneur de 20.000 euros à taux zéro d’Initiative Métropole Nord, bénéficier du Fonds de garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’initiative des femmes (FGIF), qui couvre 70 % du montant du prêt dans la limite de 45.000 euros, recevoir un subvention a l’innovation de BPIFrance … En rajoutant 20.000 euros d’apport personnel, elle obtient 150.000 euros pour développer son projet. Grâce à cet accompagnement, elle peut préparer et valoriser le capital de sa société.

#5 S’entourer des bons partenaires

Françoise Raverdy trouve auprès de la société Lemahieu, spécialiste de la maille technique haut de gamme, partenaire industriel idéal (et régional !) pour fabriquer ses vêtements “made in France” et s’occuper de la logistique. L’entreprise est venue à la rencontre de l’entrepreneure grâce au buzz médiatique dont elle a bénéficié, en particulier un  reportage diffusé au journal télévisé de TF1. « Nous avons conçu ensemble un logiciel qui nous permet de suivre en temps réel la production, la gestion de stocks et la livraisons des produits», précise-t-elle.

#6 Trouver le bon réseau de distribution

Françoise Raverdy s’appuie sur le réseau Prestamed, qui regroupe 2.500 pharmacies. « Nos produits sont présents dans 300 pharmacies sur les 22.500 que compte la France », explique la dirigeante. Mais les ventes sont assurées à 80 % par les commandes directes des particuliers sur des plateformes d’e-commerce, Tousergo par exemple. À ce jour, elle gagne près de 100 nouveaux clients par mois. Elle a également des vues sur l’export, espérant commercialiser bientôt ses produits en Belgique, en Allemagne et en Grande-Bretagne.

#7 Embaucher le(s) bon(s) profil(s)

L’entrepreneure a recruté un ingénieur, indispensable pour monter les dossiers, argumenter, vérifier auprès des fournisseurs s’ils sont en conformité avec la réglementation des dispositifs dits “de santé ” tout en s’assurant de l’hygiène et de la sécurisation des produits, même si la start-up ne bénéficie plus du label “dispositif médical” délivré par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ce qui ne l’empêche pas d’être en lien avec des médecins, des pharmaciens, un réseau d’experts de la santé, pour réfléchir au développement de nouveaux produits.

(*) Sans être un titre de propriété industrielle – elle est donc moins onéreuse qu’un brevet -, l’“enveloppe Soleau” permet de dater de façon certaine une œuvre et de considérer le dépositaire comme auteur. Elle garde le secret des projets ou innovations en cours.

La Foire de Paris : 500.000 clients potentiels

L’idée de faire venir huit start-up sélectionnées par Les Pionnières lors de la grande manifestation commerciale vient de Carine Préterre, directrice de la Foire de Paris. « Il nous a paru essentiel de participer au développement d’initiatives créatrices d’emplois portées par des femmes », dit-elle. Pour Frédérique Clavel, fondatrice de Paris Pionnières et présidente de la Fédération Pionnières, ce soutien permet « aux entrepreneures de gagner en visibilité. La manifestation leur offre l’occasion de faire du business en touchant près de 500.000 clients potentiels. » Les start-up sélectionnées viennent de toute la France. « Il fallait qu’elles présentent des produits innovants “tendance” » et produits en France », explique Frédérique Clavel.

www.foiredeparis.fr

 

Les Pionnières, réseau business au féminin

Crée il y a dix ans, le réseau Les Pionnières rassemble une vingtaine d’incubateurs et de pépinières en France, au Maroc, en Belgique et au Luxembourg, au service d’entrepreneures innovantes et créatrices d’emplois durables. Il propose un parcours complet et personnalisé, depuis l’idée jusqu’au développement de l’entreprise, avec un accompagnement à la fois individuel et collectif qui prend en compte les aspects techniques et humains de la création d’entreprise. « L’objectif : apporter les meilleures conditions de réussite et de viabilité́ du projet, dans un écosystème dynamique et bienveillant », souligne Frédérique Clavel, la fondatrice.

lespionnieres.org

Source :  business.lesechos.fr

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