L’inventeur du trottoir électrique part aux USA


Une société californienne va acheter le brevet du trottoir électrique. L’inventeur toulousain dénonce l’inertie française et veut s’expatrier aux États-Unis.

Un trottoir qui produit de l’électricité pour les lampadaires grâce aux pas des piétons, les Toulousains connaissent cette invention. L’an dernier, au printemps, elle a été testée pendant quatre mois au centre ville, sur l’esplanade qui mène du métro Jean-Jaurès à la place Wilson. Deux bandes de dalles montées sur des ressorts et destinées à récupérer l’énergie cinétique avaient été installées là.

Aujourd’hui, c’est bien loin de Toulouse que cette invention devrait voir le jour. Laurent Villerouge, le chef d’entreprise qui a lancé le prototype, en collaboration avec l’ENSEEIHT, une des prestigieuses écoles d’ingénieurs toulousaines, et d’autres entrepreneurs locaux, vient de signer la vente du brevet avec une entreprise californienne spécialisée dans les énergies renouvelables, Harvest Energy. Une vente qui sera effective dans trois mois.

Laurent_Villerouge

Laurent Villerouge hier au siège de son entreprise, à Toulouse, avec des éléments du trottoir.

L’énergie du lave-linge

Née sur les berges de la Garonne, l’invention change donc de continent. Au grand dam de son concepteur qui, sans attendre, envisage aussi de s’expatrier aux États-Unis pour développer, en partenariat avec l’université de New York avec laquelle il travaille, d’autres innovations : les plots et bordures de trottoirs solaires mais aussi la récupération de l’énergie d’un lave-linge.

« Ici, tout est compliqué », lance le chef d’entreprise, un Toulousain de 44 ans, qui dénonce « l’inertie » et « la frilosité française ». À l’exception de la mairie de Toulouse qui l’a aidé, il pointe du doigt aussi bien les institutions et dispositifs d’aide publique, comme le ministère de l’Écologie « qui a eu le dossier en mains », que les banques et les grands groupes industriels.

« On m’a dit : OK, c’est intéressant, revenez quand vous aurez commencé à commercialiser. Personne ne veut investir. Ils veulent un retour immédiat », explique Laurent Villerouge. En tout cas, rien n’avance « alors qu’en quatre heures, j’ai signé un contrat avec l’université de New York ».

À 44 ans, ce Toulousain ne possède ni formation scientifique, ni cursus commercial, et il a bien senti que cela jouait contre son projet. Laurent Villerouge est un autodidacte qui a abandonné ses études après le bac. Il a travaillé dans l’immobilier, puis dans l’agencement intérieur avant de se convertir il y a trois ans aux énergies renouvelables. « On peut avoir des idées. Ensuite il faut s’appuyer sur les personnes qui ont le savoir », avance-t-il. « Il faut tenter ! Il y a de l’argent. La crise, c’est juste pour faire peur. C’est dans les esprits », jure l’entrepreneur.

Une première mondiale

S’il est le créateur du prototype du trottoir électrique de 2011 et de l’entreprise qui vise à le commercialiser, Laurent Villerouge a tapé à la porte de la mairie de Toulouse alors qu’un premier test avait déjà eu lieu, un an plus tôt, avec un système artisanal bricolé par les services municipaux. L’initiative du trottoir revient donc à Alexandre Marciel, l’adjoint au maire en charge de l’éclairage, qui a eu l’idée d’utiliser cette énergie pour les lampadaires. Des dalles lumineuses venues d’une boîte de nuit avaient ainsi été disposées dans le hall de l’Espace Duranti, rue du Colonel-Pélissier. Cette première mondiale avait attiré l’attention d’institutions et de villes du monde entier. « Je me suis dit qu’il y avait un enjeu industriel », observe Alexandre Marciel, « malheureux » de voir partir outre-Atlantique cette technologie qui a été primée par l’Europe.

Auteur : J.-N. G.

Source : www.ladepeche.fr

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