Sénégal / Jean Louis Roger, breveté de l’Oapi en 2006 – Le concepteur d’un outil pour la transformation des produits agricoles


Jean Louis Roger a obtenu le brevet de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) en 2006 pour la transformation des produits agricoles par lyophilisation.

Il a aussi mis en place un système de recherche et de récupération des documents perdus par téléphone. Ses inventions ne sont pas une fin en soi pour ce Sénégalais passionné de philosophie.

Jean Louis Roger est décontracté. Son discours est teinté d’humour. Il use de beaucoup d’anecdotes. L’innovateur aime la discussion, la recherche de consensus. Sur ce point, il est différent des philosophes. En visite dans les locaux du « Soleil », Roger vient apporter des éclairages sur la paternité d’une invention : la récupération de documents perdus. Mais, il abandonne vite pour emprunter d’autres chemins. « J’aimerais avoir le numéro de l’auteur de cette invention. Je veux échanger avec lui pour voir, dans quelle mesure, nous pouvons faire des choses ensemble », déclare-t-il. Tout en continuant à sortir des preuves de son sac, il ne veut nullement barrer la route à cet autre Sénégalais qui cherche également une voie dans l’univers restreint des inventeurs et qui a aussi initié la récupération des documents perdus. Surtout que Roger n’est pas un illustre inconnu dans le milieu. Il est le vice-président de l’Association sénégalaise pour la promotion des inventions et innovations (Aspi). Il a déjà eu la reconnaissance de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) en 2006 pour la transformation des produits agricoles. « Avec les techniques de lyophilisation, nous pouvons conserver des tomates, des pommes de terre, des mangues… Pour exporter nos produits, il faut d’abord pouvoir les conserver », argumente-t-il.

L’inventeur, un descendant du baron Roger, a trouvé des techniques pour la transformation des produits agricoles. Ses techniques relèvent de disciplines comme la chimie. Son parcours est atypique. Après le lycée Blaise Diagne, il s’inscrit à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il obtient la Maîtrise en sciences politiques, mais décide de s’orienter vers des activités éloignées de sa formation académique.

La récupération des documents perdus par téléphone

« Face à un problème, si l’individu se met à réfléchir, il pourra trouver des solutions ». C’est la philosophie du juriste qui est dans un champ où il est souvent nécessaire d’avoir une base en chimie. Depuis une trentaine d’années, il est dans la valorisation des produits agricoles. L’amour, la volonté et la peine sont les fondements de sa démarche.

Dans son sac, il y a des piles de papiers. Et chaque pile est destinée à une activité précise. Car Roger s’active dans plusieurs domaines. L’inventeur est libre. Cependant, il ne dévoile pas tout ce qu’il est en train de faire. Le juriste donne l’impression de ne pas avoir le courage de ses arguments. Son visage se contracte lorsqu’il aborde certaines questions. Pour lui, tout est sensible. L’inventeur est prudent. Son self contrôle est à la fois sa force et sa faiblesse. Pour étayer ses propos, il évoque à des adages en langues locales. Friand de rhétorique, notre inventeur a certainement lu beaucoup d’auteurs latins. De sa vie, on saura peu, sauf qu’il est le descendant du baron Roger dont il est plus expansif sur sa vie que sur son propre parcours.

Il conserve avec fierté les livres antiques de ce dernier, le considérant, sans le dire de façon ouverte, comme l’un des pères de la littérature sénégalaise avec « Les Fables sénégalaises », roman publié en 1828. La transformation des produits locaux n’est pas seulement son champ d’investigation. En effet, en 2005, il a obtenu auprès du Bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda) une protection d’une innovation de récupération des documents perdus par téléphone. Mais il reste discret sur cela. « Je ne vais pas, pour le moment, dire plus ; je fais tout pour peaufiner avant d’en parler », tranche-t-il. L’instantanéité et l’interactivité sont aussi les avantages de ce système.

Le principe de la récupération des documents est simple. Le demandeur envoie un Sms gratuit au numéro « 2015 » quel que soit l’opérateur téléphonique avec la mention du numéro de la pièce, suivi du nom et du prénom, de la date et du lieu de naissance. Lorsque le document est retrouvé, un message est envoyé au propriétaire.

Au cas contraire, sa demande sera prise en charge. Les personnes qui retrouveront leurs pièces et leurs objets pourront être informées par les prestataires de services. « Si votre pièce a été retrouvée, pour la récupérer, il faudra envoyer une demande, en contrepartie, le système débitera un forfait sur votre compte », explique Roger. Lorsque le système débite cette somme, un message est envoyé à la personne pour l’informer du lieu où se trouve(nt) sa ou et ses pièces. Toutefois, l’homme est conscient que la mise en œuvre de ce projet ne peut pas se faire sans une réelle collaboration de tous les opérateurs. Il donne aussi la possibilité aux personnes qui cherchent leurs documents à travers le site http://www.jpsenegal.com. Pour cette recherche, il faut remplir une fiche.

Auteur : Idrissa Sane

Source : fr.allafrica.com

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