Le vrai génie des inventeurs : savoir profiter du hasard


Nous adorons les histoires d’inventions «nées par hasard», comme le four à micro-ondes, la dynamite, le viagra ou les corn flakes. En fait, elles sont surtout nées de la curiosité et la perspicacité de leurs inventeurs, qui ont su exploiter leur bonne fortune.

Ce sont un peu les contes de fées du monde industriel. Ils nous font croire que chacun de nous serait capable de faire une découverte révolutionnaire au petit-déjeuner demain matin. Le four à micro-ondes, la pâte à modeler, le viagra, l’aspirine, le champagne ou la dynamite sont nés «par hasard», dit l’histoire officielle. Ce n’est pas aussi simple que ça. Pek van Andel a montré, dans son ouvrage De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit – Leçons de l’inattendu (L’Act Mem, 2009), traduit et adapté en français par Danièle Bourcier en collaboration avec l’auteur, que le rôle des chercheurs devait être réhabilité pour toutes ces histoires. Avec leur concours, voici les cinq principales qualités des grands inventeurs, celles qui leur ont permis de cerner le potentiel révolutionnaire des «fruits du hasard».

1. S’attendre à l’inattendu

L’idée-clef : être surpris, ça se prépare.

«Quand on n’attend pas l’inattendu, on ne le découvre pas parce qu’on ne peut pas le trouver, il reste inaccessible», aurait dit le Grec Héraclite cinq siècles avant J.-C., cité dans l’ouvrage des deux scientifiques. 2.500 ans plus tard, Louis Pasteur ne disait pas autre chose : «Le hasard ne favorise que les esprits préparés.» Pour Danièle Bourcier et Pek van Andel, la part de chance est une condition nécessaire mais pas suffisante à la découverte. Il faut également une curiosité du chercheur, une attention particulière portée au monde qui l’entoure.

Ceux qui en sont privés sont passés à côté de certaines inventions ou grandes découvertes. La cécité, la peur, l’incompréhension ou l’impatience suffisent à tout gâcher. Pour le découvreur potentiel, il s’agit non seulement d’être attentif, mais aussi de créer les opportunités pour que le hasard survienne. C’était l’objectif du physicien américain Irving Langmuir quand il avait réduit le temps de travail bureaucratique et planifié à l’avance au profit du temps «libre» consacré à la recherche et à la création :

«On peut organiser un laboratoire de façon à obtenir une plus grande probabilité de résultats utiles, formula-t-il. Tout en sauvegardant la flexibilité et la liberté. Nous savons par exemple, qu’on peut faire des choses qui ne peuvent pas arriver en les planifiant. […] La liberté de l’opportunité, telle que développée par la démocratie, est la meilleure réaction humaine face à des phénomènes divergents. On peut définir la sérendipité comme l’occasion de profiter de l’inattendu.»

L’exemple des corn flakes. Un jour, les frère Kellogg oublient dans leur cuisine une pâte déjà cuite faite à base de grains de blé concassé, avec laquelle ils fabriquent habituellement une sorte de pain. Ils retrouvent ladite pâte fermentée et durcie, après quelques jours d’absence. Pour ne pas gâcher, ils tentent l’expérience de l’aplatir au rouleau, ce qui fait éclater la pâte en une multitude de petit «copeaux». Ne reste plus qu’à les laisser dorer au four pour obtenir les fameux pétales. Le résultat est toujours consommé par des millions de personnes à travers le monde aujourd’hui.

L’exemple du champagne. Le célèbre vin à bulles voit le jour grâce à Dom Pérignon, un moine vivant au temps de Louis XIV. A l’époque, il aurait cherché à remplacer les bouchons de bouteille –faits avec une cheville de bois et du fil de chanvre– par des bouchons plus hygiéniques confectionnés à base de cire d’abeille. Ce que Dom Pérignon n’a pas prévu, c’est que le sucre contenu dans le liquide mielleux provoque une seconde fermentation. Celle-ci fait bien souvent exploser les bouteilles! Il adapte ce processus et le retourne à son avantage. C’est lui qui confère au vin les fines bulles qui font sa renommée internationale.

2. Penser autrement

L’idée-clef : reproduire des choses bizarres est une bonne idée.

Pour Pek van Andel et Danièle Bourcier, les grands inventeurs ont en commun –entre autres– d’avoir pensé autrement, d’être consciemment sorti des sentiers battus. Dans chacun des cas mentionnés ici, l’inventeur aurait pu rester perplexe face à son étrange trouvaille. Il a, au contraire, réussi à en cerner le potentiel. L’esprit cartésien et rationnel de nos sociétés modernes a formaté les consciences, écrivent-ils, dans une direction précise: bien formuler une question ou une hypothèse n’a de sens que pour obtenir quelque chose. Le chemin inverse est moins encouragé.

D’après les deux spécialistes, le système scolaire notamment devrait mieux nous préparer en nous entraînant à identifier et à accueillir les trouvailles :

«Il n’y a pas de travaux pratiques [à l’école] dans lesquels il émerge un phénomène inattendu et non annoncé, qui serait soumis à un étudiant pour voir ce qu’il en ferait. Ce qu’on n’enseigne pas explicitement, c’est de dériver des hypothèses fraîches à partir d’un fait bizarre. C’est-à-dire de raisonner à partir de ce qu’on ignore, ne comprend pas ou ne maîtrise pas vers un problème neuf, utile et vérifiable.»

Voici deux exemples de personnes ayant su raisonner à partir de leur étrange trouvaille : un bout de ferraille enroulé, des résidus de pétrole et un tableau à l’envers.

L’exemple du slinky. En 1943, Richard James cherche à créer un système de ressort pour que le matériel transporté au fond des cales des bateaux se déplace au gré des vagues au lieu de se casser les jours de tempêtes. Un jour, il fait tomber d’une table un petit prototype de ressort et il l’observe avec étonnement se déplacer tout seul… Au lieu de s’arrêter là, l’ingénieur naval américain a l’idée d’en faire un jouet amusant et pas cher, capable de dévaler les escaliers tout seul. Deux ans plus tard, en 1945, le slinky rencontre un succès fulgurant dans les rayons du premier magasin de Pennsylvanie disposé à en vendre. Soixante ans plus tard, il est désormais en plastique, mais toujours présent dans les chambres d’enfants du monde entier.

L’exemple de l’art abstrait. Nous sommes à Munich, en 1910. Le peintre russe Vassily Kandinski rentre chez lui et observe quelque chose qui le rend perplexe : «J’aperçus tout d’un coup une toile incroyablement belle avec une chaleur intense, je m’arrêtai et m’approchai rapidement de ce tableau énigmatique dans lequel je ne voyais rien d’autre que des formes et des couleurs dont le contour restait incompréhensible. Je trouvais la clé de l’énigme immédiatement : c’était un tableau peint par moi qui était posé contre le mur sur un de ses côtés.» Le lendemain, lorsque le peintre tente de reproduire l’impression qu’il a eue en apercevant le tableau de la veille, c’est un échec. Il réalise qu’il est «prisonnier» de l’aspect concret des objets et des formes connues. Il décide de se jeter à corps perdu dans l’art d’inventer un monde qui ne ressemble pas au réel. Pour de nombreux spécialistes, Kandinsky est le premier peintre à avoir produit de l’art abstrait.

3. Tirer profit des mauvaises circonstances

L’idée-clef : le résultat d’une erreur peut être supérieur à une bonne manipulation.

Certaines inventions sont nées dans un contexte qui, a priori, n’était pas favorable. À leur origine, on trouve une maladresse ou un oubli du chercheur, un manque d’attention voire de professionnalisme, des erreurs qui provoquent l’inverse de ce que l’on cherchait initialement… Ces inventions donnent sens à l’expression «il n’y a pas d’erreurs dans la vie, il n’y a que des expériences», car les inventeurs ont su recycler les mauvaises conditions ou résultats –comme le caractère extrêmement collant d’un produit, l’oubli d’une boîte de pétri sur sa paillasse avant de partir en vacances ou la sécheresse en Californie– pour en faire des atouts.

L’exemple de la superglue. La superglue est découverte par hasard durant la Seconde Guerre mondiale. L’armée américaine cherche alors une matière de substitution à la soie d’araignée utilisée dans la fabrication des «lunettes de visée» de certaines armes. Mais la matière trouvée, le cyanoacrylate, colle à tous les équipements, rendant très difficile la fabrication et la manipulation des lunettes de visée. Deux chercheurs de Eastman Kodak, Harry Coover et Fred Joyner, comprennent cependant le véritable intérêt de cette colle très forte dans un environnement civil. Elle sera commercialisée pour la première fois en 1958 sous le nom d’Eastman 910.

L’exemple de la péniciline. À un retour de vacances en septembre 1938, un docteur londonien, Alexandre Fleming, découvre que les boîtes dans lesquelles il cultivait ses champignons –des staphylocoques– étaient recouvertes d’une couche de moisi. Elles ont été contaminées par autre un champignon microscopique, étudié par son voisin de laboratoire. Avant de nettoyer ses boîtes, il les observe attentivement et découvre qu’une zone circulaire autour du moisi a été épargnée. Il émet l’hypothèse que son champignon de base a sécrété lui-même, à sa périphérie, une substance antibactérienne. Exact. Il lui donne le nom de Penicillium notatum. Quelques décennies et adaptations plus tard, elle est utilisée partout dans le monde comme antibiotique.

L’exemple des skateparks. Le skate board serait né d’une trottinette des années 1930 à qui l’on aurait retiré le guidon. Mais ce n’est qu’à l’été 1975, en Californie, que son usage est popularisé à grande échelle. L’une des plus grandes sécheresses du siècle sévit alors sur la côte ouest des États-Unis. Elle se transforme en opportunité lorsque les autorités imposent aux propriétaires de piscines de ne plus les remplir par mesure de restriction. Dans le quartier de Venice Beach à Los Angeles, un groupe de jeunes skaters dénommés les Z-Boys investit progressivement les espaces bétonnés et leurs échelles pour y tenter de nouvelles figures acrobatiques. Bientôt, une fois les piscines remplies, on ne pourra plus se passer des skateparks.

4. Rediriger les bénéfices d’une découverte

L’idée-clef : savoir transposer le dégât collatéral d’une expérience.

Il peut arriver à un chercheur de découvrir les atouts insoupçonnés d’un produit, de s’en désintéresser à court terme mais de le dupliquer ensuite pour assouvir un autre besoin ou développer une technologie qui n’existait pas auparavant. Pour Pek van Andel et Danièle Bourcier, l’histoire des inventions liées au hasard enseigne que le chercheur doit toujours garder un œil sur «ce que l’on cherche» mais aussi sur «ce qu’il ne cherche pas»

L’exemple du viagra. Peu de gens le savent mais la petite pilule bleue a été trouvée totalement par hasard, par des scientifiques faisant des recherches sur une maladie cardiaque: l’angine de poitrine. Lors des essais cliniques d’un traitement, ils constatent que leurs patients ont de rapides et importantes érections. Ils décident d’exploiter cette propriété inattendue et en font un produit commercialisable, qui arrive sur le marché en 1998.

L’exemple de la pâte à modeler. Dans les années 1940, le charbon utilisé dans les cheminées laisse des traces de suie partout sur les murs. Initialement, une pâte malléable un peu collante a été inventée pour les lessiver. Lorsque l’utilisation du charbon diminue dans les années 1950, la société de savon des deux inventeurs américains fait faillite. La légende raconte que la sœur de l’un d’eux, Joseph McVicker, institutrice, reprend des morceaux de pâte pour que ses élèves développent leur créativité et façonnent de petites sculptures… Cela donne l’idée aux frères McVickers de l’adapter et de la commercialiser dans les magasins de jouets pour enfant.

L’exemple du four à micro-ondes. Percy Spencer travaille depuis plus de vingt ans dans une entreprise de matériel militaire qui produit notamment des radars. Un jour, il oublie une barre de chocolat au fond de sa blouse. Il se rend compte en plongeant la main dans sa poche que celle-ci a fondu. Après quelques rapides expériences, il comprend que les machines émettant les micro-ondes des radars militaires sont capables de cuire des aliments. Il invente alors l’ancêtre du micro-ondes –bien que l’on sache aujourd’hui qu’il diminue considérablement la qualité nutritive des aliments et que l’on suppose sa surutilisation cancérigène.

5. Copier, adapter, persévérer

L’idée-clef : un hasard heureux n’est rien sans un travail de recherche additionnel.

Dans les trois cas suivants, la pugnacité des inventeurs a joué un rôle-clé, car le hasard qui leur a souri à un moment donné n’a pas suffi. La cinquième qualité primordiale des inventeurs de génie est la persévérance. Ici, les chercheurs se sont penchés minutieusement sur les travaux de leurs pairs, ont étudié leurs réussites et leurs échecs, ont cherché à perfectionner certains détails ou à créer de nouvelles fonctionnalités… En apportant les modifications nécessaires pour rendre leur outil plus performant, plus facile d’utilisation ou moins cher à produire, ils l’ont ainsi rendu plus attractif aux yeux de l’industrie et du consommateur.

L’exemple de la dynamite. La dynamite n’a pas toujours eu la forme des petits bâtons rouges caractéristiques des cartoons du Far West comme Bip Bip et Coyote. Elle est d’abord été commercialisée sous une forme liquide –la nitroglycérine– si instable et dangereuse qu’elle est interdite en Europe. En 1864, le savant Alfred Nobel perd d’ailleurs son frère et cinq ouvriers pendant ses recherches. Après deux ans de travail intense, il fait tomber malencontreusement un flacon de nitroglycérine dans de la sciure de bois. Surprise, la mixture n’explose pas. Il utilise alors la sciure –qui absorbe le liquide explosif– pour stabiliser la matière. L’explosif est ainsi modelé sous la forme de bâtonnet rouge que l’on connaît aujourd’hui.

L’exemple de l’aspirine. L’histoire de la découverte de l’acide acétylsalicylique, que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’aspirine, est un récit à rebondissements. Edward Stone, un religieux anglais passionné de botanique, est le premier à découvrir, un peu par hasard, en 1763, la capacité de l’écorce du saule à soigner la fièvre et les douleurs dues aux rhumatismes ou à la malaria. Mais on est encore bien loin du cachet d’aspirine. Il faudra attendre 1908 en France pour voir sa commercialisation généralisée, grâce à une flopée de pharmaciens et chimistes, français, allemands ou suisse, qui apporteront chacun leur contribution pendant un siècle et demi de recherche.

L’exemple du pacemaker. Un médecin italien du nom de Luigi Galvani démontre en 1780 que la stimulation électrique d’un nerf provoque la contraction du muscle qui lui est relié. En 1791, il réussit la même expérience sur le cœur et confirme ses conclusions. Pourtant, la première machine faisant battre artificiellement le cœur en lui délivrant des impulsions électrique n’apparaît que bien plus tard. Elle sera brevetée en 1931 par Albert Hyman.

Pour approfondir :

Pek van Andel et Danièle Bourcier feront paraître en 2016 Le tour de la sérendipité en 80 récits (éd. Trédaniel).

Auteur : Lucile Berland

Source : www.slate.fr

Léonard de Vinci : Les leçons d’un maître de l’innovation


Alliant esprit artistique et rigueur scientifique, Léonard de Vinci incarne le génie humaniste de la Renaissance. Sa créativité protéiforme a été nourrie par une insatiable curiosité et une sensibilité hors pair. Leçons d’un maître de l’innovation.

Léonard de Vinci est un personnage atypique, souvent décrit comme l’homme de la Renaissance par excellence. Aucune discipline ne l’effraie : ingénierie militaire, musique, anatomie, peinture, génie civil, sculpture représentent autant de domaines dans lesquels sa créativité s’est exprimée sans jamais s’essouffler. Si les méandres de sa pensée restent impénétrables, les principes créatifs de l’artiste ont, eux, été analysés par l’écrivain Paul Valéry en 1894 (Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, Folio Essais) et, plus récemment, par le consultant en innovation Michael J. Gelb (Pensez comme Léonard de Vinci. Soyez créatif et imaginatif, Editions de l’Homme). Mais pour mieux comprendre les ressorts de son génie créatif, commençons par nous imprégner de sa vie et de son univers.

UNE INTELLIGENCE PRÉCOCE QUI OBSERVE ET EXPÉRIMENTE

Fils illégitime d’un notaire et d’une paysanne, Léonard de Vinci naît en 1452. Il reçoit un enseignement rudimentaire, apprenant les bases de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique. Son ignorance du grec et du latin lui ferme les portes de l’Université. Libre de tout carcan social et scolaire, le jeune Léonard va donc faire seul son instruction. Personne ne lui «apprend à apprendre» : il se forme sans aucun a priori, en dehors des idées établies et des doctrines.

Très doué pour le dessin, il intègre à 16 ans l’atelier renommé de l’artiste florentin Andrea del Verrocchio. Ce dernier va tester la motivation de son apprenti en lui confiant, la première année, le nettoyage des pinceaux et autres petits travaux. Qu’importe l’ingratitude de ces tâches, Léonard en profite pour observer ses aînés, leur savoir-faire et leurs gestes. Il s’exerce ensuite à toutes les techniques employées dans l’atelier – orfèvrerie, ferronnerie, fonderie, peinture, sculpture – sans se spécialiser dans aucune d’entre elles.

Son talent précoce attire bientôt l’attention du plus important mécène de Verrocchio, Laurent de Médicis, dit Laurent le Magnifique, dont il commence à fréquenter l’entourage composé d’artistes, de philosophes et de mathématiciens. A 26 ans, ce jeune homme gracieux, aux longs cheveux blonds et bouclés, a surpassé son maître Verrocchio : il quitte l’atelier. Peintre surdoué (même s’il échoue lors de l’appel d’offres pour la décoration de la chapelle Sixtine du Vatican) et grand ingénieur, Léonard de Vinci est aussi un courtisan habile, à la fois humoriste, illusionniste, conteur et musicien. Les commandes pleuvent mais elles sont rarement achevées car l’artiste se sent bridé par les contraintes religieuses.

A 30 ans, il cherche à quitter Florence pour Milan. Il envoie au duc Ludovic Sforza une sorte de lettre de motivation (figurant dans le Codex atlanticus, recueil de ses notes et de ses dessins techniques et scientifiques) dans laquelle il postule comme ingénieur militaire. «Ayant, très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre et constaté que leurs machines ne diffèrent en rien de celles communément en usage, je m’appliquerai, sans vouloir faire injure à aucun, à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici.» Il se propose de réaliser des ponts, des échelles d’escalade, des matières inflammables, des «voitures couver tes et indestructibles», des canons… Il conclut sa missive en énumérant les (nombreuses) compétences qu’il peut mettre au service du duc en temps de paix. Séduit par tant d’audace, Ludovic Sforza l’embauche. Il lui confie d’abord l’organisation de ses fêtes et spectacles puis la réalisation de plusieurs portraits de la cour milanaise. Vinci travaille aussi à perfectionner les fortifications existantes et participe à la construction du dôme de Milan. Le duc va surtout lui commander l’élaboration d’une statue équestre en l’honneur de son père. L’objectif : réaliser la plus grande statue du monde. Léonard de Vinci, en grand procrastinateur, va travailler plus de quinze ans sur le projet sans que celui-ci voie le jour.

LIBÉRÉ DES CONTRAINTES, IL TROUVE UN SECOND SOUFFLE

En 1499, à 47 ans, l’artiste accompli doit de nouveau bouger. Il est obligé de quitter Milan envahi par les troupes du roi de France. Les Vénitiens récupèrent le génial ingénieur et le chargent de défendre la ville d’une attaque navale turque. C’est d’ailleurs à cette période qu’il met au point un scaphandre.

Dès lors, Léonard de Vinci vit là où les projets le portent : Florence, Venise, Mantoue, Rome. On fait appel à lui pour édifier des forteresses, créer des canaux, élaborer des machines de guerre… Ses carnets (codex) se remplissent. L’artiste se passionne notamment pour l’étude du vol des oiseaux, qui le fascine depuis l’enfance. Il alterne plus que jamais observations, expériences et constructions de prototypes. En revanche, sa peinture n’est plus en vogue. Sollicité par Julien de Médicis, le frère du pape, il rejoint Raphaël et Michel-Ange à Rome, où ne lui sont confiés que des chantiers mineurs et des missions subalternes. «Les Médicis m’ont créé, les Médicis m’ont détruit», souligne-t-il amèrement. A 64 ans, Léonard de Vinci se rend bien compte qu’il n’a plus rien à faire en Italie.

Plutôt que de se retirer, le maître ose une ultime aventure. Invité en 1516 par François Ier à le rejoindre en France, il y voit l’occasion de trouver de nouvelles sources d’inspiration, de stimuler sa créativité et de finir sa vie libre de toute contrainte. Il franchit les Alpes à dos de mulet, emportant avec lui ses précieux carnets et trois de ses plus belles œuvres, dont La Joconde. Le roi de France lui offre une pension confortable et un logis, le château du Clos-Lucé, à Amboise, où il sera «libre de penser, de rêver et de travailler». Léonard de Vinci devient «premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi». Les recherches effectuées tout au long de sa vie constituent alors le socle de nouvelles créations. Ainsi, pour réaliser l’extraordinaire escalier en spirale du château de Blois, l’artiste se souvient de la forme particulière d’un coquillage ramassé des années auparavant…

Mais les génies sont, eux aussi, mortels. Léonard de Vinci décède en 1519, à 67 ans. Il est enterré à Amboise. Son disciple, Francesco Melzi, écrit : «Nous pleurons tous la mort de cet homme, car la Nature ne saurait recréer son pareil.»

INSPIREZ-VOUS DE LÉONARD DE VINCI POUR DOPER VOTRE CRÉATIVITÉ

Clarifiez des idées complexes en vous posant des questions simples. Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? Ces interrogations permettent à Léonard de déployer son formidable esprit analytique. Comme lui, ayez toujours un carnet sous la main pour noter vos interrogations et vos réflexions pendant la journée ou la nuit, après un réveil prématuré.

Stimulez votre intelligence affective. Léonard de Vinci ne fait pas qu’observer ou analyser: il sait que «toute connaissance commence par les sentiments». Les hémisphères cérébraux droit et gauche doivent être mis à contribution en permanence : «Les choses de l’esprit qui ne sont pas passées par les sens sont vaines.» N’hésitez pas à vous nourrir d’éléments qui vont stimuler votre cerveau droit: un parfum, une image…

Fonctionnez par analogie. Léonard établit constamment des passerelles entre la nature et l’homme, entre ses observations et ses raisonnements.

Osez retrouver une curiosité d’enfant. Toute sa vie, Léonard n’a jamais cessé d’être étonné et d’apprendre du monde qui l’entourait.

Auteurs : Anne Vermès, avec Yann Harlaut

Anne Vermès dirige Traits d’unions, un cabinet qui propose aux dirigeants de s’inspirer des leçons du passé. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages publiés chez Eyrolles (Entreprendre comme les frères lumière, Motiver comme Nicolas Fouquet, Piloter un projet comme Gustave Eiffel, Convaincre comme Jean Jaurès, etc).

Source : www.capital.fr

Canada / Qu’est-ce qui freine le plus votre créativité ?


Quel est le principal frein à l’innovation au sein des entreprises canadiennes ? Le manque… de temps ! C’est du moins ce qui ressort d’un sondage mené par le cabinet-conseil en ressources humaines Robert Half International auprès de 270 directeurs financiers évoluant dans des compagnies canadiennes comptant au moins 20 employés.

Ainsi, la moitié des personnes interrogées (49%) ont affirmé que le fait d’être submergés par les tâches quotidiennes ou d’être occupés à éteindre des feux représente le plus gros obstacle à l’innovation au sein de leur entreprise. Suivent, loin derrière, d’autres raisons : trop de bureaucratie (9%), manque d’idées neuves (5%), ou encore un manque d’initiative personnelle (2%).

«Les résultats de ce sondage montrent que les managers devraient accorder davantage de temps à leurs employés pour trouver de nouvelles idées. Ceux-ci devraient même les inciter à sortir de leur routine au travail, car c’est souvent un élément déclencheur d’innovations», dit Kathryn Bolt, présidente de Robert Half Canada.

Les experts de Robert Half font six recommandations à cet égard :

1. Mobilisez toute l’équipe. Les employés à qui l’on donne une plus grande autonomie ont plus tendance à faire preuve d’innovation parce qu’ils se sentent plus engagés sur le plan affectif par le succès de l’entreprise. Entretenez une culture dans laquelle les employés de tous les niveaux peuvent facilement faire part de leurs solutions pour améliorer les activités de l’entreprise. Maintenez une politique de porte ouverte et invitez tout le monde à proposer des idées pendant les réunions, via un site Web interne ou même via une bonne vieille boîte à suggestions.

2. Éliminez la paperasserie. Examinez les processus à l’interne afin de vérifier s’ils ne génèrent pas de paperasserie inutile. Les employés deviennent désillusionnés s’ils doivent attendre un temps interminable avant que leur idée, dans laquelle ils ont investi du temps et de l’énergie, ne soit approuvée et mise en place.

3. Favorisez la collaboration. Un sain niveau de compétition entre les employés peut stimuler l’innovation. Cependant, si un milieu de travail devient trop compétitif, ceux-ci peuvent être réticents à s’exprimer par crainte de se faire voler leur idée ou de se faire ridiculiser. Créez des politiques qui appuient un échange ouvert d’informations ainsi qu’une ambiance qui favorise le travail d’équipe avant tout.

4. Concevez des brainstormings plus efficaces. Trop d’idées potentiellement excellentes sont rejetées prématurément pendant les brainstormings. Refrénez les récalcitrants qui aiment dire pourquoi une nouvelle proposition ne fonctionnera pas. Favorisez l’ouverture d’esprit.

5. Donnez-leur du répit. L’épuisement professionnel n’est pas propice à l’inspiration. Lorsque les employés sont continuellement surchargés de travail, ils sont plus susceptibles de pousser des soupirs que de s’exclamer. Mettez en place des programmes permettant de concilier travail et vie personnelle.

6. Cherchez l’inspiration. À titre de manager, vous donnez le ton. Vous aurez de la difficulté à motiver votre personnel à faire jaillir les étincelles créatrices si vous-même ne vous sentez pas inspiré. Comment faire ? Des études montrent qu’une personne décontractée et d’humeur positive a plus de pensées novatrices. Éloignez-vous donc de votre bureau à l’occasion et décrochez en allant faire une promenade.

Auteur : Olivier Schmouker

Source : www.lesaffaires.com

Technologie et Liberté


La question de la « libéralité » de toute technologie, nouvelle ou pas, future ou passée, ne peut trouver de réponse que dans le cadre de la responsabilité individuelle, sans échappatoire aucune. Il n’y a pas de technologie qui soit une menace pour l’humanité. Le droit libéral transcende toute technologie dans ses usages.

Il y a toujours eu, et il y aura probablement toujours, des liens assez intimes entre liberté et technologie.

Par exemple, la liberté est sans doute possible un des facteurs essentiels de l’innovation et donc de la progression technologique. L’entrepreneur, l’inventeur, ont besoin de pouvoir s’exprimer avec suffisamment de liberté pour aboutir. Il est malheureusement rare qu’un esclave ou qu’un pauvre à la limite de la survie aient le loisir d’inventer quoi que ce soit. Sans aller à de tels extrêmes, l’histoire communiste montre que ses régimes ont toujours été marqués par un fort retard technologique envers les démocraties occidentales. Les société fermées sur la religion montrent également le même handicap – ainsi, la splendeur arabe doit beaucoup de sa mise en sommeil à un poids devenu démesuré du religieux dans la vie sociale.

De même, l’adoption d’une technologie suppose aussi suffisamment de liberté pour que le changement se fasse – les vieilles voitures américaines de Cuba sont une illustration célèbre de non-changement faute de liberté. Le pittoresque de la vie quotidienne de nombreux pays « touristiques » est le plus souvent l’expression non pas de la simple pauvreté, mais de blocages sociaux empêchant le changement induit par l’arrivée de certaines technologies. En France et plus d’actualité, l’interdiction ou les restrictions sur les OGM ou sur l’exploitation du gaz de schiste sont ainsi l’expression d’un refus de liberté imposé par un gouvernement inique et liberticide sous l’influence de groupes de pression irréfléchis.

À l’inverse, la technologie vient souvent nourrir la liberté, pour ne pas dire toujours. Les gains de productivité grâce aux outils de tous genres, mais aussi les moyens de transport, sont du temps et donc de la liberté gagnés. Les moyens de communications modernes sont une liberté d’expression plus vaste et une capacité de socialisation qui ne se conçoit plus désormais que sur la dimension mondiale. Certains opposeront les technologies potentiellement destructives des militaires – on verra que ce n’est pas si simple et que même là, la liberté n’est pas bien loin.

Enfin, la technologie est parfois source de nouveaux espaces de liberté. Facebook et le Web viennent bien sûr à l’esprit du lecteur moderne et branché. Mais il y a de nombreux autres exemples simples, souvent en rapport avec un usage détourné, voire fortuit, des technologies. La possibilité des sports mécaniques naît de l’arrivée du moteur, celle des jeux vidéo découle de l’ordinateur devenu personnel. La meilleure éducation politique des peuples de la planète résulte de l’explosion de l’accès à Internet et son information quasi gratuite et instantanée.

Mais la technologie peut-elle être, ou devenir, un obstacle, voire un danger à la liberté ? On pense évidemment à Hiroshima – événement encore récent à l’échelle de notre histoire – comme horrible exemple d’une technologie non seulement liberticide mais meurtrière à une échelle qui pose question. Plus près de nous, les célèbres armes de destruction massive prétextes à la guerre en Irak relèvent de la même menace supposée.

Plus loin, dans le futur, ou sortant des labos de recherche, peut-on craindre de nouvelles formes de technologies – robots intelligents, produits de manipulations génétiques, clones, etc. – qu’elles portent en elles la graine d’un bouleversement de certaines libertés fondamentales, voire de notre société dans son ensemble ? Existe-t-il d’ores et déjà des domaines où la technologie bouscule et menace notre liberté ?

Des échanges assez vifs récents avec un libéral auto-déclaré m’ont convaincu que la réponse à cette question n’est manifestement pas évidente pour tous et peut mériter un article. C’est à la lumière de tels échanges qu’on se rend compte que le formatage jacobin des esprits français contemporains est tellement fort que même un libéral sincère ne sait pas toujours s’en défaire.

Le cœur de toute réflexion libérale consiste à analyser un sujet depuis la perspective individuelle, et se poser la question de la déclinaison des mécanismes de responsabilité et de propriété qui lui sont associés. Par contre, les considérations de l’ordre de la morale doivent rester à la porte : la liberté repose sur le droit et le droit seul.

Ainsi, aucune technologie n’est en soi responsable de quoi que ce soit. De même, une technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Seule son utilisation par un individu peut l’être, une manière de dire que si une technologie conduit à des morts, à de la pollution ou autres dégâts majeurs, elle ne peut être condamnée en tant que telle, car la responsabilité incombe toujours à un humain, celui qui l’a utilisée. On a l’impression d’une évidence.

Dès lors, la question d’une technologie, présente ou future, qui serait une menace pour l’humanité se résout d’elle-même. Comme pour l’Irak, une telle menace se ramène toujours à celle d’un individu plus ou moins déséquilibré qui pourrait abuser d’une technologie à fin malveillante voire meurtrière. Mais même si de tels scénarios peuvent en effet être complexes et dangereux, on reste dans le domaine du droit classique. Et il n’y a pas a priori de raison pour que ce raisonnement change demain avec l’arrivée de « nouvelles » technologies – une excellente nouvelle, donc.

Or mon libéral auto-déclaré considère justement que cette question de la technologie face au droit et à la morale n’est pas si tranchée qu’il y paraît.

Selon son avis, « l’adoption d’une technologie engendre[rait] des conséquences dont certaines [seraient] hors du champ d’application de la responsabilité juridique ou contractuelle de ses créateurs, industriels ou utilisateurs. Anticiper, moduler et coordonner ces évolutions permet[trait] d’œuvrer pour la liberté. »

Une telle analyse témoigne d’une démarche méthodologique totalement erronée dans une optique libérale, sans l’ombre d’un doute. Comme rappelé plus haut, le libéralisme repose sur le principe de responsabilité individuelle. Sortez de ce cadre et vous tombez dans le domaine de l’arbitraire socialiste, où l’individu peut être dégagé de sa responsabilité – ou au contraire rendu coupable – sous couvert d’arguments expression de totalitarisme. La question de la « libéralité » de toute technologie, nouvelle ou pas, future ou passée, ne peut trouver de réponse que dans le cadre de la responsabilité individuelle, sans échappatoire aucune.

L’erreur consiste donc à se tromper d’enjeu en rapport avec la technologie. Concrètement, dans la phrase « l’adoption d’une technologie engendre des conséquences… » le mot important n’est pas « conséquences », mais « adoption ». C’est en effet le mauvais usage, la mauvaise « adoption » de la technologie qui peut engendrer des « conséquences » – dont l’utilisateur reste toujours responsable, quoi qu’il advienne.

Comme « une technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi », il s’agit que toute nouvelle technologie prenne sa place dans la société sans altérer les mécanismes sociaux qui touchent au ‘bon’ et au ‘mauvais’, c’est-à-dire en pratique au droit. Autrement dit, toute technologie utilisée sans respect des principes de droit antérieurs ne devient pas mauvaise, mais engage la responsabilité de son usager, qui doit répondre de toute atteinte de la propriété d’autrui.

On pourrait penser que c’est l’inventeur qui doit être responsable. Après tout, si Oppenheimer n’avait pas fait aboutir le sinistre projet Manhattan, Hiroshima et Nagasaki auraient connu un tout autre destin. C’est pourtant là aussi une analyse de courte vue. On ne compte pas le nombre d’inventions dont les usages les plus communs ne sont en rien ceux que l’inventeur avait imaginé à l’origine. Un exemple ? Le protocole TCP/IP d’Internet, le téléphone, la fibre optique, le laser, la recherche des nombres premiers… L’inventeur ne peut pas anticiper tous les usages, dont certains auront lieu bien après sa mort, il ne saurait donc être responsable à la place des usagers.

On peut illustrer par quelques exemples, passés ou plus récents, d’adoptions technologiques pouvant poser question. Commençons par quelque chose de simple. Le courrier postal a toujours connu la protection des envois via une enveloppe, dont il est facile de déceler si elle a été violée ou pas. L’équivalent en émail n’existe pas de manière ‘naturelle’, le mail a été ‘mal’ inventé en ce sens qu’il n’avait pas d’enveloppe à son origine, le message pouvant être lu par autrui, les ‘postiers’ administrateurs des machines sur son chemin. Puis on a rendu possible le chiffrement (cryptage en mauvais français) justement pour l’envelopper. Mais l’État s’est alors arrogé le droit de casser cette protection à sa guise. Belle atteinte au droit antérieur.

La question n’est pas propre aux seules ‘nouvelles’ technologies, et je prendrai l’exemple des barrages. Sources d’eau et/ou d’énergie une fois mise en place, ils sont aussi une menace en cas de destruction pour les vallées en contrebas. Mais surtout, auparavant, leur mise en place suppose bien souvent le déménagement plus ou moins forcé des habitants de la vallée cible. La technologie là encore n’est pas le problème, mais la question porte bien sur les modalités de son adoption – qui décide ? – et du pouvoir potentiellement nocif que peuvent en tirer ceux qui mettent la main dessus.

Enfin, pour être plus ‘moderne’, on peut aussi prendre la biologie et/ou la génétique. Me faire cloner pose-t-il problème en soi ? Si mon clone devient un être humain comme un autre, avec sa responsabilité pleine et entière, je ne vois pas pourquoi. Que cela pose des questions troublantes, bien sûr. Mais tant que le droit est respecté, la technologie peut trouver sa place dans la société et y jouer un rôle dont l’utilité sera arbitrée par le marché.

L’exemple de l’Iran nucléaire semble pourtant démontrer que la technologie entre les mains d’un « gugusse » plus ou moins acariâtre est de nature à ébranler, menacer la pérennité de l’état. Pourtant, tout libéral sait bien que la pérennité de l’état de droit est bien plus en danger de par l’abus qu’en font bureaucratie et politiciens au quotidien que du fait de n’importe quel « gugusse » gesticulant depuis son minaret ou sa guérite. Ce n’est pas en changeant le droit qu’on évite les abus, mais en rendant un tel geste dissuasif.

Je constate au quotidien que bien des gens ont souvent tendance à compliquer inutilement les choses. Or la liberté, c’est toujours simple. La bonne nouvelle, c’est de pouvoir affirmer, ou rappeler, que le droit libéral transcende et doit transcender toute technologie dans ses usages. Il ne peut donc pas y avoir de technologie qui soit, ni aujourd’hui, ni demain, une menace pour l’humanité. Il n’y a que des hommes à dissuader de malveillance dans son usage.

Auteur : Stéphane Geyres, Institut Coppet

Source : www.contrepoints.org

L’UE veut homogénéiser les droits de Propriété Intellectuelle


La mise en place d’un marché unique pleinement intégré pour les droits de propriété intellectuelle (DPI) représente l’un des moyens les plus concrets de libérer le potentiel d’innovation et de créativité de l’Europe. Une approche coordonnée à l’échelle de l’UE permettrait de mieux protéger les droits de propriété intellectuelle et de renforcer la lutte contre le piratage et la contrefaçon.

Selon une enquête indicative réalisée en 2002, les sociétés classées parmi les «Fortune 500», tirent de 45 % à 75 % de leur richesse des DPI qu’elles possèdent. On estime qu’en 2009, les actifs incorporels représentaient environ 81 % de la valeur du S&P 5005. Toujours en 2009, dans chaque pays de l’UE, les dix premières marques valaient en moyenne quelque 9 % du PIB par habitant6. Les DPI incitent à investir dans la recherche et le développement techniques (1,9 % du PNB des pays de l’UE en 2008) et protègent ces investissements. Les secteurs de la création reposant sur les droits d’auteur (qui incluent la production de logiciels et bases de données, la publication de livres et journaux, l’industrie musicale10 et l’industrie cinématographique) pèsent 3,3 % du PIB de l’UE (chiffre de 2006).

La mise au point de technologies toujours plus sophistiquées (smart phones ou tablettes PC, téléphonie mobile de troisième génération et au-delà, électronique grand public, voitures plus «vertes», trains à grande vitesse…) dépend de milliers de brevets.

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Le phénomène du piratage et de la contrefaçon constitue une menace pour l’économie européenne, car il casse les prix et fragilise l’activité des fabricants de produits authentiques. Il représente également un risque pour les consommateurs, les produits contrefaits enfreignant souvent les normes sanitaires et de sécurité.

Cette menace est aggravée par le développement d’internet, qui favorise le téléchargement illégal de musique, de films, de logiciels et d’autres contenus faciles à numériser. Aujourd’hui, la contrefaçon ne se limite plus aux articles de luxe. Elle englobe des produits courants comme les denrées alimentaires, les cosmétiques, les médicaments et les pièces détachées pour automobiles.

Pour remédier à ce problème, la Commission propose de moderniser la législation européenne sur les droits de propriété intellectuelle, qui protège les œuvres artistiques, littéraires et musicales (droits d’auteur), les découvertes et les inventions (brevets), ainsi que des mots, expressions, symboles et dessins (marques).

Des produits authentiques et sûrs

Les droits de propriété intellectuelle sont d’une importance vitale pour les 25 millions de petites et moyennes entreprises dans l’UE : ils protègent leurs investissements dans de nouveaux produits et services, les aident à obtenir des financements et stimulent la concurrence.

La Commission propose (pour télécharger le document complet : Vers un marché unique des droits de propriété intellectuelle) :

– de créer un système unique de protection des brevets, permettant aux inventeurs de déposer un seul brevet valable dans la plupart des pays de l’UE, et donc de réduire leurs coûts et leurs charges administratives ;

– de renforcer la protection des marques commerciales en mettant en place un système plus simple, rapide, efficace et cohérent ;

– de faciliter l’accès aux œuvres protégées par le droit d’auteur, notamment sur internet, en mettant l’accent sur l’héritage culturel européen.

La stratégie proposée vise également à améliorer l’efficacité des mesures de contrôle, aussi bien dans l’UE qu’à ses frontières et dans ses partenariats avec des pays non membres.

La Commission présentera des propositions concrètes d’ici à 2014. Les pays de l’UE ont saisi environ 118 millions d’articles de contrefaçon en 2009, dont 18 % représentaient une menace pour la santé publique. Un régime européen des DPI doit permettre le développement de secteurs comme celui du commerce électronique et celui des technologies numériques, où réside le plus grand potentiel de croissance future. Les droits de propriété intellectuelle incluent les droits de propriété industrielle, tels que les brevets, marques, dessins et indications géographiques, les droits d’auteur et les droits voisins.

Source : www.infodsi.com

Canada / Innover, être créatif… c’est à votre portée


«Le créatif pour les nuls» aurait tout aussi bien pu constituer le titre de cette chronique. Je sais, vous pensez tout de suite que la créativité est le privilège des grands esprits, des inventeurs, des savants, des artistes tels Einstein, Disney, Edison, Picasso et Guy Laliberté.

Or, dans notre quotidien, nous avons régulièrement à résoudre diverses problématiques :

• Comment organiser l’ouverture officielle la plus réussie ?
• Comment recruter/attirer le meilleur employé ?
• Comment déterminer les objectifs annuels du département des ventes ?
• Quel pourrait être notre nouveau slogan ?

Comment l’entrepreneur, le commerçant, le chef d’équipe, le vendeur de produits électroniques ou l’organisation peuvent-ils faire face aux défis quotidiens et poser des gestes créatifs en trouvant des solutions originales ?

En pensant comme un enfant

Plusieurs études l’ont démontré, la majorité des enfants d’âge préscolaire sont créatifs. Plus il fréquente l’école (âgés de 5 et 10 ans), plus leur créativité tend à régresser. En effet, en développant d’autres compétences au sein de ces environnements généralement plus traditionnels nous délaissons nos aptitudes créatives.

Ces façons de penser que sont l’écoute de nos intuitions, le regard neuf, questionner l’évidence ou la naïveté se sont endormies. En les stimulants, ces aptitudes jumelées à nos expériences accumulées font de nous des êtres innovateurs. C’est l’un des secrets créatifs que nous a livrés Normand Michaud d’Innovexcel lors de sa conférence tenue au congrès annuel du CQCD en mars dernier.

Ce sont justement nos expériences qui au fil du temps nous ont conditionnés dans des raisonnements automatisés. Par protection ou conditionnement, nous avons érigé des blocages à l’expression d’une innovation productive, nous souligne M. Michaud.

Voici une liste non exhaustive des freins les plus communs à la créativité :

• Ne pas croire en ses capacités créatives.
• Fonctionner sur le radar (fausse évidence).
• Éviter l’inconfort.
• Rester dans le cadre établi.
• Se mettre des contraintes qui n’existent pas.
• Avoir peur (d’avoir l’air fou, de se tromper, d’être jugé, etc.).
• Blocages organisationnels : les pratiques de gestion, le statu quo, le non-droit à l’erreur, les normes et les règles, le leadership non renouvelé. etc.

La créativité est une technique : tout être humain peut l’utiliser

L’auteur Michael Michalko a étudié plusieurs génies créatifs et a décelé des points communs et des façons de faire pour bâtir notre potentiel créatif. Sa conclusion : Les génies créatifs savent COMMENT penser plutôt que QUOI penser.

En effet en général, nous résolvons nos problèmes en pensant REPRODUCTIVEMENT, en cherchant la réponse exclusivement dans ce qui a fonctionné dans le passé. Lors de confrontation de problématique, les génies créatifs vont penser de façon PRODUCTIVE à d’autres moyens d’aborder le problème.

Plusieurs stratégies ont été proposées par Normand Michaud pour développer notre potentiel créatif, en voici les principales :

1 – REDÉFINIR la problématique : donne plus de perspectives pour résoudre le problème. La façon de formuler le problème va induire différentes réponses. Voir les raisons à l’origine de la problématique. Ex. : un gestionnaire dit rechercher un nouvel employé. Or, la principale raison étant qu’il veut ouvrir les mercredis soirs (3 heures), il réalise qu’en augmentant les heures d’une employée à temps partiel : les deux seraient gagnants.

2 – REFORMULER en changeant le verbe permet de suggérer des pistes de solutions ex. : compléter les ventes, étendre les ventes, grossir les ventes, etc.

3 – SORTIR DU CADRE pour avoir des idées, puis faire fonctionner les idées à l’intérieur du cadre. En utilisant la technique d’enlever un « fait » dans la situation pour aider à générer des idées ou exagérer ex. : Un commerce sans employé en gestion de commerce, quant à la base on cherche à attirer un employé idéal pour nous aider dans la vente-conseil et la comptabilité.

4 – Dans le processus créatif, inclure des gens « naïfs », car ils ont moins de contraintes. Il est d’ailleurs déconseillé d’inclure dans l’équipe de création un expert.

5 – Poser des questions folles ou évidentes/fantasmer.

6 – Exagérer par inversion ex. : lors d’un remue-méninges pour organiser une ouverture officielle réussie – quelle serait la pire ouverture officielle ?

7 – Travailler avec les analogies ex. : recruter le meilleur employé – tester avec « trouver le meilleur chum ».

8 – Le Remue-méninges est une technique visant la quantité avant la qualité. Il faut aller rapidement pour ne pas analyser. Faire des vagues de deux minutes par exemple. Avec des groupes, mettre les tables en concurrence ex. : trouver cinq idées, puis dépasser ce nombre.

La formation aux techniques de créativité est utile, mais l’effort réside aussi dans la motivation, l’entrainement et le climat de travail propice à l’émergence du cheminement créatif.

L’innovation naît d’un ensemble de petits éléments. Elle est à votre portée. Saisissez-la! Avec un peu de répétition, il est simple et amusant de développer votre intelligence créatrice. Cette innovation est drôlement essentielle à la rentabilité de votre entreprise et elle doit émerger de chaque membre de votre équipe.

Pour plus d’informations, vous pouvez joindre le Commissariat au commerce au 819 472-6705, info@commerce-drummond.com ou www.commerce-drummond.com.

Les sources :

– « Innover au quotidien : les secrets des génies créatifs ! » par Normand Michaud, conférence le 29 mars 2011 au congrès annuel du CQCD.

– « Être créatif en entreprise – Pourquoi pas ! » par Normand Michaud, président d’INNOVExcel Consultants Inc, 2011, www.innovexcel.com

Auteur : Commissariat au commerce

Source : www.journalexpress.ca

La cuisine à la sauce high-tech


La cuisson solaire tout terrain

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Ce dispositif s’adapte très bien dans une cuisine tout comme à l’extérieur pour des activités en plein air. Nommé Hot-Liner, cette invention des trois coréens Yonggu Do, Sukhoon Hong et Eunha Seo est une machine de cuisson fonctionnant à l’énergie solaire. Prenant la forme d’une large ceinture, elle est dotée de batteries et de panneaux photovoltaïques tous flexibles. Pour l’utiliser, c’est simple, laisser Hot-Liner exposée au soleil pour que sa batterie se charge. Après ça, il faut lui donner la forme adéquate selon l’ustensile à utiliser, poêle, casserole… Il n’y a plus qu’à cuire !

Une machine à faire vieillir le vin

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Nul besoin d’être connaisseur pour savoir que le vin s’améliore avec l’âge. Raison pour laquelle Mika Yamamoto a inventé une cave à vin pouvant faire vieillir plus rapidement le vin. Nommé Wave, l’appareil diffuse des ultrasons qui agissent sur les molécules d’alcool. Il intègre également un système de refroidissement magnétique. Un procédé qui exploite les capacités de certains matériaux à changer de température lorsqu’ils sont exposés à des champs magnétiques. Contrôlé via un écran tactile placé sur la porte, il est conçu pour optimiser l’espace de stockage et réduire la consommation d’énergie.

De l’eau mesurée à la goutte près

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L’eau est incontestablement l’élément le plus utilisé dans la cuisine : du nettoyage de légumes à la préparation des pâtes en passant par le lavage des mains, s’il existe un élément indispensable, c’est bien l’eau. D’où l’idée de créer le robinet intelligent pouvant débiter avec précision le volume d’eau souhaité à la température voulue. Jasper Hou, l’inventeur l’a baptisé No More No Less. Les réglages s’effectuent depuis un écran LCD. Par défaut, l’eau est coupée automatiquement après 30 secondes d’utilisation. Un robinet qui devrait rapidement faire baisser le montant de votre facture d’eau.

Cornucopia, la botte secrète des mauvais cuisiniers

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Qui a dit qu’il fallait être un chef pour réussir des recettes ? À défaut de talent, il faut juste s’armer de technologie. Cornucopia de Marcelo Coelho et Amit Zoran correspond bien à cette problématique. Il s’agit d’un appareil capable de fabriquer des plats préconçus. Muni de réservoirs où vous stockez les ingrédients, il se charge de réaliser un met selon votre commande. La forme, la texture et la présentation de votre plat peuvent alors être personnalisées. Cornucopia est dotée d’un système de refroidissement et de cuisson. De quoi surprendre vos invités, encore faut-il qu’ils ne découvrent pas le pot aux roses.

Glaciale transparence

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La porte de ce frigo est opaque mais dotée d’une commande tactile grâce à laquelle on peut la rendre transparente. Ce frigo original inventé par Yoonjung Kim et Jongrok Lee est conçu pour nous faire permettre de visualiser son contenu sans avoir à l’ouvrir. Outre son côté pratique, il fait également baisser la consommation en électricité.

Créer des assiettes personnalisées via internet

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Nick Smigielski vient de dévoiler un concept tout à fait unique nommé Morphware. Il s’agit d’un appareil connecté à Internet, capable de métamorphoser des assiettes en leur donnant les formes que vous souhaitez. Pour ce faire, placez des disques prévus à cet effet à sur Morphware, recherchez sur la toile la forme qui vous convient et via l’application, procédez à la transformation. Comme par magie, les disques adoptent sous vos yeux le design que vous aviez choisi. Un concept qui vous donnera l’impression de télécharger des assiettes sur le net.

Escargot chauffant

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Snail, en français : escargot, est un appareil de chauffage par induction que l’on doit à Peter Alwin, son créateur. Ce dispositif léger, non-encombrant et portatif se fixe tel un escargot sur la surface externe de tout ustensile métallique, grâce à des aimants, afin d’en réchauffer ou cuire le contenu. De plus, il est censé grâce à ses capteurs être capable de choisir la température et la durée idéale de cuisson.

La cuisson à 360°

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Le principal attrait de cette création de lombard Antonio Lanzillo est d’offrir une vision optimale de la cuisson. Pour cela, les quatre façades de l’appareil sont en verre transparent résistant à la chaleur, soutenues par un corps en acier inoxydable. Encore faut-il pouvoir placer son four en plein milieu de sa cuisine pour pouvoir admirer son poulet sous toutes les coutures. Il est également équipé d’un écran LCD en plus des habituels boutons de contrôle.

Une casserole qui annonce la couleur

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Beaucoup d’entre nous se brûlent les doigts en cuisine à défaut de pouvoir anticiper la température des ustensiles. Les designers William Spiga et Juliana Martins ont donc créé le Coral Thermochromic Pot. Une casserole qui vous met en garde contre les brûlures. Si elle est brûlante, les tâches qui en font le motif deviennent rouges, tandis que celles-ci sont bleues quand elle est à température ambiante.

Robot nettoyeur

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Le designer Tim Leeding voit très grand et surtout très loin avec son concept Bult-R-Bot. Un « robot à tout faire » pour s’occuper du ménage et de la cuisine dans une résidence de standing. Apte à planer dans les airs, ses capteurs et sa caméra lui permettent de repérer les zones à nettoyer. Il est muni de bras aussi agiles que celles d’un humain avec lesquels il procède aisément au nettoyage et à la cuisine. Un gadget qui peut assurer une propreté irréprochable et réaliser des prouesses en cuisine mais qui n’est pas prêt de débarquer avant un bon demi-siècle.

L’électroménager s’offre un show lumineux

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On a vu beaucoup d’idées originales mais celle de David Cassells semble tout droit sortie d’un univers encore inexploré. Le constat est simple, l’éclairage de nos équipements électroménagers est aujourd’hui d’une banalité affligeante et uniquement conçu dans un but utilitaire. Les jeux de lumière deviennent ici un véritable élément décoratif et évolutif au gré des saisons et de votre humeur.

Dessine-moi une cuisson

plaque_decuisson_dessin

Nommée Cook-Art, cette cuisinière créée par Fatih Can Sariöz propose une manière on ne peut plus facile de cuisiner. Affichant une surface tactile dotée de capteurs, vous dessinez avec vos doigts les zones de cuisson. L’appareil utilise un système d’induction et ne réchauffe qu’au niveau des surfaces que vous avez préalablement marquées. Différents modes de cuisson et cinq niveaux de chauffage sont disponibles.

Halo : le grille pain enveloppant

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Avec les dernières avancées technologiques, certains appareils connaissent de vraies métamorphoses. Cette fois-ci, ce sont les grille-pains qui sont touchés. Voici Halo, un grille-pain plat et flexible. Pour le petit déjeuner, vous enveloppez la quantité de pain désirée avec Halo. Lorsque les tartines sont prêtes la surface vire au rouge. L’appareil peut s’enrouler sur lui-même ou se plier tel un classeur afin d’être rangé aisément.

Donnez une autre dimension à vos épluchures

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Gustavo Messias, un designer brésilien, a créé pour Whirlpool, le Kitchen Waste Manager un équipement capable de recycler à la volée tous vos déchets organiques. Sur le plan de travail est inséré une planche à découper qui intègre une trappe pour l’évacuation de tous les déchets recyclables. Ils tombent alors dans un séchoir pour être finalement transformer en granulés. Deux options sont alors possibles : les utiliser comme engrais ou les destiner à la fabrication de bio carburant. De quoi donner une nouvelle dimension à la corvée d’épluchage de patates !

Auteur : Anja François RANDRIAVANIAINA

Source : www.bestofmicro.com