La start up Terraotherm lutte contre la pollution industrielle et embauche


Courant décembre, Terraotherm, start-up industrielle œuvrant dans le génie thermique, va installer son siège social dans la zone d’entreprises du Repdyck à Grande-Synthe, sur 1 000 m2. Les dirigeants de la société vont y développer leur échangeur thermique révolutionnaire en milieu industriel et créer une trentaine d’emplois.

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Jaouad Zemmouri, inventeur de l’échangeur thermique Terrao, et Audrey Keunebrock, présidente de Terraotherm.

« C’est un grand saut dans le bain industriel ! » C’est ainsi qu’Audrey Keunebrock et Jaouad Zemmouri qualifient le développement de leur entreprise Terraotherm dans le Dunkerquois. Cette start-up de huit salariés va installer son siège social à Grande-Synthe, dans la zone d’entreprises du Repdyck, pour y développer son échangeur thermique Terrao, dans le milieu industriel.

« La chaleur qu’on va récupérer va resservir. C’est un cercle vertueux où l’on produit de l’énergie en recyclant. »

Ce système révolutionnaire, inventé par Jaouad Zemmouri, directeur scientifique et professeur de physique à l’université de Lille, permet de produire de l’air au taux d’humidité souhaité à partir de l’air vicié. L’appareil récupère la chaleur de l’air en la débarrassant de son humidité. « Faire passer l’air dans l’eau, cette idée n’avait encore jamais été explorée. Notre échangeur est performant car il fonctionne en circuit fermé, il est très économe en énergie », explique Audrey Keunebrock. Les serres du lycée agricole de Rosendaël ont été l’un des premiers clients de Terraotherm dans le Dunkerquois. L’expérience est réussie, avec une réduction de 45 % la consommation d’énergie.

« La technologie peut sauver la planète »

La technologie a un énorme potentiel avec un champ d’applications très divers : récupération et recyclage de l’air des centres commerciaux, des maternités, des élevages agricoles et surtout des fumées industrielles. C’est pour cette raison que Terraotherm s’installe dans le Dunkerquois. « Le but, c’est qu’il n’y ait plus d’effluents gazeux dans le ciel. La chaleur qu’on va récupérer va resservir. C’est un cercle vertueux où l’on produit de l’énergie en recyclant. »

Pour Terraotherm, le tissu industriel dunkerquois «  est une énorme chance, il est très dense, glissent Audrey Keunebrock et Jaouad Zemmouri. Il y a vraiment un vivier d’énergie et de savoir-faire ici.  » La start-up compte bien en profiter et recrute (lire ci-dessous). Avec un chiffre d’affaires de 1,1 million, qui devrait être doublé en 2017, Terraotherm va embaucher une vingtaine de salariés à temps plein pour son installation à Grande-Synthe, prévue en décembre. « Dans l’année à venir, nous espérons créer une dizaine d’emplois supplémentaires », projettent les dirigeants, impatients de développer leur technologie au monde industriel avec ce leitmotiv : « Le réchauffement climatique n’est pas inéluctable. La technologie peut sauver la planète. »

Les profils recherchés

La start-up Terraotherm, qui compte actuellement huit salariés, a déjà embauché une assistante administrative et deux chauffagistes ont déjà été recrutés. Le recrutement est progressif. Pour l’heure, la start-up recherche deux soudeurs métal (inox), un soudeur plastique, un ingénieur mécatronique, un dessinateur projeteur expérimenté pour travailler dans le bureau d’étude. Vous pouvez envoyer vos candidatures par mail : cg@terraotherm.com.

Terraotherm à la COP 22 à Marrakech

Dès vendredi, Audrey Keunebrock et Jaouad Zemmouri, dirigeants de la start-up industrielle Terraotherm, s’envoleront pour Marrakech où se tient depuis lundi la COP 22, la conférence sur le réchauffement climatique. « Nous sommes l’une des seules entreprises nordistes à être présente là-bas. » C’est l’association Innovation citoyenne et développement durable (ICDD) qui les a invités. « À leur demande, nous étions déjà à la COP 21 à Paris car l’ICDD considère que notre échangeur thermique est une technologie innovante qui aide à lutter contre le réchauffement climatique. » Les dirigeants de Terraotherm comptent bien sur l’effet boule de neige.

Audrey Keunebrock et Jaouad Zemmouri vont participer à des débats pour tenter d’attirer l’attention des décideurs économiques et politiques sur le recyclage de l’énergie industrielle. Une chose loin d’être aisée, selon la présidente de Terraotherm : « Nous allons essayer de savoir ce que pensent les politiques qui ne sont pas très technologiques dans leur approche. Ils ne s’intéressent pas forcément à nous. Sur le réchauffement climatique, ils crient souvent au loup sans vraiment trouver de solution. »

Pour autant, dans le Dunkerquois, Audrey Keunebrock et Jaouad Zemmouri ont trouvé une oreille attentive : « Nous avons été soutenu par la communauté urbaine et par le maire de Grande-Synthe Damien Carême, qui ont tout de suite vu l’innovation. » La start-up a également signé un partenariat avec Dalkia, filiale d’EDF qui a acheté la licence pour exploiter l’échangeur thermique. L’entreprise est à la recherche d’autres partenaires mondiaux. À Marrakech, ce week-end, ils tenteront le même pari avec les décideurs mondiaux, sur un marché du développement durable qui représente des milliards d’euros.

Auteur : AÏCHA NOUI

Source : www.lavoixdunord.fr

Canada / Le capitalisme au service de l’environnement


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Quand je n’ai pas de petites bouteilles d’eau à la maison, j’en bois moins. Mais ma conscience m’empêche d’acheter ces satanées bouteilles, une véritable plaie pour l’environnement.

Voilà qu’un inventeur a trouvé une alternative recyclable à la bouteille d’eau en plastique.

Pour l’instant, ces contenants en carton ciré, petit format, coûtent cher, soit 1,79$ la bouteille. Mais avec le jeu de la concurrence, quelqu’un va inévitablement proposer un produit semblable à plus faible coût

Le libre-marché dans toute sa splendeur : dès qu’un besoin est identifié, quelqu’un va travailler à le satisfaire à un coût acceptable pour le marché.

Dire que certains rêvent encore d’une économie dirigée par l’État.

Auteur : Lise Ravary

Source : www.journaldemontreal.com

Canada / Le maître du génie chimique traditionnel est marocain


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Professeur titulaire, membre du conseil d’administration de l’École Polytechnique de Montréal et de plusieurs sociétés savantes, Jamal Chaouki est un exemple d’intégration et de réussite. Détenteur de 22 brevets d’invention, il se passionne pour le recyclage des déchets et sa notoriété en la matière est mondiale.

Exceptionnel et passionnant ! C’est ainsi que l’on peut qualifier le  parcours de Jamal Chaouki, professeur au département de génie chimique et directeur du Centre de recherche en ingénierie des procédés à l’École Polytechnique de Montréal. Né dans un quartier populaire de Casablanca et d’origine modeste, ce scientifique que l’on peut qualifier de savant est aujourd’hui l’un des plus grands chercheurs en génie chimique traditionnel (1) dans le monde. C’est aussi au sein de la diaspora marocaine un exemple d’intégration réussie au Canada. Membre du conseil d’administration de l’École Polytechnique de Montréal, il est à la tête d’un des meilleurs laboratoires au monde dédiés au traitement thermique.

Et pourtant, ses débuts au Canada étaient plutôt difficiles. «Ici, rien n’est donné, il faut faire ses preuves !», souligne-t-il. C’est à force de travail sans relâche, de courage et de patience qu’il a fait sa place. Aujourd’hui, ses compétences sont reconnues aux quatre coins du monde. Outre ses fonctions au sein de Polytechnique, il est, entre autres, consultant d’une vingtaine de compagnies à travers le monde. Malgré son emploi du temps chargé et ses nombreux engagements professionnels, le professeur Chaouki montre une écoute très attentive à tout interlocuteur. C’est aussi avec passion qu’il nous parle de son domaine d’expertise que sont les déchets. Sur ce plan pour lui aussi, «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme».

«Dans l’industrie quand un produit est fabriqué, 75% de ce qui est produit sont des déchets. Par la suite 60 à 70% des 25%, qui représentent la matière produites, se retrouvent en déchets dans moins d’un an», avance-t-il. «C’est juste pour dire à quel point on risque d’être envahis par les déchets», renchérit-il. Recycler les déchets en tout genre est devenu ainsi son cheval de bataille. Recyclage du plastique, recyclage des pneus… avec lui et son équipe, c’est no limit ! A entendre le professeur Chaouki parler de ses inventions, on a l’impression que chaque matière peut avoir une vie sans fin. Au Maroc, avec l’Office chérifien des phosphates (OCP), c’est sur le recyclage du soufre utilisé pour s’attaquer aux roches que travaille le chercheur.

«Le Maroc achète entre 500 et 800 millions de dollars dépendamment du coût du soufre pour faire de l’acide sulfurique destiné à attaquer la roche de phosphate pour la dépourvoir du calcium. C’est ainsi que 20 millions de tonnes de phosphogypse (soufre + calcium) qui sont jetées à la mer chaque année car pour chaque tonne de phosphate produite, ce sont 4 à 5 tonnes de calcium qui se lient au soufre dans l’opération d’extraction», explique le professeur Chaouki. Aujourd’hui le moyen est trouvé pour séparer le soufre du calcium et pour que ces deux éléments soient utilisés indépendamment.

Au niveau du soufre ce sont de vraies économies d’échelle et une indépendance du marché mondial qui pourraient être réalisés puisque le déchet industriel pourra être réutilisé de nouveau pour l’extraction du phosphate. Quant au calcium extrait de la roche, il peut être exploité par l’industrie des ciments et générer ainsi des gains. Mais l’intérêt d’une telle démarche scientifique n’est pas uniquement à ce niveau il est aussi environnemental. Le projet de recyclage du soufre va permettre à OCP d’éviter de verser du phosphogypse dans la mer. Pour l’heure, ce sont deux brevets d’invention sur ce traitement qui ont été déposés par le chercheur et un de ses étudiants au profit d’OCP. Les inventions devraient se traduire par la mise en place d’une unité pilote au Maroc dans le cadre d’un partenariat entre l’Ecole Polytechnique et OCP. En gestation depuis deux ans, le projet est aujourd’hui au stade de la signature du contrat de partenariat.

(1) Le génie chimique traditionnel porte sur la conception des procédés industriels dédiés à des domaines tels que la pétrochimie et la chimie fine.

Parcours

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en génie des procédés à l’ENSIC Nancy en France en 1979, Jamal Chaouki a obtenu un doctorat à l’École Polytechnique de Montréal en 1985. Il a été engagé comme professeur adjoint en 1987, puis agrégé en 1991 à l’École Polytechnique de Montréal. Depuis 1995, il est professeur titulaire dans la même école. Il a formé plus que 80 chercheurs au 3ème cycle  et au doctorat et supervisé les travaux de plus de 40 chercheurs post-doctoraux et professeurs visiteurs.

Il a publié plus de 350 articles scientifiques dans des revues avec comités de lecture, plus de 400 autres articles scientifiques et édité 6 livres. Sans compter qu’il possède 22 brevets d’invention. Distingué à maintes reprises, il détient plusieurs prix scientifiques. Il est l’éditeur du journal scientifique «International Journal of Chemical Product & Process Modeling». Il a organisé plusieurs congrès internationaux. Entre autres, il était directeur scientifique et technique du 8ème Congrès mondial du génie chimique en août 2009. Actuellement, directeur du Centre bioraffinage, il supervise 33 chercheurs. Il est aussi membre de plusieurs sociétés savantes, dont l’Académie du Génie du Canada et l’Ordre des Ingénieurs du Québec. Il est aussi membre du conseil d’administration de l’École Polytechnique et de plusieurs compagnies tels que Ecolomondo Inc., et Hibe Inc. Quelle est la clé de sa  réussite? A la question, il répond sans hésitation et avec beaucoup d’humilité : «les autres». Pour lui les échanges avec les personnes qu’il côtoie sont une richesse qui le fait avancer. «Sans les autres nous sommes rien. Il faut toujours écouter ce que disent les autres, ils peuvent toujours nous apporter beaucoup».

Capter le CO2

«La réduction du réchauffement climatique passe par la récupération du CO2 produite par nos usines, cimenteries et autres centrales thermiques». C’est ce que préconise le professeur Chaouki pour réduire les gaz à effet de serre et éviter de dépasser le seuil critique des 2 degrés de réchauffement du climat d’ici 2100. Le chercheur qui travaille profondément sur cette problématique précise qu’il y a cependant un défi à relever pour capter le CO2.

La problématique, en effet, réside dans la séparation du CO2 et de l’azote car la combustion, effectuée en présence d’air (contenant 79% d’azote), produit non seulement du CO2, mais aussi de l’azote et de  processus, précise-t-il. Dans cette démarche, trois solutions peuvent être envisagées, respectivement avant, pendant et après la combustion. La première qui consiste à brûler les hydrocarbures à l’oxygène pur permettant d’éliminer la production d’azote coûte excessivement cher car l’oxygène pur est très dispendieux, indique le chercheur. La deuxième méthode qui se situe durant la combustion repose sur une introduction de l’hydrocarbure dans un premier réacteur, et l’air dans un second compartiment. «Séparés par un solide qui sert à fixer puis transporter l’oxygène vers un hydrocarbure, ce processus, testé sur 700 solides différents, ne s’est pas encore avéré vraiment efficace», expose le Pr Chaouki.

La troisième solution qui se réalise après la combustion est, de son avis, la technique la plus au point. Les gaz de combustion sont plongés dans une solution d’amines pour dissoudre le CO2 et éliminer l’azote sous forme gazeuse. La solution chauffée permet de libérer le CO2 sous forme de gaz. Mais cette méthode nécessite d’énormes quantités d’énergie. «Une centrale thermique au charbon ainsi équipée consomme 20 à 25% de son énergie pour séparer le CO2, le comprimer puis le stocker. Or, le charbon extrait pour ce faire cause plus de tort que de laisser échapper le CO2 dans l’atmosphère», explique-t-il. Aussi la meilleure façon de réduire nos émissions, reste de consommer moins pour économiser l’énergie, ajoute le chimiste.

Auteur : Malika ALAMI

Source : aujourdhui.ma

Mexique / Un scientifique utilise de l’urine pour faire chauffer sa douche ou son repas


Le scientifique a mis au point un prototype près de neuf ans après avoir eu cette brillante idée…

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Le scientifique mexicain Gabriel Luna-Sandoval dans son laboratoire en mai 2013

Il fallait y penser. Gabriel Luna-Sandoval a créé une technologie permettant d’utiliser de l’urine pour chauffer de l’eau, cuisiner et même faciliter les voyages dans l’espace.

A l’aide d’une électrolyse effectuée sur son urine, et neuf ans après avoir eu cette idée de génie, ce scientifique mexicain de 41 ans est parvenu à séparer les molécules d’hydrogène et d’oxygène contenues dans le liquide, et à utiliser l’hydrogène pour produire du biogaz.

« Une grande innovation »

L’oxygène produit pourrait quant à lui servir à respirer en cas d’urgence, notamment pour les astronautes lors des longs voyages spatiaux. Ils pourraient emporter avec eux un petit réservoir d’où ils pourraient extraire l’oxygène de leur urine, estime l’inventeur.

Consultée par l’AFP, l’Agence spatiale mexicaine a affirmé que cette découverte était « une grande innovation », « de haute viabilité ».

Mais pour le scientifique de l’Université de Sonora (nord), le principal intérêt de ce travail est de pouvoir utiliser une substance alternative au gaz de pétrole liquéfié (GPL), qui contribue au réchauffement climatique et pollue l’intérieur même des habitations.

Un « liquide vital »

A force de travail, le scientifique a réussi à créer un prototype : une petite cuve en acrylique de 20 centimètres carrés équipée d’électrodes métalliques, où est stockée et transformée l’urine produite quotidiennement.

Pour chauffer l’eau de la salle de bains et prendre une douche de 15 minutes, il faut seulement 13 à 21 millilitres « de ce liquide vital », précise Gabriel Luna-Sandoval. Et pour faire cuire des haricots dans une cocotte-minute pendant une heure, 70 à 130 millilitres sont nécessaires.

Le biogaz n’a pas d’odeur. « Ni les haricots, ni l’eau de la douche » ne rappelleront à leur utilisateur l’origine du combustible, assure le scientifique en souriant.

Pour réduire les odeurs de la cuve générées par la concentration d’ammoniaque au fil des jours, « nous passons l’urine par un filtre spécial ». Ce filtre pourrait être branché à un tuyau d’arrosage pour être constamment nettoyé, précise-t-il.

« Une viabilité technique »

L’hydrogène produit dans le réservoir peut aussi être utilisé pour faire fonctionner des moteurs à combustion interne. « Nous avons même fait des tests pour mettre en route des petits générateurs d’électricité », explique le chercheur.

Pour recueillir l’urine directement dans les toilettes sans avoir à la transvaser manuellement, le scientifique propose d’installer des urinoirs qui seraient reliés au réservoir de transformation par un système de tuyauterie.

Sa technologie a été brevetée il y a un mois, et selon Ulises Cano, membre du Système national des chercheurs du Mexique, et expert en électrochimie, l’invention « n’est pas insensée » et possède « une viabilité technique ». Reste maintenant à déterminer « si elle possède une viabilité économique », indique-t-il.

Auteur : Clémence Apetogbor

Source : www.20minutes.fr

Un inventeur israélien transforme les déchets alimentaires en gaz


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Faire la cuisine grâce au gaz produit par les déchets alimentaires, c’est la solution que propose la société israélienne Homebiogas. Elle a mis au point un « digesteur » qui transforme la matière organique en biogaz. Si le procédé biologique était déjà connu depuis plusieurs années, Homebiogas en a fait un système à taille humaine qui peut-être installé en quelques heures au fond d’un jardin.

Chaque année, 1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillés à travers le monde, soit un tiers de la nourriture destinée à la consommation humaine mondiale. En Europe et aux États-Unis, le consommateur est le premier responsable de ce gaspillage. Selon une étude de la Commission européenne en 2010, les foyers seraient à l’origine de 42 % des déchets alimentaires, devant l’industrie agroalimentaire (39 %).

Mais avec le système Homebiogas, plus question de jeter les restes de nourriture. En versant un kilo de déchets (restes de nourriture ou déjections animales), le digesteur produit 200 litres de gaz, ce qui permet de cuisiner une heure à feu vif selon l’entreprise.

« C’est une solution pour les pays en développement comme pour les pays développés »

Il y a 10 ans, je me suis rendu en Inde pour une étude sur la pollution des eaux. J’étais hébergé dans un village tout en haut d’une montagne dans une zone totalement isolée. Mais dans leur maison, la famille chez qui j’étais avait…du gaz. Ils m’ont montré leur digesteur artisanal : du fumier de vache était placé dans un trou dans le sol puis pompé dans la cuisine comme gaz de cuisson. Cela produisait également un liquide qui était ensuite utilisé comme engrais.

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Le fonctionnement de la machine. Image : site de Biogas.

« Lutter contre le déboisement »

C’est une super solution pour les pays en développement. Le gaz avec lequel ils cuisinaient était propre et moins nuisible que les fumées issues de la cuisson à partir de bois. De nombreuses études ont en effet montré que l’utilisation domestique de bois de feu cause des maladies respiratoires, notamment chez les femmes et les enfants. Leur initiative permettait aussi de lutter contre le déboisement.

Vidéo du montage de la machine. Page Facebook Homebiogas.

J’ai donc mis en place une équipe avec des amis pour réfléchir à un système commercialisable qui s’inspirerait de ce que j’avais vu en Inde. Je voulais mettre en œuvre une machine que l’on puisse installer facilement chez soi, qui ne soit pas trop envahissante et moche. Nous avons travaillé pendant plusieurs années sur Homebiogas avant de le commercialiser sur Internet à partir de l’an dernier.

Vidéo : une famille utilisatrice de Homebiogas. Page Facebook de Homebiogas.

Ce système est utilisable dans les zones rurales et dans les villages, mais aussi dans les zones périurbaines et urbaines, même s’il faut avoir un jardin. L’avantage, c’est que cela permet d’apporter de l’énergie propre dans des zones où l’accès à l’électricité est difficile. Mais c’est aussi une machine qui peut être utilisée dans les pays développés. En revanche, cela marche mieux dans les pays où il fait chaud : la température accélère le processus.

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Installation à Auja, en Cisjordanie. Photo : page Facebook Homebiogas.

Nous avons déjà vendu 500 Homebiogas sur Internet. Les acheteurs sont souvent des particuliers et viennent de 25 pays différents dont notamment Israël, le Mexique, l’Australie et l’Afrique du Sud. Nous avons également installé des digesteurs dans un village palestinien en Cisjordanie. [Le projet, lancé en 2015 à Al-Awja, avait permis l’installation d’une quarantaine de générateurs de biogaz dans des villages bédouins. Le projet, organisé par le centre Peres pour la paix, avait été financé à hauteur de 500 000 euros par l’Union européenne, NDLR].

Vidéo de présentation du projet dans les villages palestiniens. Page Facebook de Homebiogas.

Le prix est de 995 dollars, soit 880 euros. Selon nos calculs, trois ans suffisent à rentabiliser le produit grâce aux économies réalisées avec la production autonome de gaz et d’engrais. Nous estimons qu’en un an, Homebiogas permet d’économiser six tonnes de CO2.

Auteurs : Yair Teller et Maëva Poulet

Source : observers.france24.com

Les imprimantes 3D sont-elles cancérogènes ?


De plus en plus présentes dans les bureaux et les foyers, les imprimantes 3D pourraient engendrer des risques non négligeables pour la santé.

Si les nanoparticules sont souvent associées aux moteurs diesel, elles pourraient bien se faire une nouvelle place… dans nos foyers. Cette fois, ce sont les imprimantes 3D qui font office de suspect. Une équipe de chercheurs de l’institut de technologie de l’Illinois (USA) vient de réaliser une étude concernant leurs émissions de particules ultra-fines et de gaz potentiellement nocifs.

Les tests ont été effectués sur cinq modèles d’imprimantes que l’on trouve dans le commerce, avec neuf types de bobines de fil – essentiellement en plastique – servant de matière première pour fabriquer des objets. Et les résultats ne sont pas rassurants.

Des émissions potentiellement novices

En utilisant des bobines de type ABS (parmi les plus vendues), les scientifiques ont observé une émanation importante de styrène, un composé chimique classé comme cancerogène par l’institut américain de la santé. Du caprolactame, un gaz irritant et toxique, est également retrouvé en quantité non négligeable lors de l’impression 3D.

CC, Creative Tools – Les bobines de fil sont mises en cause

Interrogé par BFMTV.com, le Dr Brent Stephens, qui a dirigé l’étude, partage son inquiétude. “Selon nos analyses, les seuils d’exposition recommandés peuvent être facilement dépassés en utilisant une imprimante 3D dans un petit espace non ventilé”, explique-t-il. Dans le pire scénario prévu par l’expérience, la concentration de styrène pourrait atteindre 150 μg/m3, un chiffre plus de 20 fois supérieur à la concentration moyenne dans les foyers américains.

Des risques à long terme

Sur une longue période, une exposition régulière au styrène peut augmenter le risque de développer un cancer. Pour Brent Stephens, les professionnels comme les particuliers peuvent donc être concernés. Selon lui, il y a actuellement un manque d’information à ce sujet. “Quelques fabricants d’imprimantes 3D intègrent des avertissements. Mais parmi les modèles testés, les mises en garde concernant les émissions de gaz ou de particules étaient insuffisantes. […] Dans tous les cas, tout le monde ne peut pas contrôler les conditions de ventilation au moment de l’impression 3D”.

Informés des résultats de l’étude, les industriels auraient commencé à développer des solutions pour rendre leurs produits plus sûrs. Des caissons ou des filtres à particules seraient envisagés. Une autre étude sur le sujet est également en cours et devrait voir ses résultats publiés dans les prochains mois. Selon le Dr Stephens, l’enjeu principal est de permettre à l’impression 3D “de poursuivre sa marche en avant”.

Auteur : Raphaël GRABLY

Source : hightech.bfmtv.com

Et si chacun de nous produisait sa propre énergie ?


En France, l’électricité est produite à plus de 75 % par les centrales nucléaires, un cas unique au monde. Moins cher et moins émetteur de gaz à effet de serre que les énergies fossiles, qui sont majoritairement utilisées sur la planète, le nucléaire est pourtant loin de faire l’unanimité. Et si le projet de loi de transition pour une croissance verte prévoit une réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique d’ici à 2025, des initiatives citoyennes se créent pour prouver qu’une source d’énergie plus propre et plus sûre est possible.

Qu’il s’agisse de prototypes ou de projets organisés à plus grande échelle, tous partagent le même objectif : rendre la production d’énergie renouvelable accessible et apprendre aux populations à mieux gérer leur consommation énergétique.

1) De l’énergie solaire sur mon balcon

Pour Jean Walter, ingénieur en génie civil de 63 ans, la production d’énergie renouvelable commence sur le balcon de son appartement en région parisienne. Convaincu qu’il faut commencer à penser à l’après-nucléaire, ce père de famille a décidé de créer un prototype de générateur électrique alimenté par un panneau photovoltaïque. Son objectif n’est pas de remplacer le système électrique de son domicile, mais de mieux comprendre sa consommation d’électricité et de réfléchir à comment la diminuer.

« Mon modèle se veut le plus minimaliste possible, précise Jean Walter. Je suis encore en train de faire des expériences. Je vois ce que je peux alimenter avec mon panneau et comment je peux adapter mes besoins énergétiques. »

Pour la conception, Jean Walter est parti de zéro et s’est inspiré de plusieurs tutoriels sur Internet. Il s’est aussi rendu dans des “FabLabs”, des lieux ouverts au public où l’on peut utiliser des imprimantes 3D, des outils de conception et recevoir des conseils d’habitués.

« J’ai dû tout apprendre, raconte l’ingénieur. Comment programmer le processeur qui fait entrer l’électricité dans la batterie, comment dessiner certaines pièces sur l’ordinateur pour les imprimer ou même comment les assembler. En tout, cela m’a pris deux ans. »

Très enthousiaste quant au résultat, Jean Walter reconnaît tout de même les limites de son projet : « Je peux alimenter des objets électriques qui n’ont besoin que de 12 volts, comme les lampes dans mon salon, ou mon ordinateur, mais chauffer de l’eau, par exemple, ce n’est pas possible ! »

L’ingénieur continue de perfectionner son prototype, pour pouvoir partager ses plans en ligne. Il espère même proposer des kits à monter soi-même : « Pour tendre vers une transition énergétique, il faut une prise de conscience, assure le sexagénaire. Pour ça, les gens doivent tester les choses par eux-mêmes, et tout le monde n’a pas la patience ou le temps de faire ce que j’ai fait. »

2) Construire soi-même son éolienne pour 30 euros

Rendre la production d’énergie plus accessible, c’est également l’ambition de Daniel Connell, qui a mis au point un prototype “DIY” (“Do it Yourself ” : à faire soi-même), à l’aide de matériaux de récupération. Avec une roue de vélo, quelques planches d’aluminium, un cutter et une riveteuse, ce graphiste néo-zélandais peut construire une éolienne à axe vertical en quelques heures, pour moins de 30 euros.

Pragmatique, l’inventeur a choisi ce type d’éolienne parce qu’elle est capable de s’adapter aux lieux où le vent n’est pas régulier. Son modèle produit en moyenne 80 watts si le vent souffle à 25 km/h. « Je voulais que mon prototype soit opérationnel et utile, résume Daniel Connel. Mon objectif n’est pas de responsabiliser les gens, mais de leur donner des solutions concrètes pour produire de l’électricité facilement, que ce soit par conviction, par nécessité ou pour réduire leurs factures. »

Fidèle aux principes de l’open source, il partage sur son site son avancée et décrit la conception de son prototype étape par étape, avec une vidéo en 3D détaillée. Il organise également des ateliers au gré de ses voyages pour mieux accompagner ceux qui le souhaitent. « Je ne verrais aucun inconvénient à ce que quelqu’un reprenne mon prototype pour le commercialiser ou organiser des formations, tant que cela permet à l’idée de se répandre et à l’éolienne de s’améliorer », explique le Néo-Zélandais.

Daniel Connell reste toutefois réaliste, et ne pense pas que la plupart des gens qui ont facilement accès à l’électricité utiliseront son éolienne. « Je ne sais pas comment donner envie aux gens de changer d’habitudes ou de se mettre à créer des choses par eux-mêmes, regrette l’inventeur. Même si j’ai l’impression que ça devient de plus en plus populaire. »

3) Montdidier, la ville laboratoire du renouvelable

Afin de satisfaire la demande énergétique d’une ville, les initiatives individuelles ne peuvent suffire, il faut voir les choses en plus grand. C’était le pari de Catherine Quignon-Le Tyrant, l’ancienne maire de Montdidier, en Picardie, qui lors de ses deux mandats a voulu faire de sa commune un modèle dans la maîtrise de l’énergie.

1 202 panneaux photovoltaïques, quatre éoliennes de plus de 100 mètres de haut, une chaufferie biomasse : depuis 2006, la petite ville de 6 000 habitants accumule les moyens de production d’énergie renouvelable. « Grâce aux éoliennes, nous couvrons 50 % des besoins énergétiques de la ville », explique Rodolphe Bral, directeur de la régie communale de Montdidier.

Lorsque la production est supérieure au besoin de la ville, l’électricité est redistribuée sur le réseau d’EDF, qui a alors l’obligation de la racheter. Les bénéfices ont permis à la commune d’améliorer l’isolation de certains bâtiments et de donner des chèques énergie aux habitants qui souhaitent investir dans une chaudière à granulés ou réaliser une rénovation thermique de leur logement.

Pour rendre la ville totalement autonome, il ambitionne d’étendre le parc éolien et réfléchit à des moyens pour faire des réserves d’énergie lorsque la ville est en surproduction et ainsi combler les journées où il n‘y a pas assez de vent et peu de soleil. « Mais stocker l’énergie, ça coûte encore extrêmement cher, commente le directeur, et pour le moment ce n’est pas rentable. »

Très fier de travailler pour la commune où il a grandi, Rodolphe Bral espère que sa ville est une source d’inspiration. « De toute façon, on n’a pas le choix, il faut réfléchir à la production d’énergie de demain, affirme-t-il. Nos besoins continuent d’augmenter, et vu les incertitudes liées au nucléaire et aux énergies fossiles, le renouvelable reste la meilleure des alternatives. »

Des initiatives citoyennes pour faciliter la transition énergétique

Fatiguée de se plaindre du nucléaire et d’attendre que les élus se mobilisent, Christel Sauvage s’investit depuis plus de vingt ans dans le développement et la promotion des énergies renouvelables.

« Un jour, j’ai compris qu’on nous avait complètement déresponsabilisés avec le nucléaire, explique cette ancienne biologiste de 49 ans. Si l’on n’avait pas massivement investi dans les centrales, notre autonomie énergétique non polluante, on l’aurait déjà aujourd’hui. »

En 2009, elle participe au lancement d’Enercoop Ardennes-Champagne, une coopérative qui fournit de l’électricité verte et qui participe au développement des énergies renouvelables, dont elle est aujourd’hui la PDG. « Notre objectif est de faciliter les choses pour un particulier qui souhaite une alternative au nucléaire. Il peut choisir qu’Enercoop devienne son fournisseur d’électricité ou il peut prendre une part dans la coopérative et en devenir sociétaire », résume Christel Sauvage.

Parallèlement, elle crée l’association Energie partagée, un fonds d’investissement qui permet à tout un chacun en France d’investir dans un projet d’économie d’énergie et de production d’énergies renouvelables. Depuis 2010, Energie partagée a rassemblé plus de 8 millions d’euros et a investit 6 millions d’euros dans vingt projets d’énergie verte. « C’est un placement financier mais il faut être patient, les souscripteurs pourront espérer toucher 4 % de rémunération, mais d’ici huit à dix ans », précise Christel Sauvage.

Christel Sauvage ne se décourage pas, mais voir le manque d’ambition des politiques l’agace : « C’est rageant, parce qu’on aura beau se bouger, faire des coopératives, lancer des projets ambitieux, la transition énergétique ne peut se faire qu’avec un vrai virage politique. »

Auteur : Laura Geisswiller

Source : www.lemonde.fr