L’innovation ignore la crise


Il ne faut surtout pas relâcher l’effort d’innovation.

C’est une bonne nouvelle pour l’industrie française. Après une baisse de 3,6% en 2009, le nombre de brevets déposés en France repart à la hausse. Selon les chiffres publiés par l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), il s’établit en 2010 à 16580, en progression de 3%. Sur ce total, les entreprises françaises en détiennent 12400, soit une augmentation de 4,7% par rapport à 2009.

Cette performance est le signe d’un regain de dynamisme de l’innovation en France. Elle mérite d’autant plus d’être saluée que les brevets publiés en 2010 ont été enregistrés à l’Inpi entre juillet 2008 et juin 2009, donc au plus fort de la crise. Autre signe positif : l’augmentation ne vient pas seulement des grands groupes. Les PME, qui ont accru leurs dépôts de 18,5 % en 2010, y ont fortement contribué.

Même les écoles d’ingénieurs redoublent d’efforts depuis cinq ans, comme le montre notre classement exclusif 2011 publié dans ce numéro. Mais ce tableau idyllique cache de fortes disparités. Si PSA Peugeot Citroën et Renault conservent leurs places de premier et deuxième plus importants déposants de brevets en France, ils réduisent respectivement leurs dépôts de 9 et 38%.

De même, Air liquide chute de 27%. C’est bien dommage, car même en période de crise, il ne faut surtout pas relâcher l’effort d’innovation. D’ailleurs, certains industriels l’ont bien compris. Ils ont au contraire choisi de conforter leur investissement en déposant plus de brevets, à l’instar de L’Oréal (+ 6%) ou d’Arkema (+ 49 %).

Reste à voir si cette dynamique globale de l’innovation en France traduit un renversement durable de tendance ou juste un coup ponctuel. Il faudra attendre les prochaines années pour en juger.

Auteur : Ridha Loukil

Source : www.industrie.com

Quand le CNRS distingue les “innovateurs”


On connaissait les médailles d’or, d’argent ou de bronze du CNRS, parmi les plus hautes distinctions scientifiques françaises. Désormais, le CNRS, le premier organisme de recherche français, va remettre chaque année d’une à cinq “médailles de l’innovation”. L’idée soutenue par Valérie Pécresse doit “permettre aux chercheurs-entrepreneurs d’être reconnus par leurs pairs”, comme l’explique la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

En 2011, pour la première remise des médailles de l’innovation qui a eu lieu mercredi 27 avril au soir, trois personnalités ont été distinguées pour leurs recherches “qui conduisent à des innovations marquantes sur le plan technologique, thérapeutique et sociétal”, détaille Alain Fuchs, le directeur de l’institution. Les premiers lauréats sont l’économiste Esther Duflo, le physicien Mathias Fink et le roboticien François Pierrot.

Normalienne, Esther Duflo est la plus jeune des lauréats (37 ans). Aujourd’hui professeur d’économie au MIT (son CV, en anglais), à Boston, elle est spécialiste du développement et promeut l’expérimentation. En matière d’innovation, elle a décidé d’appliquer la “méthode d’évaluation d’impact par assignation aléatoire” spécifique aux essais cliniques à l’évaluation des projets de développement. Cela permet d’éviter des “biais” pour l’évaluation des projets de lutte contre la pauvreté. La chercheuse a occupé, en 2008-2009, la chaire “savoir contre pauvreté” du Collège de France.

Comme sa jeune collègue, Mathias Fink, 66 ans, a occupé une chaire au Collège de France, en 2009. Il s’agissait de la chaire… d’innovation technologique. Professeur à l’ESPCI , ce physicien est aussi connu pour ses recherches en sciences fondamentales (travail sur les analogies existant entre ondes acoustiques, les ondes optiques et la mécanique quantique) que pour son travail avec les milieux industriels, médicaux et aéronautiques. Ses recherches sur l’imagerie médicale ont permis la création de quatre sociétés (son CV détaillé de ce membre de l’académie des sciences). Lors de la remise de sa médaille, le chercheur a rappelé qu’il y a quelques années, “quand je parlais et faisais de l’innovation, j’étais vu comme le représentant de la clique militaro-industrielle. Les choses ont beaucoup changé depuis…”

Dernier lauréat, le roboticien François Pierrot, 50 ans, est un peu moins médiatique que ses collègues (son CV). Au laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier, le directeur de recherche crée des robots industriels. Il est ainsi l’inventeur du robot “le plus rapide du monde, utilisé sur des chaînes de montage de panneaux solaires ou agroalimentaires, dont le brevet a été racheté par l’entreprise américaine leader dans le domaine”, assure le CNRS.

Toujours selon l’organisme de recherche, ses travaux “profitent à l’industrie, mais aussi à la médecine, comme en témoigne ce robot capable de réaliser des échographies en trois dimensions, conçu en 1997 par le chercheur et son équipe, ou encore cet autre, conçu en 2002, suffisamment adroit pour réaliser des prélèvements de peaux destinés à des greffes”. A l’image de Mathias Fink, le chercheur se rappelait pendant la remise de médaille qu’il y a plusieurs années, “il fallait littéralement se cacher quand on faisait de l’innovation. C’était mal vu, notamment pour son évaluation. Aujourd’hui, l’innovation est beaucoup mieux considérée.”

Cette nouvelle distinction, qui tranche avec les habituelles reconnaissances scientifiques, ne devrait pas plaire à tous au sein de la communauté universitaire. Elle incarne en effet le tournant que le gouvernement veut voir prendre au CNRS, et à l’ensemble des organismes de recherche : accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche plus appliquée. De fait, comme le remarque le sociologue Michel Grossetti, dans le journal du CNRS à paraître en mai, “créer un prix de l’innovation, c’est reconnaître les activités de recherche qui penchent du côté de l’utilité économique et contribuer à leur apporter une légitimité qui leur est parfois contestée par d’autres chercheurs”. Bref, ce prix devrait ouvrir de nombreux débats dans la communauté.

Auteur : Philippe Jacqué

Source : lemonde-educ.blog.lemonde.fr

Braminov’ – 6e Salon Inventions & Créations


La Foire de Bram, les 2 et 3 juillet 2011 de 10 h 00 19 h 00

Lors de la dernière assemblée générale, le président du comité de la Foire de Bram, Raymond GARCIA l’inventeur de l’année 2007, sur M6), a tenu, dans son rapport moral, surtout à remercier ses amis pour leur engagement ainsi que la commune pour son aide financière et technique.

Régis a, quant à lui, présenté un bilan positif de l’année 2010. Ces rapports votés à l’unanimité, il a ensuite été procédé à l’élection du bureau qui a été reconduit dans ses fonctions. « On ne change pas une équipe qui gagne », indiquait le président.

Cette réunion a été surtout l’occasion d’aborder les projets 2011. Ainsi cette année, la foire se déroulera les 2 et 3 juillet, mais sera sensiblement différente des autres années : le samedi à partir de 17 heures, marché nocturne sur l’avenue De-Gaulle.

Une foire un peu différente

Pendant tout le week-end, exposition de maquettes sous les halles et sous réserve, démonstration de modélisme dans le parc des Essarts.

Le Salon des inventeurs continue, Raymond GARCIA précise que dix nouveaux inventeurs ont donné leur accord pour venir cette année. Les halles leur seront réservées ainsi que des tentes à l’extérieur pour des démonstrations.

Le dimanche, vide-greniers, place Carnot et avenue De-Gaulle. Jeanine doit engager des pourparlers avec la MJC pour mettre en place une démonstration de danse country et avec les danses Sévillanes de Carcassonne.

Un karaoké pour les enfants est prévu et pourquoi pas un pour les adultes ? Par ailleurs, deux buvettes sont prévues en différents points de la foire.

Le dimanche, un petit train fera la navette pour transporter gratuitement le public sur le site de la foire.

Une communication plus adaptée et moins onéreuse sera mise en place : site Internet avec l’aide du service communication de la ville, panneaux aux entrées de la ville et des villages environnants.

C’est donc un programme des plus variés que nous présentera cette année le comité de la Foire de Bram.

Pour exposer à Braminov’ – 6e Salon Inventions & Créations, dans la foire de Bram (entre Carcassonne et Castelnaudary) :

– Emplacement de 6 m2 = 40 euros (comprit table, chaise, grille, présentoir éclairage et prise courant) ;
– Possibilité de vendre vos préséries ;
– Installation le vendredi après-midi ou le samedi avant 10 heures ;
– Horaires du public de 10 heures à 19 heures ;
– Chèque à l’ordre de la Foire de Bram ;
– Hébergement au « Clos St Loup »,  Hôtel Accassias, Villepinte, à 7 km de Castelnaudary, nous saurons vous véhiculer.

Attention de prévoir en avance, car il y a beaucoup de participant et les places des chambres d’hôtel sont limitées.

Pour plus d’information, prendre contact avec Monsieur Raymond GARCIA :

Tél : 04.68.76.14.90 – GSM : 06.33.78.75.23

E-mail : garcimetal@free.fr

Le père du Compact Disc nous a quitté


Norio Ohga, ancien PDG de Sony (1982-1995), est décédé samedi dernier à l’âge de 81 ans. Si son nom ne dit peut-être rien à certains d’entre-vous, sachez que c’est (en partie) à cet homme que l’on doit la définition du format du célèbre Compact Disc.

Norio Ohga a également marqué l’histoire de Sony en rachetant le label CBS Records puis en le rebaptisant Sony Music Entertainment, en supervisant le rachat des studios de cinéma Columbia Pictures ou encore en participant au lancement de la PlayStation.

Passionné de musique classique

L’ancien PDG souhaitait ainsi que ce disque de 120 mm de diamètre soit capable d’enregistrer suffisamment de données pour pouvoir contenir la Neuvième Symphonie de Beethoven. C’est donc à cet homme, passionné de musique classique et chanteur baryton, que l’on doit la durée standard de 74 minutes (soit 650 Mo de données) de nos CD.

Norio_Ohga_Sony

Le premier Compact Disc a été commercialisé en 1982, en partenariat avec Philips.

Auteur : Yannick Guerrini

Source : www.presence-pc.com

INNORPI : Création d’un bureau de transfert technologique à Tunis


L’Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle (INNORPI) vient de lancer, en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, un projet portant création d’un Bureau de Transfert de Technologie (BTT) au siège de l’Institut.

Ce projet, lancé dans le cadre de la stratégie de promotion du transfert technologique dans les pays arabes, a pour objectif de faciliter la création d’entreprises innovantes à portée technologique et de permettre aux chercheurs, aux jeunes promoteurs et aux entreprises industrielles innovantes d’accéder, facilement, aux informations nécessaires pour la création et le développement de leurs projets.

Le BTT permet, également, d’informer les investisseurs sur les brevets d’invention à fin de les exploiter (brevets) dans la création de projets à portée technologique.

L’INNORPI et les membres de l’Organisation mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) célèbreront mardi 26 avril, la journée mondiale de la propriété intellectuelle ayant cette année pour thème « concevoir le futur ».

Le choix de ce thème reflète, selon les responsables de l’OMPI, l’importance du design ou « l’esthétique industrielle » dans le commerce des produits et « le façonnage des innovations futures ».

Source : www.tunisiesoir.com

Algérie / Alors que le lien entre la contrefaçon et le terrorisme est avéré


30% des produits du marché algérien sont contrefaits

L’atteinte à la propriété intellectuelle est en train de devenir «la méthode de financement préférée des terroristes et des groupes criminels». Ce constat établi par Chawki Djebbara, professeur à l’École supérieure de la magistrature et ancien directeur général des Douanes, ressemble à un cri d’alarme. Ainsi, après le recours à la contrebande et au trafic de drogue, voilà que les terroristes se spécialisent dans la violation des droits de propriété intellectuelle.

Cette mutation est d’autant plus importante que la contrefaçon est une source de «revenus» impressionnante. Cela représente entre 7 et 10 % des échanges internationaux. Un marché difficilement quantifiable, au coude-à-coude avec le trafic de drogue, d’armes et la vente du brut à l’échelle planétaire. Il est estimé entre 200 et 500 milliards d’euros. Les produits contrefaits et piratés dans le commerce international auraient représenté quelque 250 milliards de dollars en 2009, selon Xavier Vermandele, juriste à la division «respect de la propriété intellectuelle» de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), présent à la journée d’étude sur la contrefaçon organisée jeudi dernier par la Cour suprême.

Lors de travaux, les magistrats, juristes, professeurs et responsables d’instances concernées par la lutte ont estimé, selon l’APS, impérative une coopération internationale devant un phénomène qui se globalise. En Algérie, le seuil limite internationalement établi pour tirer la sonnette d’alarme sur ce fléau (15% des produits du marché) est largement dépassé. Ce taux se situerait, selon les chiffres de M. Djebbara, entre 25 et 30% du marché national.

Cet exercice frauduleux touche toutes sortes de marchandises : matériels informatiques, 8 logiciels commercialisés sur 10 sont contrefaits, vêtements, cosmétiques, pièces de rechange. Son effet est dévastateur pour l’économie nationale, quand il s’agit de la contrefaçon de la monnaie, et dangereux s’il s’agit de médicaments.

En 2006, on estimait à 1,4 million d’articles contrefaits qui entraient annuellement via l’importation et plus de 50% des fabricants de cosmétique exerçaient dans l’informel. Sur la scène internationale, elle touche 12% du marché des jouets, 10% de la parfumerie et des cosmétiques et près de 10 du marché européen des pièces de rechange automobiles. Mais, au-delà de l’interconnexion entre ce fléau et le terrorisme, le mal de la contrefaçon a des incidences néfastes à plusieurs niveaux. D’abord, pour le client avec le risque d’utiliser un produit nocif.

Pour l’entreprise, ensuite, qui risque une diminution des ventes et une perte de prestige. Et pour l’État, une perte évidente de revenus perçus par les taxes. Sans omettre l’effet que cela induit sur le ralentissement de la croissance économique et probablement des pertes de postes d’emploi. Pour une meilleure lutte contre la problématique de ce nouveau terrorisme contre la propriété intellectuelle, les participants à la journée d’étude, tout en reconnaissant l’existence de plans d’action internationaux, insistent sur la coopération internationale dans la lutte contre la contrefaçon.

«Tous les pays de l’Union africaine ont besoin d’aide pour renforcer leur capacité afin d’appréhender et de lutter contre la contrefaçon», a souligné M. Djebbara.

Auteur : Samir Azzoug

Source : www.latribune-online.com

La politique économique de la Russie se transforme en pôle


La région métallurgique de Sverdlovsk veut diversifier son économie. Le Gouvernement régional a l’intention de créer des pôles électrotechniques, chimiques, aérospatiaux, forestiers et autres. Les experts sont sceptiques quant à la réalisation de tels projets : les entreprises, à la base desquelles sont formés ces pôles, ne produisent pas une production compétitive, et les technoparcs ne génèrent pas de nouvelles idées. Comme le montre le correspondant de « RusBusinessNews », en Russie, seul le business dans lequel on peut lire les intérêts concrets des fonctionnaires, a un avenir.

Les autorités de la région de Sverdlovsk ont annoncé que d’ici à 2015 les volumes de la production industrielle dans la région seraient doublés, et que les investissements dans la production seraient triplés. Les fonctionnaires ont parié sur la production d’équipement haute technologie : la stratégie de développement de la région prévoit la création de pôles, de lieux d’exposition d’échelle internationale, et de très grands centres de recherche et de conception.

Les projets des fonctionnaires du Moyen-Oural confirment la tendance présente dans tout le pays de création de l’infrastructure d’innovation nécessaire à la modernisation de l’économie. En Russie des parcs technologiques fonctionnent déjà depuis quelques années, en 2010 leur ont été ajoutés des fonds d’investissements, ainsi que des centres de développement de pôles et de plateformes technologiques. Tous ces instituts ont pour but de soutenir les entrepreneurs liés aux pôles, d’attirer les investissements privés et de former des commandes de la part du monde des affaires en direction de l’Etat pour la réalisation de travaux de recherches scientifiques.

Les réflexions sur l’isolement de la recherche scientifique russe par rapport à la production sont monnaie courante. Souvent, les propositions des scientifiques n’intéressent pas le monde des affaires car elles ne peuvent pas être réalisées, et ce que les entrepreneurs commandent semble secondaire pour les chercheurs. Au final, en Russie s’est formé un système d’innovation « tordu » : d’après les données officielles, 70% des investissements dans les nouvelles technologies proviennent de l’État et seulement 30% des entrepreuneurs privés. Selon Konstantin Kisselev, Directeur exécutif du Centre « Economie Ouverte » (« Otkrytaïa Economica »), ces proportions seraient, en réalité, encore plus impressionnantes.

L’État, affirme Sergueï Kadotchnikov, Directeur de l’École supérieure d’économie et de management de l’Université fédérale de l’Oural, jette très souvent l’argent en l’air, raison pour laquelle le pari a été fait sur les instituts, dans le cadre desquels la décision d’investir est, avant tout, adoptée par les entrepreneurs. Les fonctionnaires promettent qu’ils investiront de l’argent dans les projets dont l’efficacité a déjà été prouvée. D’après Alexandre Petrov, Ministre de l’Industrie et des Sciences de la région de Sverdlovsk, pendant cinq ans, 400 millions de roubles sur le budget régional seront alloués aux travaux de conception qui ont de l’avenir et à leur mise en place.

Ilyas Paderine, responsable du Centre de transfert de technologies de l’Oural, pense que les pouvoir publics tentent de reconstituer ce qu’ils ont ruiné avec succès dans les années 90. La conjonction des efforts des organisations scientifiques, des bureaux d’études et des groupements industriels à l’époque de URSS se réalisait dans le cadre des Ministères, qui s’avéraient être les clients de la production d’innovation. Les pôles conventionnels d’alors travaillaient pour l’essentiel pour le complexe militario-industriel, les branches aérospatiales et atomiques. Selon I. Paderine, ils fonctionnaient assez bien : les seuls inconvénients de ce système résidaient dans la centralisation superflue et l’éloignement du secteur civil de l’industrie.

Créer à nouveau un système produisant de l’innovation sera difficile : soit les instituts qui travaillaient auprès des différentes branches de l’industrie sont déjà morts, soit ils ont été reliés aux corporations et travaillent selon des directions plus étroites. En outre, les établissements industriels sont partiellement ruinés, partiellement revendus et tentent de se frayer une niche sur le marché. Cela leur réussit mal : l’industrie russe n’a pas été modernisée depuis plus de 20 ans, et le niveau de l’ingénierie a chuté, tout comme le nombre d’ouvriers qualifiés.

Pour les experts, il est évident qu’il est nécessaire de former en premier lieu une demande en innovation du côté des grandes entreprises pour qu’il y ait une production concurrentielle, dans le cadre des pôles existants. En Occident, dont les Russes se sont inspirés pour créer des technoparcs, ce sont les grandes corporations qui commandent à de petites entreprises des travaux de recherche et de développement et ainsi, s’avèrent être les consommateurs de la production d’innovation. En Russie les principales compagnies se risquent seulement à investir dans les productions nécessitant peu de transformations, en se contentant d’utiliser les technologies déjà maîtrisées. D’après le Président de l’Union des petites et moyennes entreprises de la région de Sverdlovsk Anatoly Filippenkov, il n’est pas possible de mener à bien la technologie de la fonte du métal aux dépends de sa propre énergie, et ce, en raison du manque de moyens financiers. Dans la région métallurgique de Sverdlovsk elle n’a intéressé personne, et l’entrepreneur a dû s’adressé à des investisseurs allemands.

Les entrepreneurs russes ne sont pas prudents sans raisons. Les fonctionnaires municipaux et régionaux restent très jaloux lors de l’apparition sur leur territoire de nouvelles entreprises ne se trouvant pas sous leur contrôle. Les lourdeurs administratives et les exactions auxquelles se confrontent les investisseurs témoignent souvent de l’absence de désir des fonctionnaires de laisser s’implanter sur leur territoire n’importe quelle production.

Les causes premières de telles relations doivent être recherchées dans les liens étroits entre les fonctionnaires et les entrepreneurs locaux. Un portrait semblable peut également être dressé au niveau fédéral. Le Premier-ministre russe Vladimir Poutine a récemment confié à son cabinet la tâche de s’occuper de la création de pôles dans le secteur de l’extraction du charbon, en développant parallèlement les houillières et les infrastructures de transport, les entreprises de traitement des matières premières et la production d’équipement minier moderne. Or, selon les experts cette décision du chef de gouvernement serait dictée par les efforts de lobby d’un trader pétrolier célèbre dans le pays, qui aurait récemment acheté des houillères à ciel ouvert et un port maritime.

Derrières les belles phrases sur la modernisation, le monde des affaires perçoit parfaitement les pures intérêts de fonctionnaires concrets. C’est pourquoi, en supportant ouvertement la politique du parti gouvernant et du gouvernement, il rend en absurde toute initiative économique des pouvoirs publics. Les technoparcs, avec l’aide desquels les pouvoirs publics souhaitent développer les technologies avancées, sont déjà discédités. Si dans le reste du monde de tels instituts servent à l’amélioration de la logistique et à la création d’un environnement dans lequel les idées, de simples projets se transforment en réalisations, en Russie le business construit des technoparcs, pour les transformer ensuite en d’ordinaires centres d’affaires avec des bureaux dont la location rapporte de l’argent.

Les fonctionnaires ne veulent évidemment pas développer les technologies avancées autrement que sur le papier, ce dont témoigne la sévère augmentation en 2011 des cotisations pour les fonds sociaux qui ont frappé, avant tout, les entreprises d’innovation. Les fruits d’une telle politique se manifestent de façon disctincte dans la région de Sverdlovsk. Lors du dernier forum Euro-Asiatique de construction mécanique, seules dix personnes sont venues à la table ronde sur la modernisation de l’industrie, alors que le salon culinaire a provoqué beaucoup d’agitation et d’enthousiasme et s’est fait remarquer par la conclusion de 80 contrats d’affaires.

Après avoir « voté avec les pieds », les entrepreneurs ont en réalité renoncé aux innovations : d’après le Président de l’Union Russe des industriels et les entrepreneurs, Alexandre Chokhine, il n’est possible de mettre en oeuvre les projets ambitieux annoncés par les autorités de la région de Sverdlovsk qu’en présence de business-plans vérifiés et d’un soutien réel du côté du secteur de l’économie.

Auteur : Vladimir Terletsky

Source : fr.rusbiznews.com