Poly doit verser 2,1 millions à un inventeur


Un chercheur d’origine iranienne, Amir Fardad, a été bien inspiré de venir travailler à Montréal en 1996 et 1997. Ce faisant, il a participé à l’invention d’un procédé de fibre optique qui lui rapporte finalement des millions de dollars, même si l’entreprise fondée pour commercialiser le produit n’a jamais rien vendu et a fait faillite en 2003.

Dans cette affaire, la Cour supérieure vient de condamner la Corporation de l’École polytechnique à verser 1,4 million de dollars à M. Fardad, ce qui devrait avoisiner les 2,1 millions en comptant les intérêts accumulés. Cette somme viendra s’ajouter au 1,9 million que M. Fardad a reçu de l’Université McGill en 2003 pour sa participation à l’invention en question, appelée «Solvent-assisted lithographic process using photo sensitive sol-gel derived glass for depositing ridge waveguides on silicon». Il s’agit de jolies sommes pour ce scientifique qui, après avoir quitté Montréal en 1997, avait trouvé un emploi dans une université d’Arizona, au salaire de 31 000$ par année. M. Fardad est toutefois passé près de ne jamais voir la couleur de cet argent.

Cette histoire prend sa source en 1995. M. Fardad est alors assistant de recherche au Imperial College de Londres. Il est invité par deux professeurs de Montréal, Iraj Najafi (génie-physique de Polytechnique) et Mark Andrews (faculté de chimie de McGill) à se joindre à eux pour un projet de recherche pour lequel ils ont obtenu une subvention de 300 000$. M. Fardad, un docteur en ingénierie électrique et électronique, a déjà fait un projet de recherche dans le champ d’activité qui intéresse ses deux collègues montréalais. Il accepte l’offre et arrive à Montréal en janvier 1996. Il collabore avec M. Andrew pour l’aspect chimique du projet et avec M. Najafi pour l’aspect physique. En tant que chercheur, il sera payé par McGill jusqu’à la fin mars 1997, et ensuite par Polytechnique jusqu’à son départ en novembre 1997, à l’expiration de son visa.

Commercialisation

Le brevet d’invention comporte le nom des trois chercheurs. En 1998, une licence est octroyée à Lumenon Innovative, une société fondée par Iraj Najafi et Mark Andrews pour commercialiser le produit. Ces deux derniers, de même que McGill et Polytechnique, se partagent les actions mais, manifestement, M. Fardad est oublié. En fait, il n’est pas au courant de tout cela. Quand il l’apprendra, en 2001, en discutant avec M. Najafi, il réclamera sa part. En ce qui concerne la valeur boursière de Lumenon, elle est montée rapidement à partir d’avril 2000, pour ensuite diminuer et s’effondrer en 2003. M. Fardad a toutefois droit aux sommes que les parts auraient valus s’il les avaient reçues en même temps que ses collègues.

Dans cette affaire, McGill a payé, tandis que le litige avec Poly s’est rendu en Cour supérieure. Cela parce que Polytechnique estimait que M. Fardad n’était pas un de ses employés à l’époque.

Auteur : Christiane Desjardins

Source : www.cyberpresse.ca

Le téléphone s’invente au Sud


Par nécessité, les pays du tiers-monde transforment les mobiles en véritables ordinateurs grâce à des logiciels idoines. Reportage en Inde.

Entourée d’une quinzaine de femmes en sari, à la tombée de la nuit, Meena, 30 ans, pianote inlassablement sur son Nokia 6600. Non pas pour téléphoner, mais pour actualiser les comptes d’un petit groupe de microcrédit, comme les pays en développement en comptent des millions. Employée par une ONG locale, cette femme originaire du Tamil Nadu, au sud de l’Inde, est en effet chargée de gérer la comptabilité d’une vingtaine de groupes d’épargnants (montants des cotisations, des emprunts, des remboursements, etc.). Un travail fastidieux qu’elle effectuait jusque récemment sur des cahiers. Aujourd’hui, elle n’utilise plus qu’un mobile, qui expédie les données vers un serveur par SMS. « C’est facile, dit-elle. Avec un peu d’entraînement, même un analphabète pourrait s’en servir.»

Le téléphone portable serait-il l’outil du futur pour assurer le développement économique des campagnes dans les pays du Sud ? Ou, pour reprendre l’expression indienne, le vecteur qui gommera la «fracture numérique» séparant les villes des villages ? La réponse est loin d’être tranchée, mais de plus en plus de chercheurs estiment que le portable pourrait effectivement s’avérer plus efficace que l’ordinateur pour connecter les zones les plus reculées au reste du monde. «Les portables d’aujourd’hui sont aussi puissants que les PC de l’an 2000, et beaucoup moins cher», résume Srinivasan Keshav, professeur à l’université de Waterloo, au Canada.

En Inde, où les deux tiers de la population vivent toujours dans les campagnes, les opérateurs vendent plus de six millions de nouveaux abonnements par mois. Le pays vient ainsi de franchir les 200 millions d’abonnés, et l’objectif est désormais d’atteindre 500 millions d’ici à 2010. Une croissance qui viendra forcément des zones rurales, bientôt la cible prioritaire des opérateurs. Or, en raison de la facilité d’utilisation de ses fonctions multimédias, «le portable constitue une interface parfaite pour ces régions», explique l’informaticien Tapan Parikh, de l’université de Washington, aux États-Unis. Il est compact et nécessite moins d’énergie, il est plus résistant aux aléas climatiques (humidité, poussière, etc.), et sa maintenance est limitée au strict minimum. Enfin, on peut y introduire des logiciels pour créer de nouvelles applications».

Analphabètes.

D’origine indienne, Tapan Parikh a été élu «humanitaire de l’année 2007» par le prestigieux magazine américain Technology Review pour son travail avec les groupes de microcrédits au Tamil Nadu. Son invention, baptisée CAM (pour caméra), est simple : il s’agit d’un petit logiciel qui, introduit sur un portable, permet d’enregistrer les données sur l’appareil avant de les expédier par SMS vers un serveur central, dès que le téléphone est à portée de réseau. Il permet de remplacer les archives papier par une base de données informatique centralisée.

Sur le terrain, Tapan Parikh s’est rendu compte que les petits épargnants étaient attachés à la version papier des registres. Motif : la plupart ne savent écrire que des chiffres et parviennent donc à remplir les fiches de renseignement (montant des cotisations d’épargne, des remboursements, etc.) en mémorisant à quelle question correspondent les différentes cases. L’informaticien a donc ajouté un code-barres à côté de chacune des cases. Les comptables prennent ainsi une photo de chaque code-barres avec leur téléphone. Le logiciel reconnaît ce code, et demande à l’utilisateur d’entrer sur le clavier les informations correspondantes. Par écrit mais aussi oralement (dans cinq langues pour l’instant) afin que le système puisse être utilisé par des analphabètes. Une fois la fiche remplie, elle est automatiquement envoyée sur le serveur central.

Encore au stade expérimental, ce logiciel est actuellement utilisé par quelque 6 000 groupes de microcrédit. En bout de course, l’objectif est d’améliorer la transparence des comptes afin de faciliter la tâche des banques susceptibles de prêter de l’argent à ces petits épargnants. «Généralement, les banques sont confrontées à des archives mal tenues, pour ne pas dire illisibles, résume Vijay Pratap Singh Aditya, cofondateur de Ekgaon Technologies, l’entreprise qui commercialise le logiciel auprès des institutions financières. Du coup, la prise de décision est longue, ce qui est handicapant tant pour l’emprunteur que pour la banque, qui perd d’éventuels intérêts. Avec ce système, la visibilité du passif financier est totale et immédiate, non seulement au niveau du groupe d’épargnants mais aussi du particulier.. Concrètement, un prêt qui prenait auparavant plus de quinze jours à être octroyé, peut désormais être débloqué en moins d’une journée.

Autre avantage : les utilisateurs peuvent attacher des photos, voire des vidéos, à leurs dossiers. Un analphabète peut donc se filmer avec un portable afin d’expliquer, dans sa langue, le projet pour lequel il sollicite un prêt. Ou fournir des photos de son activité pour étayer son dossier. «Hélas, envoyer des photos et vidéos via les réseaux de téléphonie mobile coûte encore très cher», regrette Tapan Parikh.

Météo.

Malgré les coûts de transmission, les options multimédias sont déjà mises à profit en Amérique du Sud, où le système CAM est utilisé par les inspecteurs chargés d’octroyer aux petits agriculteurs les labels «culture biologique» et «commerce équitable». Le microcrédit n’est en effet qu’un exemple parmi d’autres des usages potentiels du portable dans les campagnes du tiers-monde. Sa fonction première de communication orale a déjà révolutionné la vie de millions de personnes. Filiale de la Banque Grameen (dont le fondateur Muhammad Yunus, a reçu l’an dernier le prix Nobel de la paix), l’opérateur bangladais Grameen Telecom a par exemple équipé plus de 220 000 femmes d’un portable dans des villages reculés, qui ne sont pas reliés au réseau fixe. En le louant aux autres villageois qui souhaitent s’en servir, celles-ci génèrent ainsi un revenu inespéré. Le projet a depuis été répliqué en Ouganda, au Rwanda et au Cameroun.

Dans le Sud de l’Inde, le portable a également permis de limiter les accidents en mer, les petits pêcheurs étant désormais en mesure de se renseigner sur la météo lorsqu’ils sont au large. Mieux encore, ils s’en servent pour se renseigner sur les prix du poisson dans les différents ports de la région, afin de se diriger vers le marché le plus offrant ce jour là. A la frontière indo-népalaise, une région ou les inondations sont récurrentes, Ekgaon Technologies a également distribué des mobiles dans les écoles, chargées de surveiller le niveau des rivières. Les participants envoient régulièrement les mesures par SMS, créant ainsi une base de données qui devrait permettre d’anticiper les crues.

Cet usage du mobile pour une surveillance «citoyenne» fait également une percée en Afrique. En république démocratique du Congo, l’organisation de défense des droits de l’homme Ajedi-ka a équipé des civils de téléphones portables pour l’alerter, en temps réel, de cas de recrutements d’enfants soldats. «A terme, le portable pourra être aussi utilisé pour lutter contre la corruption», ajoute Srinivasan Keshav, qui voit déjà les citoyens des pays du Sud utiliser les caméras de leurs portables pour dénoncer l’inefficacité des services publics.

«Eduquer».

A travers le tiers-monde, le mobile trouve des applications diverses dans le domaine de la santé, depuis le signalement de nouveaux cas de certaines maladies jusqu’aux campagnes de prévention. Ainsi, l’entreprise informatique indienne ZMQ Software Systems a créé des jeux éducatifs sur le sida, téléchargeables. En un an et demi, l’entreprise a recensé 10,3 millions de téléchargements (gratuits) à travers le pays. Elle a développé de nouvelles versions pour l’Afrique de l’Ouest, dans les langues locales. «Le portable est un outil incroyablement puissant pour disséminer de l’information, et potentiellement pour éduquer les populations les plus reculées», commente Hilmi Qureishi, responsable du développement des jeux.

Toujours en Inde, l’ONG aAqua (Almost All Questions Answered) a, elle, développé ce qu’elle appelle un «Google de l’agriculture indienne». En clair, une plateforme où les paysans peuvent envoyer des questions à des experts agricoles par SMS ou sur Internet. Seul inconvénient : il faut, pour s’en servir, savoir lire ou écrire. Mais, là aussi, les fonctions photo et vidéo devraient, à terme, régler le problème, du moins si le coût des envois d’images baisse.

En fait, la solution existe déjà : le wi-fi. Cette technologie peut en effet facilement être intégrée aux puces de portables. Mais les opérateurs refusent de la mettre en place, de peur que les utilisateurs ne s’en servent également pour leurs communications orales, ce qui réduirait considérablement leurs bénéfices. La brèche a cependant été ouverte cet été par l’opérateur américain T-Mobile. En rajoutant dix dollars par mois à leurs cotisations, ses abonnés peuvent en effet parler via wi-fi depuis n’importe où dans le monde.

Le gouvernement indien mise, lui, sur les réseaux Wimax, capables de couvrir des surfaces plus importantes que le wi-fi. D’après un récent rapport du cabinet Maravedis, le pays devrait ainsi compter quelque 21 millions d’abonnés Wimax d’ici à 2014. Si la plupart des opérateurs privés envisagent pour l’instant de se focaliser sur des zones urbaines, l’entreprise publique BSNL a déjà prévu de connecter quelque 100 000 villages, à compter de l’année prochaine. Le début, peut être, d’une révolution dans les campagnes indiennes où, jusqu’à récemment, beaucoup n’avaient encore jamais vu un téléphone portable.

Auteur : PIERRE PRAKASH

Source : www.liberation.fr

Interpol forme la police pour l’aider à combattre la contrefaçon et le piratage


« Le rôle des organisations criminelles dans la criminalité liée à la propriété intellectuelle constitue une menace grandissante et d’ampleur mondiale » a déclaré M. Jean-Michel Louboutin, Directeur exécutif des Services de police d’INTERPOL, aux délégués réunis à l’occasion d’un colloque sur la contrefaçon et le piratage organisé à Rome.

Pour lutter contre ce phénomène, « INTERPOL travaille en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé, les autorités sanitaires, la police, les douanes et le secteur privé afin de mettre hors d’état de nuire les filières qui vendent aux consommateurs sans méfiance des produits souvent dangereux » a indiqué M. Louboutin.

« Les opérations menées en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est ont donné des résultats positifs et INTERPOL, avec ses 186 Bureaux centraux nationaux, continuera à établir de tels partenariats pour combattre la contrefaçon dans le monde entier. »

Ce colloque international d’une journée, organisé par INTERPOL et la Guardia di Finanza italienne, a réuni à Ostie/Rome près de 300 représentants des services chargés de l’application de la loi, du secteur privé et des pouvoirs publics italiens sur le thème « Contrefaçon : faits nouveaux et défis à relever ». Il a mis en évidence les progrès réalisés en matière de partenariats avec les autorités italiennes et a recensé divers moyens de renforcer la collaboration pour lutter contre la criminalité liée à la propriété intellectuelle.

En vue de faciliter et de coordonner l’action des services chargés de l’application de la loi régionaux en matière de lutte contre ce type de criminalité, INTERPOL est en train de mettre en place un réseau mondial de points de contact spécialisés. Ce réseau donnera aux représentants des secteurs économiques victimes d’atteintes à la propriété intellectuelle un accès rapide à un soutien en matière d’enquêtes, contribuant ainsi à l’effort collectif de lutte contre la contrefaçon et le piratage organisés.

John Newton, chef de projet, responsable du projet « Atteintes à la propriété intellectuelle » d’INTERPOL, a déclaré : « La contrefaçon est une menace, non seulement pour les moyens d’existence des personnes et le chiffre d’affaires des entreprises, mais également pour la vie humaine. Il est essentiel que nous mettions à la disposition de la police opérationnelle, des douanes et des autres parties prenantes les connaissances, les compétences et les outils qui leur permettront de lutter contre ceux qui fabriquent et distribuent des marchandises de contrefaçon et des produits piratés à l’échelle industrielle ».

Le colloque coïncidait avec la première formation INTERPOL sur la criminalité liée à la propriété intellectuelle, organisée par la Guardia di Finanza et des membres du Groupe d’action d’INTERPOL sur les atteintes à la propriété intellectuelle, qui s’est déroulée à la Scuola di Polizia Tributaria, à Ostie.

Cette formation s’est tenue en présence de spécialistes de la police chargés d’enquêtes sur des affaires d’atteintes à la propriété intellectuelle, venus de 15 pays d’Amérique du Nord et du Sud, d’Asie du Sud-Est et d’Europe. C’est la première d’une série de quatre prévues dans les 12 prochains mois, dont bénéficieront plus d’une centaine de policiers et d’agents des douanes du monde entier.

Source : www.newspress.fr

Des fenêtres qui produisent du courant électrique


Au Japon, les piles solaires s’immiscent jusque dans les fenêtres des bâtiments. On peut désormais voir et se chauffer grâce à l’électricité produite par les vitres.

L’hôtel de ville d’Ota, dans la préfecture de Gunma (au nord de Tokyo), est construit sur treize niveaux. Au sud et à l’ouest de la façade, une partie des vitres semblent teintées : ce sont les 450 « fenêtres génératrices d’électricité ». D’une puissance de 15 kW, elles ont fait leur apparition à Ota il y a trois ans. L’année dernière, les fenêtres ont fourni 0,3 % de l’électricité consommée par la mairie – une maigre participation, suffisante toutefois pour faire la publicité des services de protection de l’environnement. « Comme les panneaux solaires sont généralement sombres, beaucoup s’étonnent de la clarté des fenêtres. En été, elles contribuent également à atténuer les rayons du soleil », nous a expliqué Tsuyoshi Ojima, du service de l’administration des biens publics et des adjudications de la ville.

L’inventeur du procédé est l’entreprise Sanyo Electric. Une mince couche de photopile au silicium amorphe est comprimée entre deux feuilles de verre. Ce film est percé d’une infinité de petits trous de 1 mm de diamètre, procurant une réelle impression de transparence. La superficie globale des trous représente environ 30 % de celle du panneau. Bien que la lumière extérieure soit légèrement assombrie, la vue ne donne pas l’impression d’être bouchée dès qu’on s’éloigne de la fenêtre.

La plupart des piles solaires sont fabriquées à partir de feuilles de silicium monocristallin extraites d’un lingot et difficiles à travailler. Les piles au silicium amorphe, quant à elles, sont obtenues par la méthode dite « de dépôt chimique en phase vapeur » (DCV). Celle-ci consiste à créer un film en déposant un composé de silicium à l’état gazeux sur un support de verre, avant de le percer de trous. Le DCV se caractérise par une grande malléabilité lors de sa mise en œuvre et a l’avantage d’offrir un silicium plus lisse que celui extrait des lingots, ce qui permet de ne pas obstruer le passage de la lumière. On utilise un support en plastique pour l’opération, qui a lieu à faible température (300 C°). Les piles solaires sont ensuite appliquées sur des parois qui peuvent être incurvées. Fuji Electric a ainsi conçu l’an dernier une pile cousue sur des vêtements et destinée à recharger les téléphones portables.

L’ÉNERGIE SOLAIRE : DIX FOIS PLUS CHÈRE QUE LE NUCLÉAIRE

Avec un rendement de 6 à 9 %, la filière du silicium amorphe est moitié moins productive que la filière du silicium monocristallin. Le prix pose également un problème : par rapport à sa performance électrique, le coût du silicium amorphe est au minimum dix fois plus élevé que celui de l’autre filière. C’est pourquoi seuls une quinzaine de bâtiments ont opté pour la transparence. Toutefois, la quantité de matière première utilisée (le silicium) est cent fois moins importante que dans le cas du silicium monocristallin, ce qui devrait entraîner d’importantes réductions de coût dans l’avenir. « Si le produit commence à être largement utilisé, sa fabrication en série permettra de faire baisser les prix de manière significative », espère Masahiko Hasunuma, directeur du département énergies propres de Sanyo Electric Soft Energy [du groupe Sanyo Electric]. En attendant, une troisième filière, mixte, pallie les défauts des deux premières en insérant une couche de silicium monocristallin entre deux feuilles de silicium amorphe. Ce type de panneau est déjà utilisé pour les couvertures de toits de maison.

En 1999, le Japon est devenu le premier pays producteur de piles solaires du monde. Dans le cadre de sa politique de lutte contre le réchauffement de la planète, le gouvernement a l’intention de multiplier par vingt la quantité d’électricité produite par l’énergie solaire d’ici dix ans. Sa première tâche sera d’en réduire le coût de production, actuellement dix fois supérieur à celui de l’énergie nucléaire. Mais Masahiko Hasunuma est optimiste. « Dans cent ans, cette nouvelle énergie couvrira plus de la moitié des besoins. C’est l’objectif de notre laboratoire. Le temps où l’avancée technologique permettra de poser des panneaux solaires sur toutes les façades des bâtiments est proche. »

Auteur : Hisatoshi Kabata

Source : www.courrierinternational.com

Jérôme Rota, inventeur du DivX


Grâce au DivX, invention de ce Français de 34 ans, les internautes téléchargent des films d’une qualité parfaite. Jérôme Rota, un businessman démocrate ?

Non, vraiment, il ne fait pas très sérieux. Pas très crédible, pas franchement « bankable ». L’accent d’abord : méridional, à couper au couteau, qui lui fait dire « par esample » pour « par exemple ». Le style vestimentaire ensuite : décontracté, voire « inésistant »… Et puis il y a ses mains, avec lesquelles il s’exprime autant qu’avec les mots – ses origines italiennes, sans doute – et ses grands moulinets avec les bras, entraînant tout le corps tel celui d’un héros de manga qui combattrait un ennemi invisible. Non, il n’en a vraiment pas l’air, mais, à 34 ans, Jérôme Rota, natif de l’Hérault, (vice-)préside à la destinée de DivX Inc., société américaine de trois cents personnes, basée à San Diego, en Californie, et qui pèse aujourd’hui plus de 700 millions de dollars.

Jerome_Rota

Qu’a-t-il fait pour mériter tout ça ? Simple : Jérôme Rota a inventé le DivX, le format de compression des images qui a mis le feu à l’industrie du cinéma et de la télévision. Son invention, qui, pour aller vite, est à la vidéo ce que le MP3 est au son, a annoncé, dès 2000, la dématérialisation inéluctable du support enregistré et la fin des positions acquises des majors du divertissement. C’est grâce au DivX que l’on peut au­jourd’hui télécharger des séries sur le Net dans une qualité irréprochable. Et c’est par lui, avec lui et en lui – certains utilisateurs lui vouent un culte sans nom ! – que les internautes s’échangent des films sur des réseaux peer-to-peer ou les transportent dans leur petite clé USB.

Révolutionnaire, le DivX est, comme toutes les trouvailles techniques, auréolé d’une légende originelle (sauf que tout ici semble véridique) : il était une fois un jeune homme qui voulait réaliser un portfolio vidéo pour des besoins professionnels. A l’été 1999, le petit Français, pour atteindre son but, « bricola » un sys­tème de compression développé par le géant Microsoft. Hélas, quelques semaines plus tard, l’ogre Microsoft plaça un système de protection qui allait empêcher notre intermittent du spectacle de lire son portfolio. Acculé, il décida de se mettre les mains dans le cambouis, entra dans le code propriétaire par effraction, et résolut l’équation impossible. Le DivX était né ! La nouvelle d’une méthode qui permettait de regarder de la vidéo de qualité se diffusa sur le Web, gonfla et arriva jusqu’aux oreilles d’un entrepreneur américain. Le reste tient du miracle : parution à point nommé d’un article élogieux dans le Wall Street Journal et décollage immédiat. « A la fin de la semaine, on avait levé les fonds pour développer notre technologie », se souvient Rota.

Un pirate parvenu, Jérôme Rota ? La réalité est plus complexe : pragma­tique, le jeune businessman essaie de concilier les idées libertaires issues de la culture du logiciel libre avec les réalités de l’économie de marché. Plutôt une sorte de Tony Blair de l’univers numérique, donc, qui chercherait une troisième voie entre le piratage (stérile) et les positions dominantes (paralysantes), menant sa barque en n’hésitant pas à conclure des accords commerciaux avec les grandes marques de l’électronique grand public – regardez votre lecteur DVD et vous y verrez sans doute apposé le logo « DivX », qui indique que vous pouvez lire ce format. « Je ne veux pas être seulement un grain de sable qui enraye la machine, dit-il, mais la goutte d’huile qui va rendre plus fluide l’accès à la technologie pour tous. J’espère que cette goutte sera ­assez concentrée pour colorer tout le verre. »

Auteur : Jean-Philippe Pisanias

Source : www.telerama.fr

Décès du créateur de l’échelle de mesure des ouragans, Herbert Saffir


L’ingénieur américain Herbert Saffir, co-inventeur de l’échelle de mesure des ouragans, l’échelle Saffir-Simpson, est mort mercredi à l’âge de 90 ans dans un hôpital de Miami (Floride, sud-est), a-t-on appris samedi dans la presse locale.

Herbert Saffir avait eu l’idée de classer les cyclones et ouragans de l’Atlantique et du nord-est du Pacifique sur une échelle de 1 à 5 selon leur intensité et les dégâts qu’ils étaient susceptibles de provoquer. Avant lui, les cyclones étaient grossièrement classés comme « mineurs » ou « majeurs ».

Un cyclone de catégorie 1 est caractérisé par des vents soufflant de 118 à 153 km/h tandis qu’un cyclone de catégorie 5 est caractérisé par des vents soufflants à au moins 249 km/h. Né à New York en 1917, Saffir avait commencé à travailler à ce système d’évaluation à la fin des années 1960 dans le cadre d’un projet des Nations unies.

Dans les années 70, le météorologue Robert Simpson, alors directeur du Centre américain des ouragans (NHC), avait rejoint Saffir pour peaufiner cette échelle de mesure des ouragans qui est depuis couramment utilisée pour mesurer la force des cyclones.

Source : AFP

Le financement des PME du secteur technologique


Un écart d’information demeure entre les administrations publiques qui s’attendent à une augmentation du nombre d’entreprises du secteur des technologies de pointe ou d’entreprises à croissance rapide (gazelles) et les investisseurs privés, dont l’attitude démontre qu’ils sont peu disposés à prendre des risques. En effet, aujourd’hui la valeur des entreprises à forte croissance n’est plus fondée sur les actifs matériels mais plutôt sur leur propriété intellectuelle et leur marque, que l’on nomme actifs immatériels.

La majorité des acteurs financiers ont de bonnes raisons d’être réticents à apporter des fonds à ces entreprises car :

– les dirigeants d’entreprise ont peu ou pas d’expérience professionnelle au tout début de la création de leur société ;

– les investisseurs manquent de compétence nécessaire à l’évaluation de l’applicabilité commerciale de la technologie ;

– les investisseurs ont des difficultés à évaluer les droits de propriété intellectuelle ou les actifs immatériels ;

– le moment de la commercialisation peut être très lointain et par conséquent le risque commercial proportionnellement plus élevé ;

– l’innovation est un secteur où les affaires impliquent des risques.

Bien qu’il soit largement reconnu que les actifs immatériels d’une PME apportent certains avantages compétitifs solides et génèrent une haute valeur ajoutée à travers :

– l’augmentation des recettes générées par de nouveaux produits et/ou la concession de licences sur des technologies ;

– établissement d’obstacles aux concurrents ;

– position plus forte sur le marché.

Les banquiers et les investisseurs ne parviennent toujours pas à considérer les actifs immatériels comme une opportunité plutôt qu’une proposition plus risquée. Les business angels sont perçus comme l’une des solutions à ce type de problème, car leur expérience entrepreneuriale et en matière de gestion peut leur apporter les connaissances suffisantes pour investir dans une entreprise disposant de peu de garanties matérielles et exposée à un risque commercial élevé. Leur rôle dans les économies européennes doit par conséquent être soutenu, notamment au niveau régional (voir les publications d’EBAN sur le rôle des administrations publiques dans le soutien aux business angels et les réseaux de business angels à l’adresse suivante : www.eban.org).

C’est pourquoi des campagnes de sensibilisation et des initiatives de formation doivent être promues afin d’éliminer les blocages créés par l’asymétrie de perception entre les entreprises et les investisseurs.

Des actions peuvent être entreprises par l’offre comme par la demande du cycle financier des PME. Par exemple, pour la demande, les dirigeants d’entreprise qui souhaitent lever des capitaux doivent comprendre l’importance de la propriété intellectuelle de leurs produits en tant qu’outil permettant de recueillir des fonds. Ils peuvent améliorer la présentation du contenu des DPI et l’évaluation des actifs immatériels dans leur plan d’affaires. Cela comprend une évaluation de la manière dont les actifs seront le mieux protégés ou commercialisés (redevances, brevets, avantages sur le marché, …). Des programmes de préparation aux DPI devraient être soutenus à l’avenir pour les entrepreneurs. En ce qui concerne l’offre, les banques, business angels, gestionnaires de capital d’amorçage et de capital risque doivent se familiariser davantage avec les méthodologies d’évaluation des DPI. Les administrations publiques devraient investir dans des centres de DPI fournissant tous les conseils et informations nécessaires concernant la protection, l’évaluation et la commercialisation des DPI.

Dans de nombreuses régions, les dirigeants d’entreprise n’ont pas pleinement conscience de l’avantage concurrentiel que procure la valorisation des différentes sources de leurs actifs de propriété intellectuelle (secrets d’affaires, droits d’auteur, dessins et modèles industriels, brevets, marques de commerce et marques, …) et de la manière dont ils peuvent intégrer ces actifs au plan d’affaires qu’ils présenteront à de potentiels investisseurs. Les centres régionaux de DPI peuvent s’impliquer dans toute préparation aux investissements ou intégrer un programme de financement en vue de faciliter la médiation entre les chefs d’entreprise et les investisseurs. Les agences de développement régional jouent un rôle dans la promotion de services disponibles dans ce domaine au niveau régional et destinés aux dirigeants d’entreprise situés dans la région.

Il est utile de noter que EBAN collaborera avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’ONUDI, la CEE-ONU et Meta Group en vue d’organiser une formation spéciale sur le rôle de la propriété intellectuelle pour lever des capitaux. Cette journée de formation illustre l’intérêt renouvelé de la communauté financière d’aborder l’absence de valorisation des actifs immatériels par les dirigeants d’entreprise et par conséquent la possibilité d’augmenter le nombre de sociétés à haute intensité de connaissances et financées au niveau européen à l’avenir. Cet événement aura lieu le 19 novembre à Genève, un jour avant le sixième séminaire de l’Université d’hiver d’EBAN à Genève sur divers aspects relatifs au financement du capital risque par des investisseurs informels.

Pour obtenir plus d’information, veuillez contacter :

– Christian Saublens, EURADA, info@eurada.org

– Claire Munck, EBAN, info@eban.org

– Marco Marzano de Marinis, Marco.Marzano@wipo.int

Auteurs : Christian Saublens, Executive Director of EURADA et Claire Munck, General Manager of EBAN

Source : www.ipr-helpdesk.org