Un PDG démissionne pour créer un vélo que l’on s’arrache


David Weiner était l’un des dirigeants d’un cabinet de conseils en logiciels, avec 285 employés sous sa responsabilité quand, en début d’année dernière, il décida de quitter ce poste, pourtant enviable pour un homme de 34 ans. Il a conçu un tout nouveau vélo qui ne nécessite aucun entretien et dont les pneus sont quasi increvables. Après une brillante campagne Kickstarter, ses deux-roues sans dérailleur, ni câble de frein, ni chaîne mais avec des pneus increvables séduisent les clients urbains.

Ce que ne savaient pas ceux qui le croyaient fou, c’est que David Weiner préparait ce projet depuis des années. A l’époque, encore consultant en logiciel, il avait élaboré le business plan d’une entreprise de vélo. Il n’a parlé de son projet à personne, sachant à quel point il était chanceux d’avoir un bon salaire dans un climat économique difficile.

L’idée d’un business de vélos lui est venue quand il était adolescent. Il travaillait comme mécanicien pour deux magasins de vélos, ajustant des plateaux de vitesse et réparant des pneus crevés. Son travail a fini par le passionner et c’est de cette passion qu’est né son rêve de posséder sa propre affaire. Cette idée fixe ne l’a jamais quitté, même quand il est parti à Manhattan travailler dans l’informatique. Se servant de son vélo tous les jours pour se déplacer en ville, il est resté au courant des problèmes souvent décriés par les cyclistes : chaines défectueuses, pneus crevés, vulnérabilité des antivols. « Le vélo haut de gamme a beaucoup évolué », commente-t-il, « mais ceux qui n’utilisent leur vélo qu’occasionnellement ont été délaissés ». C’est là que David Weiner a décelé une opportunité.

Il a alors démissionné et fondé la start-up « Priority Bicycles » dont il est désormais propriétaire et PDG. David Weiner n’a pas perdu de temps. Devenu sans emploi, il est immédiatement parti en vadrouille dans les rues de Manhattan pour faire des recherches : prendre de photos de vélos qui avaient été modifiés d’une quelconque façon, en notant la nature et le coût de la modification. Il s’est rendu compte que s’il incorporait directement ces caractéristiques au vélo lors de sa construction, cela plairait aux cyclistes souhaitant aller d’un point A à un point B à moindre coût.

David Weiner s’est efforcé d’imaginer les profils des clients à conquérir : l’étudiant qui va en cours, le citadin qui va au yoga ou faire ses courses et l’actif-occupé qui souhaite faire de l’exercice le weekend. Bien trop souvent, ajoute le PDG de Priority, ces gens découvrent que leur vélo nécessite une réparation au moment où ils le sortent pour l’utiliser. « L’objectif de Priority est d’assurer que cela n’arrive pas ».

Tout cycliste vous le dira, les quatre parties d’un vélo qui sont le plus sujettes à des problèmes sont les vitesses, les freins, les pneus et la chaine. David Weiner a conçu un système à trois vitesses qui ne nécessite aucun mouvement de pièces séparées. Les freins s’enclenchent à l’aide d’un simple pédalage en arrière et n’ont donc pas besoin de câble. Les pneus, qui ressemblent plus à du plastique qu’à du caoutchouc, sont quant à eux quasiment increvables, du moins dans le cadre d’un usage classique. Ces caractéristiques réduisent considérablement les chances d’avoir besoin d’une réparation.

Toutefois, l’atout majeur de Priority, c’est de se passer d’une chaîne. D’autres entreprises avaient déjà créé des vélos sans chaine auparavant mais il s’agissait toujours de vélos haut de gamme destinés à des cyclistes chevronnés. David Weiner a trouvé un fournisseur disposé à travailler avec lui sur un modèle solide et économique.

La plupart des cyclistes urbains remplacent les attaches rapides – qui permettent de retirer les pneus et la selle du cadre du vélo par une petite action de levier – par des boulons. Une modification qui revient à 50 dollars lorsqu’elle est effectuée à la vente. David Weiner a décidé d’incorporer cette caractéristique à tous les vélos dès leur fabrication. Il leur ajoute aussi le porte-bidon et la béquille que de nombreux cyclistes finissent par ajouter et qui représentent souvent un coût supplémentaire en magasin.

La campagne Kickstarter de Priority, lancée en juillet 2014, avait un objectif de 30 000 dollars. Celui-ci fut atteint en quelques heures. Là encore, tout était question de préparation, les succès sur Kickstarter reposant en général sur trois points : une vidéo réalisée par des professionnels, une communication réactive et un prototype fonctionnel à montrer au grand public.

A la fin des trente jours de campagne, Priority avait amassé 555 286 dollars. Chaque utilisateur ayant donné 350 dollars s’est vu promettre un vélo lors de la première expédition. Depuis la clôture de la campagne Kickstarter, le plein tarif de 399 dollars s’applique. Priority semble par la même occasion avoir attiré l’attention de quelques grands de l’industrie cycliste. Le PDG démissionnaire n’était vraiment pas fou.

D’après cet article du Business Insider

Traducteur : JMD

Canada / WalkCar : pour le retour à l’école 2016


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L’inventeur, l’étudiant en génie électrique Kouniako Saïto, âgé de 26 ans, a dit à l’agence Reuters que la WalkCar peut déplacer une charge de 120 kg (265 lb).

La WalkCar a l’air du croisement entre un skateboard et un MacBook. Ce mini-véhicule japonais est idéal pour les nouveaux cégépiens qui capotent en voyant le prix du stationnement : on peut la stationner dans son sac à dos.

La WalkCar a quatre petites roues, dont deux motrices (c’est une traction) et elle se conduit comme un Segway, en se penchant dans la direction où on veut aller. Elle stoppe net dès qu’on en descend. Vitesse maximale de la WalkCar : 10 km/h; autonomie: 12 km; temps de charge: 3 heures.

L’inventeur, l’étudiant en génie électrique Kouniako Saïto, âgé de 26 ans, a dit à l’agence Reuters que la WalkCar peut déplacer une charge de 120 kg (265 lb). Prix probable lors du financement sur Kickstarter le mois prochain: 100 000 yens (1050 $). Date de livraison : automne 2016, juste à temps pour la rentrée de l’année prochaine. Saïto a choisi un nom savoureux pour son entreprise : Cocoa (cacao) Motors.

Auteur : Denis Arcand

Source : auto.lapresse.ca

L’incroyable histoire aveyronnaise des Kapla


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Soixante-dix ans, toutes ses dents. En cet après-midi d’août pluvieux, Tom van der Bruggen patiente, attablé au bistrot d’un petit village accroché à la vallée du Tarn. Il a quitté l’Aveyron au début des années 90. N’y revient que pour rendre visite à son fils, Jean-Daniel, installé à la frontière tarnaise.

L’homme, d’une élégance rare, est l’inventeur des Kapla. Ces petites planchettes de bois qui continuent de faire le bonheur de milliers de gamins à travers le monde. C’est en Aveyron, à Lincou exactement, qu’elles ont vu le jour. Aussi surprenant que cela puisse paraître. L’histoire est méconnue.

Au doigt et à l’œil

Nous sommes à la fin des années 60, la vague hippie déferle sur la France puis l’Europe. Tom van der Bruggen, lassé de sa Hollande natale, « un pays qui ne (lui) convient pas », cherche une échappatoire. « Un retour à la nature », comme il aime à le raconter avec quelques années de recul. Francophile, il jette son dévolu sur l’Hexagone.

S’empare d’une carte, observe un mystérieux « cercle » privé de tout axe de communication, de Bordeaux à Montpellier en passant par Limoges et Toulouse. Pointe le centre : Lincou. En 1969, il vend son magasin d’antiquités à La Haye. Vient « en repérage » dans le coin avant d’acheter, l’année suivante, celle de ses 25 ans, le château de Salomon en ruines, sur les berges du Tarn, où il emménage.

« Planchettes de lutins »

À cette époque, Tom van der Bruggen gagne sa croûte en réparant des pianos. Et rénove sa demeure. Pour imaginer les plans, le Hollandais expérimente des cubes de bois. Trop massifs. « Il fallait des planchettes ». En 1981, deux boîtes de prototypes voient le jour. « Très vite, j’ai compris l’intérêt pédagogique et ludique de ces planchettes de bois », confie l’homme.

Dans son château de Lincou, alors jeune trentenaire, il fabrique lui-même les 400 premières boîtes de Kapla (du néerlandais kabouter plankje, littéralement « planchettes de lutins » en français). Des dizaines de petits bouts de bois aux dimensions strictement égales: 117 mm de long, 23,4 mm de large, 7,8 mm d’épaisseur. Et une règle stricte: trois épaisseurs pour une largeur et cinq largeurs pour une longueur.

Démonstrations dans les ludothèques

« J’imaginais un succès plus facile », raconte-t-il entre deux gorgées de son café-crème. « Je pensais que les magasins de jouets allaient “flasher”, allaient m’aider dans la promotion et la vente des Kapla ». Il n’en est rien. « Trop simple », « sans intérêt ». Alors Tom van der Bruggen a vadrouillé dans le coin, une boîte sous le bras.

S’en est allé démarcher les instituteurs du Sud-Aveyron, les ludothèques des alentours. S’adonner aux démonstrations. « Eux, m’ont fait confiance, toutes les écoles où je suis allé en ont acheté, sans exception », se souvient-il alors. « Ils ont de suite perçu l’intérêt: je suis convaincu de sa dimension pédagogique pour développer l’apprentissage, la réflexion, l’agilité des mains ».

Son ami Jacques Godfrain (ancien maire de Millau) l’aide à mettre un pied à Paris. En 1987, le musée des Arts Décoratifs de Paris organise une exposition au Louvre autour du jouet. En 1988, les « journées Kapla » arrivent dans les écoles et centres de loisirs. Dans la foulée, la présidence de la République lui commande 300 boîtes. La marque change de dimension. Dès 1988, 8000 boîtes sont écoulées, surtout en Allemagne et en Belgique.

Un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 3 millions d’euros

« À partir de là, j’ai arrêté de fabriquer moi-même », continue le sexagénaire. « J’ai créé une petite usine à Lédergues avec un ouvrier ». Une usine qu’il délocalise à Albi au début des années 90, pendant trois ans, avant que Kapla ne connaisse une croissance exponentielle. « J’ai toujours cru en Kapla, alors j’ai vendu le château de Lincou », lâche-t-il, ému.

« C’était le château ou Kapla ». Il délocalise à côté de Bordeaux, où se trouve toujours la direction logistique, puis au Maroc. Là, 120 personnes travaillent dans l’usine qui lui appartient. Tom van der Bruggen est toujours actionnaire à 100% de la société Kapla, aujourd’hui dirigée par son fils, qui réalise un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 3 millions d’euros.

Nouveau jeu en préparation

Plus de vingt-cinq ans après, les Kapla n’ont pas pris une ride. Ni un centimètre. « C’est l’avantage d’un jeu comme celui-là, à contre-courant », sourit l’intéressé. « Nous avons sorti des coffrets en couleur, changé le design des boîtes mais les planchettes, elles, sont intactes ». À 70 ans, hors de question pour Tom van der Bruggen de songer à la retraite. « Pourquoi faire? Ça ne m’intéresse pas ». D’ailleurs, il ne lui a pas fallu longtemps pour trouver un nouveau « dada ». Il planche actuellement sur un autre jeu : TomTect. Et partage son temps entre Monaco, où il vit, et la Bourgogne, où il vient d’acquérir… un château.

Auteur : Lola Cros

Source : www.centrepresseaveyron.fr

La propriété intellectuelle à l’épreuve de l’impression 3D.


Le Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA) a introduit en juillet 2015 une nouvelle commission dédiée à l’impression en trois dimensions. Présidé par le conseiller d’État Olivier Japiot, ce nouveau cercle de travail aura pour mission de rédiger un rapport pour le mois de juin 2016 sur les nouveaux enjeux de la propriété intellectuelle soulevés par la démocratisation de l’imprimante 3D.

En effet, même si cette technologie existe depuis de nombreuses années, elle ne devient accessible aux particuliers que depuis peu. La technique industrielle du dépôt de filament fondu qui permet l’impression d’objets en plastique a été brevetée dès les années 1980. Ce n’est qu’en 2009, après le passage de ce brevet dans le domaine public, que des centaines de start-up se sont emparées de cette technologie pour en exploiter le potentiel. Il est désormais possible d’acquérir sa propre imprimante 3D pour quelques centaines d’euros, et les distributeurs traditionnels de produits électroniques et d’électroménager ne tarderont pas à proposer ces machines directement en magasin. Le leadership mondial de la fabrication d’imprimante est assumé par Stratasys, qui propose déjà une gamme destinée aux consommateurs. Le site Thingverse propose quant à lui de télécharger des modèles 3D au format « .stl » pour imprimer des objets divers, tels que des bijoux, de nombreux jouets ou encore des accessoires pour montres connectées. En outre, les « Fab Labs » se multiplient dans le monde, permettant d’imprimer ces objets dans des boutiques dédiées.

L’impression 3D est donc en passe de devenir personnelle : il est aujourd’hui possible d’imaginer, dessiner, modéliser puis fabriquer un objet quelconque. De manière plus troublante, il sera bientôt concevable de scanner n’importe quel objet acheté dans le commerce, pour le reproduire à l’infini. Par exemple, la copie d’un fauteuil dessiné par Philippe Starck est aujourd’hui techniquement possible. Sans aller jusqu’à parler d’une « quatrième révolution industrielle », il est certain qu’un changement de paradigme s’opère peu à peu, ce qui soulève des enjeux évidents en matière de propriété intellectuelle.

Car même si beaucoup d’acteurs de ce nouveau marché se positionnent en faveur d’une libre diffusion des contenus imprimables, en open source ou via les licences Creative Commons, le développement de l’impression 3D provoque déjà de nombreuses atteintes aux droits de propriété intellectuelle des artistes, inventeurs et de tous les auteurs d’oeuvres de l’esprit.

L’ensemble des composants de la propriété intellectuelle sont concernés par l’impression en trois dimensions

Le bouleversement lié à l’apparition du MP3 sur le marché de la musique ne touchait que le droit d’auteur, tandis que le l’impression 3D nécessite d’envisager l’ensemble de la propriété littéraire et artistique, ainsi que la propriété industrielle. L’enjeu réside autour de la contrefaçon des biens protégés : celle-ci sera caractérisée en fonction de l’usage affecté à l’objet imprimé.

De manière générale, l’usage collectif, public, ou même commercial d’un tel objet permettra de qualifier un acte de contrefaçon. Tout individu imprimant un objet portant atteinte au droit d’auteur, aux dessins et modèles ou même à un brevet sera qualifié de contrefacteur. Concernant l’utilisation illicite d’une marque déposée, la jurisprudence impose un usage dans la vie des affaires pour reconnaître une contrefaçon.

Dans le cas contraire, un usage strictement privé de l’objet imprimé permettra d’échapper aux sanctions rattachées à la contrefaçon. Plus spécifiquement, concernant le droit d’auteur, les objets imprimés en 3D bénéficient de l’exception de copie privée. Ce régime spécifique autorise « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ». Actuellement, la copie privée s’applique majoritairement aux contenus audiovisuels et musicaux, ce qui pose la question de la congruence d’un tel régime avec l’impression 3D.

L’exception de copie privée applicable en l’état ?

Le Code de la propriété intellectuelle dispose en effet que les exceptions de copie privée « ne peuvent porter atteinte à l’exploitation normale de l’oeuvre ni causer un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l’auteur. » C’est sur ce fondement qu’un individu a été débouté par le juge de sa demande de faire lever les mesures techniques de protection (MTP) d’un DVD car il souhaitait en offrir une copie à ses parents. Il est dès lors possible de penser que les MTP, qui empêchent efficacement l’atteinte aux droits de propriété intellectuelle rattachés à un film DVD, pourraient s’appliquer de manière analogue aux fichiers 3D en limitant le nombre d’impressions. Cette protection semble d’autant plus souhaitable que l’impression 3D décuple les potentiels préjudices des titulaires de droits d’auteur. Le scan et l’impression 3D d’une douzaine de chaises design à partir d’une permettront une économie substantielle pour le copiste, et par conséquent un manque à gagner démultiplié pour le propriétaire des droits sur le design industriel du meuble reproduit. L’exception de copie privée appliquée à l’impression 3D voit dès lors son efficacité limitée par la possible multitude des copies. Bien sûr, il est possible de copier un album de musique à l’infini, mais il ne viendrait probablement pas à l’esprit du consommateur d’en acheter plusieurs pour en avoir un dans sa voiture, un chez lui et un au bureau. Le manque à gagner est réel pour les propriétaires des droits de l’album, mais moindre que pour un bien mobilier.

De surcroît, le Sénat a ce mois-ci rejeté l’idée d’une redevance copie privée pour les imprimantes 3D, telle qu’elle existe déjà pour les supports de stockage (CD vierges, clés USB…) pour compenser le préjudice des artistes. L’argument principal des parlementaires a été d’affirmer que la copie 3D est une contrefaçon, donc illicite, et qu’une redevance ne peut s’appliquer à une activité illégale. Le Ministre de l’économie a ajouté qu’il n’était pas souhaitable de freiner le développement des acteurs français du domaine de l’impression tridimensionnelle.

En revanche, lorsqu’un objet sera imprimé après avoir été dessiné par le consommateur lui-même, ou téléchargé en open source, il ne sera pas possible de caractériser un acte de contrefaçon. Une telle utilisation de l’imprimante 3D ne sera qu’une extension du « do it yourself » (DIY) qui est de plus en plus en vogue. Certains professionnels l’ont compris, à l’image de l’enseigne Castorama qui a pour projet de créer une plateforme en ligne dédiée aux fichiers 3D permettant l’impression de pièces détaché d’électroménager ou de bricolage directement chez soi. Ce nouveau service créera une concurrence sévère vis-à-vis des artisans et revendeurs de produits électroménagers.

De nécessaires solutions pour protéger les titulaires de droits de propriété intellectuelle sans entraver l’avancement technologique

Les auteurs ont déjà la possibilité de procéder à un dépôt en ligne de leurs fichiers 3D auprès d’une société de gestion de droit, ou directement chez un notaire ou un huissier qui rédigera un procès verbal qui justifiera de la date de création de l’œuvre. Cette démarche a pour utilité de prouver l’antériorité de la création, mais ne prémunit pas l’auteur contre les risques de contrefaçon. À cette fin, il pourrait être efficace de développer des services de « streaming 3D », ne permettant l’impression d’un fichier qu’une seule fois, grâce à des mesures techniques de protection. Une telle restriction pourrait par ailleurs s’accompagner de l’impossibilité de modifier l’œuvre imprimée, faisant ainsi respecter son intégrité.

Une autre option consisterait à implanter dans toutes les imprimantes 3D un système de vérification de la licéité de l’impression. Connectée à internet, l’imprimante pourrait rechercher l’existence de droits de propriété intellectuelle sur l’objet, ainsi que l’absence de caractère dangereux. En effet, les pièces détachées d’armes à feu sont facilement reproductibles, ce qui a pour principale conséquence l’absence de numéro de série et donc l’impossibilité de toute traçabilité. Il est cependant nécessaire de noter qu’une telle surveillance constituerait une immixtion manifeste dans la vie privée des utilisateurs, ajoutant une nouvelle dimension au problème de l’exploitation des données personnelles.

Aujourd’hui, la distance entre l’objet original et la copie imprimée en 3D demeure importante, de telle sorte que la confusion n’est pas possible. Il est concevable de reproduire une forme, mais pas encore les mécanismes intérieurs, qui relèvent pour certain de la « 4D ». De nombreuses contraintes techniques demeurent mais la rapidité des progrès accomplis permet d’entrevoir l’étendue des enjeux juridiques de demain, et il ne fait aucun doute que ce sujet, qui alimente beaucoup de fantasmes, sera l’objet de débats passionnés.

Auteur : Augustin Deschamps, juriste chez LegaLife

Source : www.village-justice.com

Chine / Attention aux dépôts frauduleux de marques et noms de domaine.


Nous constatons, depuis un certain nombre d’années, que les cas de dépôts frauduleux de marques en Chine sont de plus en plus fréquents. Certains domaines sont plus touchés que d’autres : les marques viticoles et alimentaires sont particulièrement visées, ainsi que les AOC, IGP…

Quelques exemples de situations fréquentes

Le cas classique est le suivant : des sociétés chinoises (il arrive que ce soit de simples particuliers) déposent en leur nom des marques en Chine identiques à des marques appartenant à des sociétés étrangères, et notamment françaises, non encore protégées en Chine. Il peut s’agir de négociants ou distributeurs chinois, ou tout simplement d’une entreprise chinoise qui a décidé d’en faire son « business-plan ».

La difficulté est alors multiple et la résoudre peut s’avérer compliqué et coûteux, la législation chinoise en la matière étant fondée sur le principe du « 1er arrivé, 1er servi » :

Une fois la marque chinoise déposée par l’entité chinoise, cette dernière peut demander aux douanes chinoises de mettre en place une surveillance sur cette marque, et donc de refuser sur le territoire chinois tous produits arrivant marqués d’une marque identique ou quasi identique. Le producteur français n’aura donc pas beaucoup d’autres solutions que de proposer un arrangement au titulaire chinois (une somme d’argent, la signature d’un contrat de distribution…).

Quand bien même une surveillance douanière ne serait pas mise en place, utiliser sa marque en Chine alors qu’elle a déjà été protégée par un tiers peut s’avérer dangereux dans la mesure où l’exploitant pourtant légitime se rend coupable d’actes de contrefaçon et peut, à ce titre, être attaqué devant les Tribunaux par le titulaire chinois.

Dans le cadre d’une procédure d’enregistrement de marque, l’office chinois, contrairement à l’office français, procède à un examen des motifs relatifs de refus. Il va ainsi vérifier si la demande de marque en question n’a pas déjà été protégée par un tiers pour des produits et/ou services identiques/ou extrêmement proches. Par conséquent, lorsque l’exploitant légitime de la marque procédera à son dépôt en Chine, il se verra automatiquement rejeter sa demande par l’Office des marques chinois si cette dernière a déjà été déposée par un tiers. La seule solution pour l’étranger retardataire, s’il ne souhaite pas engager une action en justice incertaine, sera de proposer de racheter la marque au 1er déposant ou de signer un contrat de licence.

Dans le cas où la marque antérieure n’est pas identique à la demande de marque déposée en second, mais seulement similaire, l’Office chinois, en principe, n’émet pas de notification. En revanche, le titulaire de la marque antérieure aura un délai, dans le cadre de la procédure d’enregistrement de la demande de marque seconde, pour s’y opposer. Il aura alors à démontrer que les marques sont suffisamment similaires (d’un point de vue visuel, phonétique et/ou conceptuel) pour entraîner un risque de confusion dans l’esprit du consommateur.

Au regard de ce qui précède, il semble avantageux de protéger sa/ses marques au plus tôt en Chine. Nous conseillons, de manière générale, de procéder à de tels dépôts dès lors que vous exportez vos produits en Chine, vous les faites fabriquer en Chine ou même dès que vous êtes en pourparlers avec un interlocuteur chinois/asiatique.

Comment anticiper ?

Pour ce faire, deux voies de protection sont ouvertes en Chine :

-La voie nationale

Nous déposons alors la demande de marque directement auprès de l’office chinois, via l’un de nos Confrères en Chine. Nous recommanderons ce choix lorsque la Chine s’avère être le seul pays d’intérêt du Déposant ou lorsque la marque doit être également déposée en caractères chinois. Toutefois, la globalisation des marchés ainsi que l’importance du commerce électronique font que les pays d’intérêt sont aujourd’hui le plus souvent nombreux. Nous recommanderons alors la voie internationale ci-dessous.

-La voie internationale

Le dépôt d’une marque internationale (appelé Système de Madrid) permet d’étendre la protection d’une marque nationale à de nombreux pays/territoires (95 actuellement) via un seul et même dépôt auprès de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Ce dépôt peut faire l’objet de « désignations postérieures » (désignation de pays supplémentaires), au fur et à mesure de vos marchés d’intérêt. L’avantage financier est important par rapport à des dépôts nationaux.

Recommandations

Au regard de ce qui précède, il est recommandé :

  • de déposer vos marques, à tout le moins les plus importantes, en Chine (attention Macao et Hong Kong doivent faire l’objet de dépôts séparés) ;
  • de mettre en place une surveillance sur vos marques en Chine, ce qui vous permettra d’être informé de tout dépôt de marque identique ou similaire à vos propres droits et ainsi de pouvoir agir au plus vite, notamment dans le délai de la procédure administrative d’opposition ;
  • de réserver les noms de domaine correspondants dans l’extension .cn ;
  • de mettre en place une surveillance douanière sur vos marques ;
  • d’éventuellement procéder à des dépôts de copyright (sur les étiquettes des vins par exemple).

Enfin, nous attirons votre attention sur d’autres manœuvres peu scrupuleuses d’entreprises chinoises qui peuvent intervenir une fois vos marques déposées en Chine :

-Concernant le renouvellement de vos marques

Des entreprises chinoises vont aller récupérer vos coordonnées, publiées lors du dépôt de vos marques en Chine, afin de pouvoir vous contacter et se présenter comme l’office chinois des marques ou, à tout le moins, une entreprise pouvant procéder au renouvellement de vos marques en Chine. Les coûts proposés sont généralement élevés et le renouvellement n’est évidemment pas effectué ;

-Concernant la réservation de noms de domaine

Vous pourriez également être contactés par courriel par une entreprise ou un quelconque office chinois vous indiquant avoir reçu la demande de réservation d’un nom de domaine en .cn reprenant le nom de votre produit/entreprise. Il vous demande si vous autorisez une telle réservation et, à défaut, vous propose de réserver les noms de domaine de votre choix, souvent à un coût important.

Auteur : Esther DUPAIN, Conseil en Propriété Industrielle, REGIMBEAU

Source : www.village-justice.com

Jamais sans mon duvet


Morgan Sansous a inventé un blouson qui se transforme en duvet… Une idée en or !

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Morgan Sansous et son Duson, un blouson au tissu imperméable, déperlant, respirant, qui s’adapte à toute condition climatique.

Une fusion entre le blouson et le duvet… Il fallait y penser ! C’est à force de perdre son sac de couchage lors des tournées de concerts qu’il effectuait en Europe que Morgan Sansous, musicien valdoisien alors âgé d’une vingtaine d’années, a eu l’idée d’incorporer le duvet à son blouson.

Quatorze ans après cette illumination, c’est enfin la consécration ! Le Duson a en effet reçu, en mai dernier, la médaille d’or du concours Lépine européen de Strasbourg. «C’est une idée très simple mais ne trouvant pas de produits de ce type dans le commerce, j’ai voulu développer le concept à des fins personnelles. Je n’avais aucun business plan. J’ai réalisé le premier prototype avec un ami couturier. De nombreuses modifications ont été apportées au fil du temps et des différents prototypes», explique Morgan Sansous qui a obtenu le brevet pour le Duson en 2008.

L’armée sur le coup

L’inventeur herblaysien a ensuite pu bénéficier d’une large couverture médiatique notamment avec sa participation à l’émission L’Inventeur de l’année, diffusée sur M6. Le Duson a alors rencontré un franc succès en inspirant beaucoup de modèles à travers le monde avec, par exemple, un projet caritatif développé aux États-Unis en 2012 en faveur des sans-abri. «C’est une bonne chose que cela ait suscité des opérations solidaires et que le produit plaise. Après, j’aurais apprécié d’être cité dans ces projets et pourquoi pas, prendre part à l’aventure», souligne l’inventeur.

Motards, survivalistes, teufeurs, scouts, parapentistes, campeurs… Le Duson s’adapte à toute situation et condition climatique. Et l’engouement qu’il suscite ne s’arrête plus puisqu’il intéresse maintenant l’armée qui devrait tester son prototype d’ici à la fin de l’année. Les premiers Duson seront en vente début octobre pour se couvrir avant l’hiver.

Prix de 350 et 490 euros selon le modèle hiver ou été.

Auteur : Axelle BICHON

Source : www.gazettevaldoise.fr

La serviette de plage qui ne s’envole plus débarque à Bidart


Jean-François Gasmi révolutionne le confort des baigneurs. Cet inventeur vient d’imaginer une serviette de plage qui ne s’envole plus au premier coup de vent et qui ne s’enfouit plus sous le sable dès que l’on pose un pied dessus.

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Fini le paréo roulé en boule qui ne sèche pas, fini la serviette qui s’envole au premier petit coup de vent… les après-midis plage connaissent désormais une petite révolution. 

Jean-François Gasmi réinvente le concept de la serviette de plage « tout confort ».

Le principe est simple : Il suffit d’alourdir les angles de la serviette avec du sable grâce à quatre triangles de tissu cousus au verso. On remplit de sable ces quatre poches et la serviette reste stable.

Par expérience, chacun sait que poser quelques cailloux ou ses tongs aux coins de la serviette ne la maintient pas vraiment. L’idée de ce Géo Trouvetou des plages a donc tout pour séduire les baigneurs.

Jean-François Gasmi a déjà vendu 6000 modèles de sa serviette de plage « inamovible » dans toute la France.

Il réfléchit déjà à d’autres modèles pour l’été prochain.

Le reportage d’Emmanuel Clerc et de Fabien Cordier à Bidart

Auteur : Delphine Vialanet

Source : france3-regions.francetvinfo.fr