Oui, il y a un modèle français de l’innovation


Il y a quelques jours, le géant américain Facebook annonçait avec grand bruit son choix de créer à Paris un laboratoire d’intelligence artificielle -le Facebook Artificial Research (FAIR). De leur côté des entreprises françaises, comme AXA, ont décidé d’ouvrir des pôles d’innovation dans la Silicon Valley, eldorado californien des innovateurs et des startups… Un paradoxe qui révèle un mode de pensée et de fonctionnement ayant cours dans notre pays et qui pourrait bien lui porter préjudice s’il n’évolue pas rapidement. Trop de groupes et d’institutions français gardent irrémédiablement la tête tournée vers l’autre côté de l’Atlantique, habitées par le « rêve américain », et font fi des ressources offertes ici, laissant à d’autres -qui ont bien raison- le soin d’en profiter.

Le réseau social le plus puissant au monde n’est pas le seul à miser sur la France « pour sa concentration de talents dans le domaine de la recherche en informatique et en intelligence artificielle », comme l’affirme son directeur technique, Mike Schroepfer. Le partenariat passé en février dernier entre Cisco et le gouvernement français, est aussi une preuve de ce phénomène. Le CEO du leader de l' »Internet of Everything », John Chambers, ne paraît plus jurer que par la France dont il admire l’esprit entrepreneurial et dont il loue le savoir-faire en matière de high-tech. Pour de nombreuses entreprises étrangères, notre pays est « the next big think ». Dommage que la France ne soit pas elle-même capable d’anticiper ni même d’envisager un tel scénario. C’est un peu comme si le dernier pays à croire en la capacité d’innovation de la France était la France elle-même. Et ce n’est pas nouveau…

La France est une terre historique de création. C’est en France que sont nés la photographie, le cinéma, la carte à puce, le minitel… Pourtant, aucune de ces inventions n’a véritablement été développée ici, à tel point que personne ou presque ne sait qu’elles sont françaises. En cause notamment, notre incapacité à reconnaître la valeur de la création, notre difficulté à franchir le pas qui va de l’idée à son développement, nécessitant de passer du côté de l’économie et de la finance -un vrai problème en France-et notre modèle d’organisation très cloisonné n’offrant pas assez d’occasions de collaboration entre les métiers. Comment se fait-il que BlaBlaCar, startup française à l’origine d’une véritable rupture, soit allée réaliser sa levée de fonds à Londres? Il faut se poser la question d’un écosystème permettant de déployer et de faire grandir les projets en France. Car, de toutes évidences, il ne semble pas vraiment exister et il n’existera pas tant que les grands acteurs français ne jureront que par San Francisco et ses startups pour amplifier leur développement digital!

Il n’est plus possible qu’en France un entrepreneur mette des mois à trouver la « bonne personne », celle qui est mesure de l’aider, ou qu’il renonce à son projet faute d’avoir pu la rencontrer. Tout cela a assez duré! La France a peut-être d’excellentes bases pour entrer dans la course à l’innovation -on connaît la réputation de nos développeurs recherchés pour leur maîtrise exceptionnelle du numérique- mais elle n’est pas bien positionnée pour finir en tête ni même, peut-être, pour la terminer si elle ne remet en question certains de ses principes de fonctionnement, qu’ils soient culturels, institutionnels, administratifs, économiques…

Notre pays doit apprendre rapidement à valoriser les idées, à les développer, à en « aire du business » sans rougir, à briser les silos professionnels, sous peine de se priver de sources inouïes de croissance. Il s’agit de créer un lien simple et permanent, qui n’existe pas aujourd’hui, entre les innovateurs et les chefs d’entreprises, les décideurs politiques, les acteurs économiques et financiers, le monde culturel… C’est cette ambition que portent Les Napoleons* avec la création d’un réseau unique, à la fois physique et numérique, qui permette à tous les créateurs d’entrer en relation et de collaborer avec ceux qui, issus d’autres univers, peuvent apporter l’énergie nécessaire à la concrétisation, l’amélioration, l’accélération de leurs projets.

Un développant une structure comme celle des Napoleons, qui est à la fois une « fabrique » à idées, un « facilitateur » et un « accélérateur » de projets, on peut envisager de donner naissance à de belles réussites entrepreneuriales mais aussi de faire émerger un modèle d’innovation « à la française », capable de se démarquer des modèles existants. Oui, il existe une place sur la scène internationale pour une innovation tirant parti de notre histoire, de notre culture, de nos savoir-faire à condition de se libérer de nos jougs et d’arrêter de courir après le modèle américain ou israélien.

Napoléon qui aimait profondément la France et qui avait l’ambition de la faire rayonner disait que « l’imagination gouverne le monde ». Il savait le pouvoir de l’imagination et la capacité de la France à imaginer. Soyons aussi ambitieux et confiants que l’était celui qui a fait de la France une des plus grandes puissances mondiales. Donnons vite à nos idées le terreau nécessaire à leur développement sur notre territoire !

Les Napoleons sont le 1er réseau physique & digital mettant en relation les acteurs de l’Industrie des Communications (technos, telco, média, production de contenus, marketing, publicité, objets/ville connectés, mobilité…). Ce réseau regroupe plus de 1000 membres au sein de l’Innovative Communications Academy et touche déjà plus 10.000 personnes du monde de l’innovation. Les Napoleons sont parrainés par le ministère de la Culture et de la Communication, et organisent à Arles, du 22 au 24 juillet 2015, la 2e édition de ses Innovative Communications Summits. Cette summer session est dédiée à l’impact des technologies sur le monde des arts et de la culture.

Auteurs : Mondher Abdennadher & Olivier Moulierac

Source : www.huffingtonpost.fr

A 90 ans, un Aveyronnais met au point un moteur «révolutionnaire» !


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Élie Falières conserve chez lui le fruit de ses nombreuses années de recherche.

« La mécanique, c’est ma passion ! » Il suffit d’ailleurs de jeter un œil dans l’appartement d’Élie Falières pour se convaincre qu’il n’exagère pas. Sur une chaise, sur une table, sur un lit et ailleurs trônent des plans, des maquettes et diverses pièces usinées.

Domicilié aux Costes-Rouges, ce Castonétois de 90 ans a consacré sa vie professionnelle aux moteurs : il a été mécanicien chez un transporteur, puis salarié de plusieurs marques de voitures, avant de terminer sa carrière comme expert automobile. Mais son projet fou a été de créer son propre moteur. Un moteur rotatif qu’il veut « innovant » et dont les premiers dessins de la cinématique datent de 1966. « Admiratif » des moteurs « classiques », le nonagénaire qui a tout d’un Géotrouvetout explique cependant : « J’avais horreur de voir monter et descendre un piston ! Le moteur rotatif est plus naturel ; on y retrouve le mécanisme de la marche humaine ».

Énorme travail de recherche

Régulièrement, au fil de ces nombreuses années, Élie Falières a planché sur ses plans « pour trouver le bon mécanisme, adaptable sur un moteur à quatre temps ». « Un énorme travail de recherche », confie celui qui avait même obtenu l’autorisation d’usiner les pièces nécessaires au lycée Monteil, où il a d’ailleurs enseigné un temps.

Tout cela pour toucher le Graal du bout du doigt  « il y a deux ans. Là, le mécanisme était totalement au point ». Et d’assurer qu’aujourd’hui « un motoriste ou un constructeur peut le produire tout de suite ». Bien sûr, le retraité castonétois s’est déjà tourné vers eux « récemment », mais celui-ci porte un regard pragmatique sur la situation : « Les industriels ne sont pas en quête de nouveaux procédés ; les moteurs actuels obtiennent de suffisamment bons résultats ».

« Couple plus important ; consommation réduite »

Mais les attentes des automobilistes pourraient faire bouger les positions des constructeurs. Car, comme le souligne le Castonétois, « le couple de ce moteur est deux fois plus important que celui d’un moteur à explosion de cylindrée équivalente, et est construit avec dix fois moins d’éléments ».

Surtout, « il peut consommer deux litres de carburant en moins aux 100 kilomètres, sans aucune hybridation, avec une boîte de vitesse adaptée ». De quoi raviver le « rêve » d’Élie Falières : qu’un constructeur prenne son relais. « Moi, je n’ai pas les fonds nécessaires pour réaliser un moteur expérimental », dit-il. « Ce serait dommage que les motoristes, qui ont toutes les structures pour cela, ne fassent rien. Je leur fournirai tous les plans ».

Cet inventeur aveyronnais ne cherche visiblement pas à battre monnaie. « Je les donne ! La fortune ? À mon âge, je n’en profiterai pas longtemps ; il faut être réaliste ». Lui redoute en fait que tout son travail soit perdu. « Il faut que ce projet profite à quelqu’un », clame Élie Falières, qui partage son unique « souhait » : « Que les gens puissent acquérir une voiture qui consomme peu, sans que cela ne leur coûte cher à l’achat ».

Auteur : Charles Leduc

Source : www.centrepresseaveyron.fr

LLW9 : la maitrise totale du flux magnétique en crowdfunding


A l’issue de 10 ans de recherches et travaux sur l’énergie magnétique un jeune inventeur Français** vient d’aboutir à l’élaboration d’un système de production d’électricité dénommé « LLW9® « .

Ce dispositif transforme l’énergie cinétique libérée par un mécanisme magnéto-mécanique en électricité sans apport d’énergie classique telle que le pétrole ou autres énergies.

L’innovation technique de ce système réside dans la maitrise du flux magnétique grâce à un procédé novateur consistant à une inversion instantanée de polarité des aimants de forte puissance de type néodyme. Ce dispositif permet tous types d’actions sur ce convertisseur notamment : démarrer, accélérer, ralentir ou l’arrêter en toute sécurité en fonction de l’application et du rendement souhaité.

Voir la vidéo sur YouTube

Cette nouvelle technologie comporte de nombreux avantages :

• Production d’électricité « propre »
• Autonomie énergétique
• Zéro émission de CO2
• Pas d’utilisation d’énergies fossiles telles que pétrole, gaz, charbon …
• Absence de danger
• Coût de production d’électricité très faible
• Pas de pollution atmosphérique, ni esthétique

Enfin, cette production d’énergie ne dépend ni du degré d’ensoleillement comme l’énergie solaire, ni de la force du vent comme les éoliennes.

Selon ses concepteurs, les applications de ce type d’énergie pourront être multiples et variées. Elles s’appliqueront à l’habitat et aux logements, au transport terrestre, naval ou aérien ainsi qu’à l’Industrie, l’Agronomie, la Santé et la Défense. Divers prototypes sont attendus à partir de 2016.

D’un point de vue théorique, les premiers essais du module originel se sont avérés très concluants et ce, malgré un cahier des charges contraignant. La finalisation pratique du prototype est prévue fin décembre avec pour objectif de démontrer l’hypothèse scientifique comme fonctionnelle notamment du point de vue industriel.

Le crowdfunding pour financer une innovation révolutionnaire :

Aujourd’hui cette invention 100% Française, issue de la région PACA, entame une 1ère levée de fonds de 250.000 euros via la plateforme Happy Capital ( ici ). Ce mode de financement permettra de développer la Start Up tout en gardant la main sur sa technologie. Cette levée de fond aura pour but :

• De finaliser les prototypes en fonctions des applications prioritaires telles qu’habitat et logement et ensuite transports.
• De faire l’acquisition d’outillages high-tech.
• De faire réaliser de nombreuses mesures, tests et essais. Ceux-ci seront menés par des organismes tels que le CEA de Cadarache (Commissariat à l’Énergie Atomique).
• De mettre en place des collaborations avec des experts et des ingénieurs indépendants.

Pertinence et qualité des partenariats :

Le 1er partenariat a été co-signé avec l’institut IIDSRSI (Institut International pour le Soutien & le Développement à la Recherche Scientifique Innovante) situé sur le technopôle de Sophia Antipolis dans les Alpes Maritimes. L’institut intervient dans le cadre de recherche de levées de fonds auprès d’investisseurs privés ou mécènes, recherche de collaborations scientifiques et soutien dans la communication.

Le 2ème partenariat a été mis en place avec le groupe Espagnol IMA près de Barcelone au titre de leader européen dans la fabrication d’aimants permanents et applications Magnétiques. Pour LMW9, ces deux partenariats sont stratégiques dans la mesure où ils apportent les soutiens nécessaires au développement industriel du projet.

A ce jour, la Start up LMW9 n’a pas vocation à fabriquer de façon industrielle ou de gérer la distribution internationale de ces dispositifs. Sa mission est essentiellement la recherche et le développement pour pouvoir par la suite céder les licences auprès d’industriels ayant la compétence et l’ingénierie permettant sa fabrication.

Un prototype fonctionnel :

Michel Corréa, directeur de l’Institut IIDSRSI apportait quelques précisions sur un forum internet en 2014 : « Le prototype 001 du moteur LLW9 est parfaitement fonctionnel il est dans une configuration uniquement pour permettre et démontrer que la théorie physique développé par M. Luc besancon est bien réelle. Naturellement cette première configuration ne peut être développé pour des applications d’habitations individuelles ou de transport. C’est à quoi travail actuellement l’inventeur.

Le prototype 001 est d’un poids total de 480Kgs composé de 3 modules. 594 aimants néodymes puissants, d’une hauteur de 50cm, longueur 1,60m et 1,10 m de largeur. Développant un couple de 200 newtons m. La technologie de M. Besancon fait appel a une technologie mécanique avec arbres à cames et de 9 pistons. ( d’ou le chiffre 9 dans le nom du LLW9 ) »

** Luc Besançon est le développeur et l’inventeur de la technologie LLW9. Il a une formation et une expérience de technicien en électronique navale, mécanique automobile et électromagnétique. Agé de 36 ans, il travaille depuis 9 ans dans le domaine des champs magnétiques et des aimants permanents. Il a élaboré des kits adaptables de motorisations électriques pour remplacer les moteurs thermiques sur les Kartings de location ou compétition. Il est concepteur d’un véhicule de loisir électrique à 3 roues (Electron) qui a des caractéristiques supérieures aux véhicules actuellement sur le marché.

Source : www.enerzine.com

Une prothèse de main robotisée en impression 3D


Le Français Nicolas Huchet, distingué par le MIT pour son projet BionicoHand, développe des produits destinés aux handicapés et réalisables à bas coût.

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Nicolas Huchet vient d’être désigné «Innovateur social» de l’année.

À 31 ans, Nicolas Huchet affiche encore le style décontracté d’un adolescent. Mais il mérite d’être pris au sérieux : ce jeune ingénieur du son vient d’être élu par le prestigieux centre de recherche américain MIT «Innovateur social» français 2015 de moins de 35 ans. Son projet? BionicoHand, une prothèse de main robotisée, réalisable à bas coût grâce à des outils accessibles, comme une imprimante 3D, dont les plans de fabrication seront mis en ligne à la disposition de tous.

Nicolas Huchet a perdu sa main droite à 18 ans dans un accident du travail. «Dès que j’ai vu la prothèse que me proposait la Sécurité sociale, j’ai su que je ne l’aimerais jamais, même si elle me permet de faire pas mal de choses», se souvient-il en regardant la main stylisée en silicone de couleur chair qui repose sur ses genoux.

Le jeune homme va pourtant mettre dix ans avant de se lancer dans le projet qui bouleverse aujourd’hui sa vie. «Pendant des années, j’ai refoulé mon handicap, je m’y intéressais peu. C’est seulement en 2012 que j’ai commencé à m’investir en voyant arriver sur le marché de nouvelles prothèses polydigitales, qui permettaient par exemple de faire des lacets parce que les doigts bougent indépendamment. Elles me faisaient super-envie.» Le modèle pris en charge par la Sécurité sociale offre de l’autonomie, mais fonctionne comme une pince. Problème: impossible de s’offrir une des innovations ultraperfectionnées.

Une visite au fablab (atelier de fabrication ouvert au public) de Rennes va jouer le rôle de déclic. «En passant devant une imprimante 3D, je me suis demandé s’il était possible de réaliser une main robotisée dont j’avais trouvé les plans en open source sur Internet.» Le concepteur de cette main robot (InMoov), Gaël Langevin, accepte alors de le conseiller pour l’adapter en prothèse.

En cinq mois, un premier prototype est monté, pour un coût de 300 euros, avec l’aide d’une vingtaine de bénévoles du fablab. Des capteurs placés sur les muscles de l’avant-bras transforment l’énergie de la contraction en signal électrique qui commande les mouvements des doigts. La BionicoHand est née.

«On bidouille»

Mais quand nous le rencontrons dans les locaux de l’Atelier BNP Paribas à Paris à l’occasion de la remise des prix du MIT, petite déception: Nicolas Huchet ne porte pas sa main robot. «Le prototype actuel n’est pas suffisamment abouti pour un usage quotidien, justifie-t-il. Il a surtout valeur de preuve de concept. Nous travaillons à l’améliorer en tenant compte des besoins des usagers: un dispositif léger, rapide, robuste, fonctionnel et esthétique.» Avec des difficultés inédites à la clé. «D’ordinaire, la fabrication de prothèses robotisées relève du high-tech. Nous sommes dans la “low tech”, en cherchant à remplacer les éléments par des substituts moins chers trouvés dans des magasins de bricolage. On bidouille», explique Nicolas Huchet.

Ce dernier se réjouit du tournant qu’a pris sa vie avec ce projet. «Mon handicap a pris un sens, j’ai retrouvé confiance en moi. Je sortais d’une longue période difficile, tant sur le plan professionnel que personnel. Ce projet, c’est un médicament. Il m’a donné envie de changer les choses pour les personnes handicapées.»

L’enthousiasme suscité par BionicoHand ouvre de nouvelles perspectives à l’association «My Human Kit», créée pour l’occasion, qui envisage un développement commercial à moyen terme. Elle va élargir son champ d’action au handicap en général avec cinq projets, dont un fauteuil roulant, une prothèse auditive et des lèvres bioniques. Tous seront faisables en open source, mais des modèles achevés seront également commercialisés. La BionicoHand dans sa version finale serait ainsi vendue entre 1 000 et 1 500 euros, contre 11 000 euros en moyenne pour les modèles d’entrée de gamme.

Un «Handilab», lieu de recherche et développement dédié au handicap va être créé. Il ne sera pas ouvert au public dans un premier temps. «Nous souhaitons d’abord développer une expertise», justifie Nicolas Huchet. Et ce en lien avec une communauté internationale de fablabs et chercheurs. Quand l’inventeur s’efforce de réduire les coûts, il pense notamment aux handicapés des pays émergents. Pour mener à bien ce projet, l’association, qui prévoit d’embaucher un ingénieur, procède à une levée de fonds. En effet, le prix MIT ne comportait pas de récompense financière. Or les besoins sont estimés entre 160.000 et 200.000 euros par an.

Auteur : Pauline Fréour

Source : sante.lefigaro.fr

Un nano-filtre à eau 100 % efficace inventé en Tanzanie


Un chercheur tanzanien vient de remporter le Prix de l’innovation Africaine décerné par l’Académie royale britannique de l’ingénierie, pour avoir mis au point un système de filtration intégrant des nanoparticules. L’appareil est capable de purifier l’eau de toutes ses substances toxiques, qu’elles soient d’origines chimiques ou bactériennes.

L’eau potable en Afrique comme ailleurs, c’est la vie ! Grâce aux Objectifs du millénaire pour le développement mis en place par les Nations Unies, environ 2,3 milliards de personnes depuis 1990, ont pu obtenir un accès pérenne à cette ressource vitale. Mais malgré tous ces progrès indéniables, d’importantes inégalités subsistent. Sur les 750 millions de personnes dans le monde toujours privées d’eau potable, 90 % vivent dans des régions rurales et ne bénéficient pas des avancées de leur pays. Rien qu’en Afrique, selon l’UNICEF, les individus passeraient 40 milliards d’heures chaque année à marcher pour rapatrier jusqu’à chez eux un peu d’eau potable.

Askwar Hilonga connait bien le problème ! Ce spécialiste des nanotechnologies de l’Institut africain Nelson Mandela en Tanzanie a grandi justement en zone rurale où il a passé son enfance à observer les membres de sa famille souffrir régulièrement des maladies liées au manque d’eau potable. Il aura fallu 4 ans au jeune ingénieur chimiste de 38 ans pour mettre au point un filtre 100 % efficace. « Le plus dur a été de passer de la théorie au concret. Pour ça, il fallait de l’argent. Une subvention de 8 000 euros versée par mon université m’a permis de lancer un prototype », explique-t-il. Des années de recherche et un modeste investissement financier qui ont fini par être récompensés, ce 1er juin au Cap en Afrique du Sud, il a reçu le prix de l’innovation africaine décerné par l’Académie royale britannique de l’ingénierie. Son appareil fonctionne sur le modèle du filtre à sable, mais en utilisant des nano-composants qui sont capables de retenir tous les produits chimiques, les pesticides et les métaux lourds comme le cuivre ou le fluorure,  ainsi que des micro-organismes comme les bactéries ou les virus.

Le système de filtration qui n’est plus un prototype depuis deux ans est commercialisé à 117 euros par l’entreprise que l’inventeur a créée avec son épouse. Grâce aux 33 000 euros de prix qu’il vient de remporter, le chercheur compte maintenant réduire rapidement les coûts de production de son appareil. «J’espère aussi inspirer mes étudiants en leur montrant qu’il est possible de construire de grandes choses en Tanzanie », conclut le jeune scientifique qui prévoit que son nano-filtre révolutionnaire améliorera bientôt le quotidien de ses concitoyens, dans un pays où « 70 % des ménages n’ont pas accès à l’eau potable ».

Auteur : Dominique Desaunay

Source : www.rfi.fr

Comment rémunérer les salariés inventeurs


Si la rétribution de la mission inventive n’a pas été décidée contractuellement, elle peut être source de litiges et coûter cher.

Les juges sont généreux pour les salariés inventeurs. Les dix rémunérations les plus importantes allouées par la Commission nationale des inventions des salariés (Cnis) et les tribunaux français ont varié entre 50 000 et 610 000 euros par brevet et par inventeur… Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 10 novembre 2008, a attribué la somme de 1,04 million d’euros à trois salariés, concernant 22 brevets. Pourtant, selon un sondage des cabinets CMS, les entreprises européennes ne dépensent annuellement qu’entre 5 000 à 50 000 euros pour la rémunération des inventions de leurs salariés.

L’employeur a tout intérêt à bien encadrer la rémunération supplémentaire. L’article L. 611-7 du code de propriété intellectuelle (CPI) prévoit déjà un cadre. Il dispose que « les inventions faites par le salarié dans l’exécution soit d’un contrat de travail comportant une mission inventive qui correspond à ses fonctions effectives, soit d’études et de recherches qui lui sont explicitement confiées, appartiennent à l’employeur. Les conditions dans lesquelles le salarié, auteur d’une telle invention, bénéficie d’une rémunération supplémentaire sont déterminées par les conventions collectives, les accords d’entreprise et les contrats individuels de travail. » La jurisprudence précise que le droit à rémunération supplémentaire prend naissance à la date de réalisation de l’invention brevetable et non à celle du dépôt ou de la délivrance du brevet.

Bien définir la nature de l’invention

Mais c’est d’abord la notion même de mission inventive au sens du CPI, qui peut être source de litiges. Selon le contenu des stipulations contractuelles (intitulé de poste, descriptif des fonctions du salarié, notamment), il peut en effet s’avérer délicat de déterminer si une invention relève de cette catégorie ou de celle des inventions hors mission attribuables. Ce qui n’est pas sans conséquence quant à la propriété de cette invention et à la rémunération due au salarié.

Dans deux décisions récentes du tribunal de grande instance de Paris, le 16 mai 2014, et de la cour d’appel de Paris, le 25 novembre 2014, les juges du fond ont eu à se prononcer sur la question de qualification d’une invention d’un salarié. Dans ces contentieux relatifs à la nature de l’invention, les juges se sont attachés à rechercher si celle-ci pouvait être qualifiée d’invention de mission. Ils se sont appuyés pour cela sur des indices concrets : éventuelles notes de service, description des tâches effectives du salarié, comportement du salarié… Aussi, les employeurs ont tout intérêt à fixer clairement au contrat de travail la nature des fonctions confiées au salarié. Ils éviteront ce type de litiges et disposeront d’arguments solides pour faire valoir qu’une invention a bien été réalisée dans le cadre des fonctions effectives du salarié.

Ajouter une clause de rémunération dans le contrat

De la même manière, bon nombre de conventions collectives ne prévoient pas les modalités de détermination du montant de la rémunération supplémentaire due au salarié. Or si le contrat de travail est aussi muet sur la question, la fixation de cette rémunération sera laissée, à défaut d’accord des parties, à l’appréciation de la Cnis et – ou à celle des juges. Cette fixation de la rémunération supplémentaire par un tiers n’est pas satisfaisante pour l’employeur qui peut se voir contraint de verser une somme excessive au regard du bénéfice qu’il peut retirer de l’invention réalisée par son salarié. Ici encore, en l’absence de dispositions conventionnelles, l’employeur pourra fixer par une clause du contrat de travail, comportant une mission inventive, les modalités de détermination de la rémunération supplémentaire. Et éviter les aléas d’une rémunération fixée judiciairement qui peut parfois être élevée. Le contrat de travail peut fixer la rémunération en fonction de différents critères. La difficulté pratique de mise au point, la contribution personnelle de l’inventeur, l’intérêt commercial de l’invention, en sont des exemples. Chaque critère peut ensuite être pondéré, afin que cette rémunération dépende d’éléments pertinents au regard des besoins de l’entreprise, de son organisation et de sa politique salariale.

Selon le sondage réalisé par les cabinets CMS, les entreprises européennes versent les sommes tout au long du cycle de l’invention. Pour 20 % des entreprises, de 500 à 1000 euros sont versés lors de la communication de l’invention. Lors du dépôt de brevet, 32% versent de nouveau 500 à 1000 euros, puis la même somme lors de la délivrance du brevet. Enfin, pendant l’exploitation de l’invention, 44 % versent un montant correspondant généralement à un pourcentage du chiffre d’affaires concerné.

L’enjeu

  • Encadrer la rémunération supplémentaire due au salarié inventeur pour ne pas se la voir imposer par le juge

La mise en Œuvre

  • Préciser dans le contrat de travail les missions confiées au salarié inventeur
  • Fixer le mode de calcul de la rémunération des inventions dans le contrat de travail, en accord avec la convention collective

Source : www.usinenouvelle.com

2099 : un monde de robots et d’immortels ?


L’inventeur et futurologue américain Raymond Kurzweil est l’auteur de nombreuses prévisions technologiques, dont les premières remontent à son livre L’Ère des machines intelligentes en 1990. Le futurologue a récemment exposé sa vision de l’avenir au congrès international SAE 2015 de Detroit.

Quand on regroupe les dates qu’il commente dans une même liste, on obtient un pronostic détaillé de l’évolution technologique d’ici la fin du XXIe siècle. Raymond Kurzweil a commencé à s’intéresser à l’évolution parallèle des hommes et des machines pendant ses études à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT). Aujourd’hui, mettre en œuvre des idées fantastiques est devenu pour lui une tâche quotidienne: depuis trois ans il occupe le poste de directeur de l’ingénierie chez Google pour travailler sur les projets relatifs à l’apprentissage automatisé et au traitement du langage.

Les prédictions de Kurzweil sont intéressantes au moins parce que plusieurs de ses pronostics antérieurs se réalisent en effet: les systèmes de réalité augmentée et virtuelle, l’électronique portable, les vêtements « intelligents », les assistants électroniques (comme Google, Siri et Cortana), les voitures à pilotage automatique et des dizaines d’autres changements de la vie quotidienne.

Alors, de quoi sera fait notre avenir selon Raymond Kurzweil ?

2019

La plupart des humains posséderont plusieurs ordinateurs, même si la sémantique du terme en soi changera également. La puissance de traitement des ordinateurs valant moins de 4 000 dollars atteindra 20 quadrillions d’opérations à la seconde. Les micro-ordinateurs seront intégrés partout dans la vie quotidienne — dans les vêtements, les bijoux, les meubles et mêmes les murs. Cela concerne également les appareils photos et les caméscopes, dont les objectifs seront réduits à la taille d’une tête d’épingle.

Les hommes disposeront de systèmes de réalité virtuelle projetant une image directement sur leur rétine. Les utilisateurs communiqueront avec leurs ordinateurs via une interface vocale et gestuelle bidirectionnelle, pratiquement sans aucun recours au clavier. Les fils et autres câbles pour les appareils périphériques disparaîtront presque entièrement.

Les aveugles et les malvoyants pourront porter des lunettes qui interpréteront le monde réel grâce à la parole. De la même manière, les personnes malentendantes utiliseront des appareils portables qui transformeront la parole en texte ou en signes, et la musique en images ou en sensations tactiles. On créera une rétine artificielle, une oreille bionique et d’autres implants neuronaux, mais ils existeront en nombre limité.

Les patients ayant une moelle épinière endommagée pourront retrouver l’usage de leurs jambes grâce à un exosquelette contrôlé via une interface cerveau-ordinateur ou par des commandes directes de leurs propres terminaisons nerveuses. De nombreux dispositifs d’interactivité tactile verront le jour. Par exemple, des gants ou même des costumes entiers transmettant des attouchements à distance. Ils seront utilisés dans des systèmes de réalité virtuelle et pour une communication plus émotionnelle entre les hommes par internet, y compris les relations sexuelles virtuelles.

Les grilles volumiques de nanotubes évinceront le silicium de la micro-électronique. Au lieu des algorithmes traditionnels, on utilisera activement des réseaux neuronaux parallèles et des algorithmes génétiques.

Les systèmes de traduction automatique seront si efficaces qu’ils seront largement répandus dans les différents domaines professionnels et dans la vie quotidienne.

2021

L’accès à internet sera accessible sur 85% de la surface terrestre. Il sera essentiellement sans fil et très bon marché. Son paiement formel sera débité automatiquement.

Les logiciels informatiques apprendront à créer des œuvres d’art d’un même niveau que leurs contemporains, voire mieux. Des tableaux, des compositions musicales et des sculptures seront créés par l’intelligence artificielle.

Les livres édités sur papier se feront rares. Le principal moyen de visionnement des textes passera par des écrans portables minces et légers à très haute résolution.

2022

Les robots seront aussi habituels que les animaux domestiques. Les gouvernements des pays développés adopteront des lois réglementant les rapports entre les hommes et les robots. Quelques années plus tôt, des textes encadreront les relations avec les personnages virtuels à qui certains commenceront à accorder davantage de temps qu’aux conversations avec des hommes.

2024

Les systèmes de pilotage automatique et d’aide à la conduite seront largement répandus dans les voitures, les camions et les transports en commun. Dans certains pays il sera même interdit de conduire une voiture sans assistance électronique. Entre 2020 et 2025 apparaîtront des appareils volants personnels compacts.

2025

Les appareils électroniques commenceront à céder la place aux appareils implantés. Nous apprendrons à lutter efficacement contre les processus de vieillissement et prolongerons constamment la vie à l’aide de nanorobots et d’autres technologies qui n’ont pas encore de nom.

2028

L’énergie alternative sera l’une des technologies de base pour le développement de toutes les autres. Elle sera affirmée comme concept dominant. Les batteries solaires seront efficaces à tel point qu’elles suffiront à couvrir la majeure partie des dépenses énergétiques.

2029

Un ordinateur pourra non seulement passer le test de Turing, mais même mieux que beaucoup d’interlocuteurs réels. Un ordinateur valant 1 000 dollars dépassera largement les capacités du cerveau d’un être humain dans la plupart des domaines.

La simulation du cerveau deviendra bien plus précise. Les fonctions de centaines de divers sous-régions seront définies, ainsi que les algorithmes de leur développement et de leur fonctionnement. Elles seront décryptées et incluses dans les algorithmes des réseau neuronaux.

2031

Beaucoup d’hommes deviendront volontairement des cyborgs et, en raison de l’abondance des implants, la notion même d' »être humain » sera redéfinie. Les organes seront fabriqués par des machines dans tous les grands hôpitaux.

Des implants informatiques seront créés avec une connexion directe au cerveau et des groupes neuronaux particuliers. Ils pourront apporter à l’homme des possibilités extraordinaires — améliorer la perception, accroître la mémoire, augmenter la vitesse de réaction et réduire le temps d’apprentissage.

2033

Les ordinateurs commenceront à apprendre sans l’intervention de l’homme. Les formes d’intelligence non-biologiques uniront la subtilité de l’intelligence humaine avec la vitesse, la mémoire et les capacités illimitées d’échange de connaissances de l’intelligence artificielle.

Pratiquement toutes les voitures seront autoguidées. Les travaux agricoles et les systèmes de transport seront également entièrement automatisés.

2034

L’évolution de l’IA conduira à l’apparition de mouvements sociaux pour les droits des machines. Le programme global de défense spatiale empêchera efficacement la chute de météorites et d’astéroïdes sur Terre.

2038

Le transhumanisme sera l’un des secteurs clés de l’activité humaine. Les implants neuronaux permettront d’avoir une meilleure orientation professionnelle et toutes les connaissances spécifiques. Il sera possible de contrôler ses propres cellules corporelles pour programmer de nouvelles fonctions et soigner des maladies.

2041

Le débit internet maximal sera des centaines de millions de fois plus élevé qu’aujourd’hui, et les moteurs de recherche seront intégrés partout. Il sera possible de faire des recherches par la pensée via une interface neuronal directe (IND).

2045

Première réalisation de l’immortalité physique : les nanorobots aideront à surmonter l’apoptose et protégeront l’organisme de tout effet négatif.

2049

La nourriture sera assemblée par des nanorobots avec des moyens improvisés. Cette nourriture sera en tout point identique à son homologue « naturel », mais pourra prendre n’importe quelle forme par une simple modification du programme. Par exemple, elle pourra être plus ou moins calorique, changer son contenu en acides aminés, en vitamines, en microéléments et même inclure initialement des ferments pour sa digestion. La technologie de production de la nourriture synthétique réglera le problème de la famine et rendra la production alimentaire indépendante des conditions climatiques et des ressources naturelles.

La différence entre la réalité virtuelle est ce qu’il est convenu appeler le « monde réel » s’effacera complètement. À cela contribueront le développement des systèmes de réalité augmentée et le fait que pratiquement tous les objets physiques pourront effectuer un assemblage autonome immédiat ou changer leurs propriétés.

2072-2099

Les nanotechnologies engendreront les picotechnologies. On pourra alors manipuler des structures d’une dimension d’un milliardième de millimètre. Ce sera le début de l’ère de la singularité technologique, qui s’étendra au-delà de la Terre avec l’humanité. Notre réflexion n’aura plus d’avantages sur l’IA. Les humains et les robots se mélangeront à tous les niveaux de la vie. De nombreux individus n’auront même plus de forme permanente. Ils existeront sous formes de programmes, leur conscience sera capable de contrôler à la fois plusieurs corps physiques et d’en créer de nouveaux. Les frontières entre les manifestations matérielles des identités s’effaceront progressivement, c’est pourquoi il sera impossible de calculer le nombre exact d’hommes sur la planète et en dehors.

Contenu réalisé à partir d’informations émanant de sources ouvertes.

Source : fr.sputniknews.com