Réunion / Quinze « Géo Trouvetout » dans le FabLab de l’Est


BRAS-PANON. Le local de l’association « FabLab de l’Est H3O » a été inauguré hier. Rassemblés à côté de la start-up Oscadi, les inventeurs travaillent beaucoup avec du matériel de récupération.

Agauche, un simulateur de conduite automobile. A droite, le rayon vert d’un laser. Au centre, un segway fabriqué en matériaux de récupération, une mini-voiture fonctionnant avec de l’hydrogène, des drones, un buste d’Edmond Albius en polystyrène… Cette véritable caverne d’Ali Baba, installée sous le toit cylindrique d’un ancien atelier de mécanique dans la zone artisanale de Bras- Panon, a été inaugurée hier sous le nom de « association FabLab de l’Est H3O ». Pourquoi H3O ? « Parce qu’on arrêtera l’association quand on aura trouvé la formule » rigole Willy Taochy, électronicien et président de ce groupe d’une quinzaine de « Géo Trouvetout ».

Parmi ces inventeurs de tous horizons, on retrouve Olivier Sautron, fondateur de la société Oscadi (leader dans l’échographie sur smartphone), et voisin de palier. « J’ai toujours voulu un fablab, c’est-à- dire un espace communautaire de création » explique M. Sautron. « C’est pourquoi l’association a démarré dans nos murs ».

SUBVENTION DE 8.000 EUROS

L’association récupère tout ce qu’on lui donne : machines à usiner du lycée Amiral- Lacaze, déchets de bois de tamarin de la scierie de Saint- Benoît… « Avec ces morceaux de tamarin, nous avons fait des panneaux, dont le bois a été gravé avec des machines fabriquées par le fablab ». Juste à côté de l’entrepreneur primé pour sa start-up, un adolescent s’amuse sur un simulateur de conduite automobile.

Iswaren Robert, 13 ans, s’avoue particulièrement heureux : c’est son père Jean-François Robert, mécanicien au Port, qui a fabriqué l’objet en utilisant des moteurs d’essuie-glace. « J’en avais assez de payer pour les simulateurs dans les hypermarchés » sourit le père de famille. « J’en ai fabriqué un moi-même ». Il a bénéficié des conseils et de l’aide des autres membres de l’association, par exemple pour la partie informatique. Très fier d’héberger cette association dans sa commune, dans des locaux privés au loyer accessible, le maire Daniel Gonthier se fait expliquer toutes les inventions. « Nous avons voté fin 2016 une subvention de 8000 euros pour le fablab » assure l’élu, qui a déjà d’autres projets (lire notre encadré).

Albius sculpté en numérique

« L’objectif, c’est de mettre en avant notre culture réunionnaise avec des objets fabriqués ici ». Jimmy Armand, docteur en microélectronique et cadre à la mairie de Salazie, a réalisé une étonnante sculpture numérique: un buste d’Edmond Albius, à partir de la seule image connue de l’inventeur de la fécondation de la vanille. « J’ai fabriqué une machine à usiner, et j’ai généré le fichier pour que la machine puisse usiner mon bloc de polystyrène » explique M. Armand, membre du Fablab de l’Est. « J’ai fait une recherche anthropomorphique pour garder les traits africains » précise l’inventeur, qui prépare déjà une nouvelle machine. Il projette désormais de fabriquer des objets en pierre ou en bois, qui seraient ensuite vendus. Selon lui, ce serait plus représentatif de la culture réunionnaise que des gadgets fabriqués en Asie !

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Daniel Gonthier veut une technopole

« L’Est a besoin de se tourner vers le futur, et on veut garder les habitants sur notre territoire » assure Daniel Gonthier, maire de Bras-Panon. Sa solution ? « créer une technopole à Bras-Panon ». Où ? « La ville est propriétaire d’un hectare, en face de la piscine et du collège. Nous sommes à la recherche de financeurs, il y aura une division spécialisée dans les drones. Mon but est d’accélérer l’émulsion des cerveaux » insiste Daniel Gonthier, jamais à court de formules innovantes. Pour l’instant aucun calendrier n’est annoncé. A côté des drones ou de la recherche sur l’électricité fabriquée à partir de l’hydrogène, l’élu verrait bien… un petit terrain de golf pour que tous ces chercheurs puissent se détendre !

Auteur : Véronique Hummel – Source : actus.clicanoo.re

Concevoir un objet connecté : 9 règles d’or pour faire aboutir son projet


Pour développer un appareil intelligent abouti, les entreprises doivent choisir le bon réseau et opter pour une source d’énergie adaptée.

Créer un objet connecté n’est pas une mince affaire, même pour une entreprise qui a trouvé un business model autour de l’Internet des objets et qui a vérifié que son appareil correspond bien à la demande de ses futurs utilisateurs. Voici neuf conseils à suivre pour les néophytes qui veulent faire aboutir leur projet.

Avoir un ingénieur parmi ses fondateurs

Disposer d’une culture industrielle est un gros plus pour les PME et les start-up qui se lancent dans l’IoT. « Withings, Netatmo… Toutes les entreprises qui ont réussi dans le secteur ont un ou plusieurs ingénieurs parmi leurs membres fondateurs », souligne Camille Vaziaga, déléguée générale du think tank Renaissance Numérique, qui a co-signé le livre blanc « Les Nouveaux eldorados de l’économie connectée ».

L’idéal : que l’un des dirigeants de la société soit ingénieur en conception industrielle

L’idéal est que l’un des dirigeants de la société soit ingénieur en conception industrielle. « Ils allient les compétences mécaniques, thermiques et électroniques nécessaires à la conception complexe de ces appareils », complète Luc Bretones, vice-président du G9+, un think tank spécialisé dans le numérique, qui a piloté l’écriture du livre blanc. Ces personnalités agissent comme des aimants, elles attirent des ingénieurs plus spécialisés pour compléter la grappe de compétences de la société.

Choisir un réseau approprié

Utiliser le bon réseau pour faire circuler l’information est fondamental. « Les entreprises peuvent se demander avec quel autre appareil leur objet connecté devra communiquer et choisir leur technologie en fonction », suggère Camille Vaziaga. Les réseaux filaires, Wifi ou encore les bandes étroites déployées par Sigfox ou l’alliance LoRa ont tous leurs avantages et leurs inconvénients.

10-vins a développé la D-Vine, une machine qui aère et met à la bonne température le vin contenu dans une fiole de 10 cl, vendu par l’entreprise nantaise. « Nous avons choisi la RFID pour que l’appareil détecte que le flacon de vin est en place. C’est la technologie utilisée dans les cartes de paiement sans contact. Mais nous n’avions pas anticipé que les ondes radio se comportent différemment quand elles sont à proximité de métaux ou de liquides. C’est un vrai problème », explique Thibaut Jarrousse, le patron.

Si le flacon n’était pas placé dans une certaine position, l’appareil ne le détectait pas dans 100% des cas. Les entrepreneurs ont résolu le problème grâce à un tour de passe-passe : ils ont apposé des points à des endroits précis sur les fioles de vin pour expliquer aux utilisateurs comment les positionner et qu’elles soient reconnues à tous les coups.

Trouver une source d’énergie adaptée

Rares sont les objets connectés branchés perpétuellement au secteur. Pour les entreprises, la question de l’alimentation en énergie de leurs produits et leur consommation effective est essentielle. Un appareil qui ne se réveille qu’une fois par jour pour envoyer quelques données n’a pas les mêmes besoins qu’une montre connectée.

« La source d’énergie choisie est la contrainte qui pèse le plus sur le design des objets intelligents, c’est une vraie source d’encombrement physique », prévient Arnaud-François Fausse, directeur de la branche IoT du cabinet de conseil Octo Technology, qui a en parallèle créé son entreprise Zerfos.systems, pour concevoir des objets connectés BtoB.

Son dernier projet en date : une manette intelligente pour des distributeurs de produits chimiques en entreprise. Elle est capable d’enregistrer le nombre de fois où elle a été activée, si la dose de produit a été entièrement ou partiellement prélevée… « J’ai exploré la piste d’un générateur mécanique fonctionnant comme une dynamo mais j’ai finalement opté pour une simple pile, moins encombrante », retrace-t-il.

Design : faire simple

L’utilisateur doit comprendre en un coup d’œil comment fonctionne l’appareil. Cela passe par un design simple. « Les produits lancés par des entreprises à succès, comme le thermostat intelligent de l’américain Nest, ne font qu’une chose mais la font simplement », pointe le vice-président du G9+ Luc Bretones. Pour lui, le mode d’emploi est quasiment à bannir. Le piège à éviter : lancer un appareil qui veut faire trop de choses et dont l’utilisation n’est pas claire pour le client.

Prévoir le temps nécessaire à l’homologation

La fonction du thermostat intelligent de Nest est évidente pour ses utilisateurs

Lorsqu’ils conçoivent un produit, les entrepreneurs doivent penser aux normes. 10-vins a collaboré avec deux partenaires spécialisés dans l’homologation, qui ont réalisé une batterie de tests. « Nous avons travaillé sur cette étape pendant 6 mois. C’était compliqué car notre produit ne rentrait dans aucune case. Ce n’est pas un frigidaire ou un grille-pain. Nous avons effectué un important travail de recherche avec nos partenaires pour cette homologation qui combine les normes de différentes catégories de produits », raconte Thibaut Jarrousse.

Protéger sa propriété intellectuelle

Lorsqu’on se lance dans le hardware, il faut protéger son produit dès le départ, dans tous les marchés que l’on veut toucher. La D-Vine est par exemple couverte par deux brevets mondiaux car ses créateurs visent l’international. « Le bureau des brevets vérifie que personne dans le monde n’a eu la même idée que vous, c’est un point important », souligne le dirigeant de 10-vins. Et de poursuivre : « Les brevets rassurent les investisseurs potentiels, car ils découragent les sociétés qui voudraient vous copier ».

Se rendre dans un FabLab pour prototyper

Les FabLabs se multiplient. « Prototyper dans ces espaces équipés d’imprimantes 3D permet à des start-up et à des PME ne disposant pas d’une réserve infinie de financements de mutualiser les coûts », argumente Luc Bretones. Les FabLabs sont souvent dotés de techniciens, qui assistent les entreprises dans la conception de leurs appareils. La Cité des objets connectés d’Angers (Maine-et-Loire) met par exemple à disposition de ses utilisateurs des spécialistes de l’électronique.

Ces compétences leurs permettent d’accélérer le prototypage, souvent long dans le hardware car pour intégrer toutes les contraintes liées à la fabrication d’un objet connecté (design, batterie, normes…), les entreprises doivent concevoir plusieurs prototypes. « Nous avons travaillé sur 15 versions différentes de la D-Vine », illustre Thibaut Jarrousse.

Penser à l’industrialisation en amont

Pour fabriquer un produit en série, il faut que toutes les pièces puissent être moulées et que le montage soit facile. La start-up clermontoise Kalkin a développé un traceur GPS connecté pour les skieurs, le SloKi. « Notre appareil, que nous avons prototypé à l’aide d’une imprimante 3D, avait une structure en nid d’abeilles, impossible à mouler en usine. Nous avons dû le redessiner », raconte le président de l’entreprise, Pierre-Jean Mathivet.

Fournisseurs : s’appuyer sur ses partenaires

« Il faut demander à ses potentiels fournisseurs des échantillons des pièces qu’ils fabriquent, pour être certain de la qualité de leur travail, sinon, il faut aller voir ailleurs », insiste Arnaud-François Fausse, d’Octo Technology.

Les 30 industriels avec lesquels 10-vins a travaillé sont pour beaucoup installés en France. Cela a permis aux entrepreneurs de passer les voir fréquemment. « Nous avons tissé des liens de confiance avec nos partenaires tout au long de la conception du produit. Ils nous ont conseillé des fournisseurs fiables », explique le patron.

« Pour de grandes séries de plus de 10 000 ou 20 000 exemplaires, il vaut mieux aller en Asie », souligne toutefois Luc Bretones. Mais les PME et start-up ne peuvent se lancer seules dans cette aventure sans rien connaître de cet univers. « Les entreprises qui ont tissé des partenariats avec de grands groupes peuvent profiter de leur carnet d’adresses sur place », poursuit-il.

Dans le cadre de son programme orienté objets connectés, Orange a par exemple tissé des liens avec la jeune pousse Prizm, qui a créé un appareil capable de diffuser de la musique sur-mesure. L’opérateur a ainsi aidé la start-up à trouver ses fournisseurs en Chine.

Auteur : Lélia De Matharel

Source : www.journaldunet.com

La Foire de Paris met les «Makers» à l’honneur


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La Foire de Paris, qui s’ouvre ce vendredi pour dix jours, n’est plus ce qu’elle était. Ou plus seulement. Certes, on y trouve toujours cheminées, piscines, vêtements, sandwichs dans une ambiance festive. Mais maintenant on y fait aussi une grande place à la création individuelle.

«Les makers, c’est un mouvement qui fait un tabac aux États-Unis. À New York ou à San Francisco, les rencontres qu’ils organisent pour présenter leurs inventions personnelles au grand public réunissent jusqu’à 200.000 personnes», s’enthousiasme Carine Préterre, la directrice de la Foire de Paris. L’événement, qui s’installe Porte de Versailles pour dix jours, se fait fort d’introduire en France un mouvement qu’il juge dans l’air du temps. L’an dernier, pour la première édition de «Maker Faire Paris», les créateurs individuels français ont accueilli 35.000 visiteurs. Ils en attendent le double cette année.

Ces créateurs seront 300, les 30 avril et 1er mai, à présenter leurs projets. Pour la plupart ils auront bricolé leur invention dans leur garage, pour leur utilité personnelle et sans vocation commerciale. Dans cette communauté créative, les visiteurs découvriront l’inventeur d’une fraiseuse numérique fabriquée maison, de la découpe de papier artistique, des livres en 3D, ou encore des robots construits en matériaux de récupération. Des ateliers, des lieux d’échanges, des spectacles et démonstrations sont prévus durant tout le week-end. Une rencontre avec des milliers de Géo Trouvetou et de la culture du Do-it-yourself, en mode collaboratif.

560.000 visiteurs attendus en dix jours

«L’innovation n’appartient plus aux grands groupes mais aux individus, ce sont eux qui créent les objets dont ils ont besoin», confirme Jérémie Nacache, co-créateur du site de e-commerce Bisly. Sa participation à la Foire de Paris est une première occasion de rencontrer des clients en leur présentant de visu les produits innovants qu’il a dénichés. Lui n’est pas un maker, mais un jeune entrepreneur qui vise par sa présence à développer son chiffre d’affaires et engranger de nouveaux clients.

Comme 73 autres jeunes chefs d’entreprises ou start-up, il sera lui aussi à l’honneur dans un «espace découvertes» qui leur est dédié. Pour la plupart d’entre eux, ce sera un baptême du feu. Leur première confrontation avec un public en quête d’innovation et prêt à ouvrir son porte-monnaie pour des achats coup de cœur. «En moyenne à la Foire de Paris, les acheteurs dépensent 448 euros , et 70% des exposants reviennent d’une année sur l’autre», analyse Carine Préterre. Cette année, cet événement géant sans équivalent en Europe espère accueillir 560.000 visiteurs en dix jours.

Source : www.lefigaro.fr

Maker Faire, le(s) retour(s)


Les Maker Faire reviennent en France, dans trois villes successivement : Paris, Rouen et Nantes.

Très bientôt, la troisième édition parisienne. L’année 2015 avait marqué un tournant dans l’histoire de Maker Faire en France car, en s’installant au sein de la Foire de Paris, le Maker Faire a connu un bond dans sa fréquentation avec près de 35 000 visiteurs.

En 2016, ce partenariat avec la Foire de Paris a été reconduit et vous pourrez à nouveau rencontrer les « makers » de tout poil (particuliers, associations, écoles, centres de recherche, start ups, PME…) et échanger avec eux des idées, des projets, des techniques dans toutes sortes de disciplines.

Attention, la Foire de Paris est ouverte du 29 avril au 8 mai mais le Maker Faire ne le sera que pendant deux jours : le 30 avril et le 1er mai. Ouverture des portes à 10h et fermeture à 19h (comme le reste de la foire). Le tout se tiendra au Parc expo de la Porte de Versailles.

Accès en transports en commun :

* Métro ligne 12 (station Porte de Versailles)
* Métro ligne 8 (station Balard)
* Tramway ligne T2 (station Porte de Versailles)
* Tramway ligne T3 (station Porte de Versailles)
* Bus ligne 39 (arrêt Porte de Versailles)
* Bus ligne 80 (arrêt Porte de Versailles)

Accès en voiture :

* Depuis les autoroutes A1, A3, A14, A15 : direction Paris, périphérique Ouest, sortie Porte de Sèvres ou Porte de Versailles
* Depuis les autoroutes A3, A4, A6, A10 : direction Paris, périphérique Sud, sortie Porte de Versailles, Porte de la Plaine ou Porte de Sèvres

Le Maker Faire qui suivra se déroulera à Rouen sous une forme réduite : le « Mini Maker Faire ». Cette manifestation est organisée par la Métropole Rouen Normandie en partenariat avec SEINARI et se tiendra pour sa toute première édition Rouennaise les 3 et 4 juin 2016 au sein de « Seine Innopolis », une pépinière d’entreprises située sur la commune de Petit-Quevilly, au 72 rue de la République.

Enfin, Nantes accueillera du 8 au 10 juillet son 1er Maker Faire ainsi qu’un campement d’artistes constructeurs de machines. Ces artistes viennent de toute l’Europe et de Californie. Ils installent leurs campements le long de la piste de l’Éléphant. Les machines et l’Éléphant se déplaceront sur le site et la compagnie « La Machine » présentera pour la première fois à Nantes la grande araignée. Maker Faire Nantes réunira 200 makers dans un espace clos de 6 000m2 sous les Nefs.

Les billets sont à réserver sur le site www.lesmachines-nantes.fr ou sur place. Le Campement d’artistes et ouvert est gratuit.

Auteur : JMD

Ils fourmillent dans leur ruche de l’électronique


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Bidouilleur de l’extrême ou programmateur novice, inventeur fou ou bricoleur du dimanche, chacun a sa place à la BarHack. Seul impératif : vouloir entendre parler objets connectés.

La BarHack hackerspace saint-lois, malgré un nom à coucher dehors, déborde d’idées toutes plus futées les unes que les autres. Son arme secrète : l’objet connecté.

L’initiative

Un casque de vélo sur lequel trônent des clignotants qui se déclenchent lorsque l’on tourne la tête d’un côté ou d’un autre, un poulailler avec porte automatique, un pull ou un t-shirt qui détectent les chutes et préviennent les secours… Tous ces objets, ça vous dirait ? À Saint-Lô, des têtes bouillonnantes y pensent et voudraient faire de ces idées de belles réalités.

Ces têtes-là, elles appartiennent à Damien, Guillaume ou Véronique. À un groupe de 13 amis, âgés de 25 à 40 ans, tous liés par leur réseau professionnel, la plupart collègues chez Manche numérique. « On avait chacun des idées, mais pas les locaux pour bidouiller autant qu’on le voulait. Alors, on a eu l’idée de créer une association », explique Damien Albert, devenu le président de la BarHack hackerspace saint-lois.

Le partage de connaissances avant tout

En mars, tout ce petit monde viendra poser ses valises, ou plutôt ses kits d’électronique et ses logiciels de programmation, au sous-sol de la mairie. En espérant que d’autres bidouilleurs de leur trempe viennent, petit à petit, élargir le groupe, « pour comprendre l’objet technologique et le détourner de son usage premier ».

Pour ces hackers, pas question de créer des monstres numériques ou de pirater des systèmes bancaires. « On a envie de combiner les objets du quotidien à la technologie, pour les améliorer et répondre à des problématiques concrètes, comme celle de l’autonomie des seniors. »

Une ou plusieurs fois par semaine, selon l’affluence, la salle sera ouverte à tous les adhérents. « Chacun viendra avec son matériel et avancera sur son projet. » L’intérêt de se retrouver : « Se compléter, profiter des compétences des autres et leur faire profiter des nôtres », estime Christophe Déganne, le premier adhérent à avoir rejoint le groupe fondateur.

Leur espace et leur association, les 13 amis les veulent aussi pédagogiques. « Nous voudrions aider le grand public à s’emparer de la technologie »,  explique Damien Albert. Grâce à des activités à destination des enfants, les samedis après-midi, ou des ateliers un peu plus techniques de manipulation pour les plus grands, par exemple.

À terme, le groupe ne cache pas avoir des ambitions économiques, se « positionner comme tremplin pour la création d’entreprises, donner un coup de main à l’Agglo pour qu’elle mette en place une nurserie numérique ».

La BarHack hackerspace saint-lois. Adhésion : 30 € l’année. Renseignements : Damien Albert, tél. 06 38 56 90 46.

Auteur : Zoé BAILLET

Source : www.ouest-france.fr

Ouvrir des Fab Labs, un acte RSE


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Ouvrir des Fab Labs, un acte RSE

Les entreprises ont tout à gagner à ouvrir des ateliers de fabrication numérique qui accueilleront des étudiants et des porteurs de projets externes à l’organisation. Pour les convaincre, Viviane Chaine-Ribeiro appelle à ce que cette démarche s’inscrive dans les politiques de responsabilité sociale et environnementale. Extrait d’un ouvrage de l’Institut G9+.

Faire croître des Fabs Labs au sein des entreprises est une idée qui s’inspire des initiatives de groupes comme Renault ou Seb. Tout l’objet de cette opération est de mettre à la disposition de personnes extérieures à la société des ressources de celle-ci, que ce soit des machines, des logiciels et plus généralement des savoir-faire. Ainsi l’objectif visé est de permettre à des étudiants et des porteurs de projets, juniors ou seniors, qualifiés ou non, d’avancer plus vite dans leur développement en bénéficiant de l’expertise d’acteurs déjà installés et de leurs équipements.

En contrepartie les intervenants extérieurs donneraient leur avis et apporteraient leurs expertises propres sur des projets proposés par l’entreprise accueillante dans un but d’innovation et de travail collaboratif déconnecté des procédures et usages de la société accueillante.

Une convention-type pour partager les brevets

Une convention type sera, dans ce cadre, proposée pour régler, de façon équitable et transparente, la répartition des éventuels brevets et royalties découlant des éléments de propriété intellectuelle ou industrielle élaborés dans ces Fabs Labs. Les frais engendrés par la mise en place de ces espaces de travail collaboratifs ouverts sur le monde pourraient être alloués comme des dépenses éligibles au Crédit d’Impôts Recherche pour toutes les entreprises.

Le dispositif d’éligibilité au Crédit d’Impôt Recherche passe par la modification du Code Général des Impôts – notamment l’article 244 quater B – et une évolution législative qui rendrait les frais engagés éligibles pour toutes les entreprises, quelle que soient leur taille ou leur ancienneté.

Les Fab Labs, premier point de contact dans le recrutement de compétences rates

Les bénéfices attendus sont multiples : renforcer les liens entre entreprises et monde universitaire, donner aux étudiants et porteurs de projets l’accès à de réels pôles d’expérience et d’excellence au sein des entreprises . Pour ces dernières, la mise en relation directe avec des étudiants parmi les plus dynamiques constitue l’avantage principal de l’installation en leur sein de Fab Labs. Ce premier contact avec le monde de l’entreprise dans un cadre quasi professionnel ouvrira ensuite sur le recrutement de compétences rares et indispensables à la transformation numérique de notre pays.

Signalons en outre que l’ouverture sur des idées créatrices de business models de rupture prend sa source dans ce type d’initiatives. Saisissons cette opportunité de remettre en cause en permanence les schémas établis !

Recenser les bonnes expériences en Fab Labs pour convaincre

La mise en œuvre de cette proposition aura un impact fiscal très modéré sur les recettes de l’impôt sur les sociétés. En réalité, la principale difficulté sera de convaincre les entreprises à jouer le jeu du collaboratif en s’ouvrant à l’ensemble de leur écosystème et d’allouer des ressources dans l’optique de renforcer des liens avec les écoles et les universités.

Pour surmonter ces obstacles, il serait alors intéressant d’inscrire la démarche d’ouverture d’un FabLab comme élément de la politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises. Signe de leur implication dans la société, elle permettrait aux entreprises de valoriser leurs savoir-faire et d’en retirer des bénéfices non négligeables via des échanges concrets conduits avec des communautés porteuses d’innovations.

Une autre piste à explorer pour compenser l’impact négatif que pourrait avoir la création de Fab Labs dans une entreprise repose sur le recensement des expériences réalisées et la diffusion d’un guide de conseils et bonnes pratiques. Il faudrait l’accompagner d’une campagne de communication à destination des entreprises et des établissements d’enseignement supérieur afin de les convaincre de la dimension « gagnant-gagnant » de tels dispositifs. Enfin, il s’agira d’étendre le cadre du dispositif d’impôt recherche aux frais engendrés pour rendre les coûts supportés par les entreprises acceptables et incitatifs.

Viviane Chaine-Ribeiro est présidente de la fédération Syntec et présidente de Talentia Software.

Les idées du G9+

D’abord prévue le 19 novembre, puis reportée au 4 février pour des raisons de sécurité , la célébration des 20 ans du think tank Institut G9+ aura bien lieu dans les salons de l’Assemblée Nationale. Pour l’occasion, cette fédération d’anciens élèves de grandes écoles publiera un livre intitulé « 2017 : 100 idées pour une France Numérique ». La rédaction a été coordonnée par Luc Bretones, vice-président du think tank. Chaque semaine jusqu’au 4 février, Les Echos Business publieront les idées qui concernent le monde de l’entreprise.

Source : business.lesechos.fr

Au Togo, l’imprimante 3D recyclée pour lutter contre le gaspillage


Au Togo, des jeunes ont eu l’idée originale et très économique de construire une imprimante 3D à partir de déchets et d’objets recyclés. Une trouvaille qui pourrait faire mouche au moment de la COP 21.

Aujourd’hui, le business des imprimantes 3D reste encore limité au pays du Nord, essentiellement à cause de leur prix exorbitant. Au Togo, un chercheur a pourtant décidé de monter la start-up Woelab (qui veut dire « Fab lab » en langue locale « ewé ») avec une trentaine de jeunes. Ensemble ils ont mis au point la Wafate 3D, du nom de l’un de ses inventeurs.

Recyclée à 80%. Cette imprimante 3D est fabriquée à partir d’objets recyclés : des boulons, des courroies d’imprimantes, ou encore des armatures d’unité centrale d’ordinateur qui s’amoncelaient sur les décharges de Lomé. « Ici, on a désossé l’unité centrale, puis on a plié la tôle pour faire une pièce de jonction. Du coup, on valorise les déchets qui nous posaient problème au niveau local. Ça nous évite aussi d’importer beaucoup de pièces qui servent à fabriquer notre imprimante », explique Ouzia Folibébé, l’un des membres de ce laboratoire. L’imprimante est donc recyclée à 80%. Seuls la carte électronique et l’encre plastique ont été importés.

Un gain de temps et d’argent. « Souvent, nous recevons de l’électroménager qui n’est pas fabriqué en Afrique », poursuit Ouzia Folibébé. « Par exemple, un monsieur est passé avec une machine qui était assez complexe. Nous lui avons re-fabriqué la pièce qui était cassée. Ça évite de racheter tout le temps du neuf. On a même imprimé des prothèses pour le genou qui pourraient servir directement, au lieu de les importer. Donc c’est surtout un gain en temps et en argent. » L’imprimante a aussi servi à recréer des hameçons pour des pêcheurs togolais. Et cela ne coûte presque rien : leurs clients ne payent que le poids du plastique utilisé.

Avec cette invention, le Woelab a gagné le prix du « Best Exploration Mission Concept » de la NASA et plusieurs autres distinctions à l’international, dont le prix de la « Meilleure Innovation » à l’Africa Innovation Summit. Le projet est d’installer dans les mois à venir une dizaine de ces imprimantes 3D dans des écoles et cybercafés de Lomé.

Auteurs : Ariane Lavrilleux et T.M.

Source : www.europe1.fr