Le droit de propriété malmené par des industriels américains


Étonnant au pays du capitalisme ! John Deere et Ford mènent l’offensive contre le droit de propriété. En utilisant les failles du droit américain sur le copyright, ces constructeurs veulent empêcher les consommateurs de modifier les logiciels des tracteurs et voitures qu’ils vendent. Un velléité que les conséquences du scandale Volkswagen pourrait toutefois étouffer.

Lorsqu’on achète un tracteur ou une voiture, en est-on, complètement, le seul et unique propriétaire ? Le constructeur cède-t-il le bien ou seulement l’usage de ce bien ? En 2000, dans son livre « L’âge de l’accès », l’économiste Jeremy Rifkin pariait sur la fin progressive de la propriété dans nombre de domaines, au profit d’un droit de l’usage. Il disait déjà, à l’époque, que « d’ici à vingt-cinq ans l’idée même de propriété paraîtra singulièrement limitée, voire complètement démodée, à un nombre croissant d’entreprises et de consommateurs. Si les produits durables bon marché continueront à être vendus et achetés sur le marché, la plupart des biens et des équipements coûteux, comme les automobiles, les logements et certains appareils, seront fournis par les pourvoyeurs aux consommateurs sous forme de bail à court terme, de location, de droit d’adhésion et autres types de services. » Quinze ans plus tard, la réalité semble avoir rattrapé la théorie. Et de façon curieuse…

Ainsi, le constructeur de tracteurs John Deere et le géant de l’automobile Ford sont tous deux impliqués aux États-Unis dans des affaires surprenantes de propriété intellectuelle, dont l’issue n’a pas encore été tranchée par le Copyright Office américain. Le point de vue de John Deere est simple : quand vous achetez un véhicule, vous n’en êtes pas totalement propriétaire. Vous recevez simplement une « licence tacite pour exploiter le véhicule pendant toute sa durée de vie ». En particulier, le constructeur reste propriétaire du logiciel intégré au mécanisme de la machine et qui lui permet de fonctionner.

Sous pretexte de lutte contre le pirate… pas d’accès aux logiciels installés !

Ce fabricant de matériel agricole et industriel a soumis récemment, avec d’autres comme General Motors, ses commentaires à la commission d’enquête du Copyright Office, qui doit se prononcer d’ici les prochains mois sur l’amendement du Digital Millenium Copyright Act (DMCA). Cette loi, promulguée en 1998, a mal anticipé les évolutions technologiques qu’elle régit aujourd’hui où de nombreux appareils contiennent des logiciels protégés par le droit d’auteur. Son amendement futur vise à établir une législation de la propriété intellectuelle mieux adaptée à l’ère numérique. « Une partie du DMCA a été pensée pour empêcher le piratage de DVDs et d’autres biens culturels, mais aussi de logiciels, explique Kit Walsh, avocate au sein de l’Electronic Frontier Foundation, une ONG internationale basée à San Francisco et spécialisée dans la défense des libertés civiles dans le monde digital. Nous avons demandé au Copyright Office de faire une exception si l’accès au logiciel protégé est garanti à des fins de recherche, de réparation ou d’amélioration. Tous les constructeurs automobiles, sauf Tesla, se sont opposés à notre proposition. »

Dans un document envoyé au Copyright Office, John Deere explique que donner accès aux logiciels d’exploitation des tracteurs, même pour faire des réparations (document à lire ici) , « permettrait aux pirates, aux développeurs de logiciels et à des concurrents moins innovants de piller sans efforts la créativité et l’ingéniosité du logiciel ». Mais le constructeur ne s’arrête pas là. Il explique dans le même document que « les mesures de protection des systèmes de divertissements intégrés aux véhicules permettent d’écouter de la musique et des livres audio protégés par le droit d’auteur, qui pourraient autrement être copiés ou piratés ». John Deere soupçonnerait-il ses clients agriculteurs d’utiliser leurs machines pour copier ou télécharger illégalement de la musique ? Les avocats du constructeur, en tout cas, affirment que c’est possible. Cet argument pour le moins insolite a surpris jusque dans les bureaux du Copyright Office, qui a demandé des précisions à John Deere sur cet argument en particulier.

Ford veut contrôler le marché de la réparation

Le cas de Ford est un peu différent. En septembre 2014, le constructeur automobile a porté plainte contre Autel, un outil de diagnostic dont le logiciel d’exploitation (à consulter ici) utilisait une liste de certaines spécificités des voitures Ford. Dans sa plainte, la marque explique que « Autel a intentionnellement et délibérément copié la base de données brevetée de Ford, et un tel acte empiète sur le droit d’auteur de Ford ». La question est ici de savoir si les données copiées par Autel sont vraiment soumises au droit d’auteur. « Les faits ne peuvent pas êtres protégés par la propriété intellectuelle, seule l’utilisation créative de ces faits peut l’être, explique l’avocate Kit Walsh. Ce cas est un bel exemple d’un constructeur qui fait tout pour contrôler le marché des réparations et pour étouffer la concurrence. »

Si la loi sur le copyright n’est pas modifiée prochainement aux États-Unis, les conflits de ce genre risquent de se multiplier. « Le problème se pose chaque fois qu’une nouvelle technologie est créée, qu’elle contient un logiciel, et que les utilisateurs n’ont pas la possibilité de regarder à l’intérieur, même quand ces technologies collectent des données sur eux », renchérit Kit Walsh. Si aujourd’hui le droit européen est moins agressif, la directive 2001/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2001 sur l’harmonisation de certains aspects du droit d’auteur a été très critiquée. L’article 6 de cette directive rend illégal le contournement des verrous numériques.

Toutefois, ces volontés des constructeurs de ne pas vouloir ouvrir leurs logiciels embarqués résisteront-elles après le scandale Volkswagen ? Pour pouvoir satisfaire aux critères d’émissions anti-pollution aux États-Unis, le constructeur allemand a reconnu avoir installé « un algorithme logiciel sophistiqué qui détectait quand un véhicule passait des tests sur ses émissions ».

Auteur : Camille Prigent

Source : www.lesechos.fr

Georges Demenÿ, ce Douaisien qui avait inventé le cinéma


Trois ans avant les frères Lumière, le douaisien Georges Demenÿ parvient en 1892 à projeter sur écran des images photographiques à grande vitesse, autrement dit à faire du cinéma. Une immense invention qu’il n’a pas su exploiter…

«  Je vous aime  ». La déclaration d’amour la plus vieille de l’Histoire du cinéma ? C’est à un Douaisien qu’on la doit. Douze petites photos projetées à grande vitesse et reproduisant le mouvement des lèvres d’un homme déclarant sa flamme. Le film, daté de 1891, ultra-court, en noir et blanc, a pour réalisateur et unique comédien un certain Georges Demenÿ.Sans le savoir, ce dernier vient d’inventer le cinéma. Trois ans avant les frères Lumière.

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Après sept années de recherches pour un salaire de misère au côté du savant Etienne-Jules Marey, un passionné de l’étude du mouvement, Georges Demenÿ semble toucher au but : concevoir un appareil permettant de reproduire, en images, le mouvement. Cet appareil est baptisé le phonoscope.

Le 20 Novembre 1891, le journal L’Illustration fait sa Une sur l’invention de notre Douaisien. Du monde entier, les sollicitations affluent. Des barnums américains lui font des ponts d’or. Le début de la gloire ? On aurait pu le penser. Il en sera tout autrement.

Georges Demenÿ est un génial inventeur, mais un piètre homme d’affaires. Dès mars 1892, il fonde la Société générale du phonoscope. Un industriel allemand apporte ses fonds, Demenÿ son savoir. L’appareil est à l’époque ce que l’on fait de mieux pour prendre et projeter des photographies en mouvement, à vive allure. Suit le chronophotographe, véritable caméra permettant la réalisation de films sur pellicule celluloïd.

Mais l’affaire ne marche pas. Les soucis techniques et financiers s’accumulent. Demenÿ jette l’éponge. Mi 1895, la Société générale du phonoscope est enterrée. Mais Demenÿ n’a pas dit son dernier mot. Fort des 400 films réalisés grâce à son procédé, il sollicite les frères Lumière et les frères Gaumont. Si les premiers ne donnent pas suite, Léon Gaumont, lui, décide de reprendre la commercialisation du phonoscope et du chronophotographe. Il obtient même de Demenÿ la licence exclusive d’exploitation de ses inventions.

En 1896, au théâtre du Châtelet, Gaumont présente au public La Biche au Bois, l’un des tout premiers grands succès du cinéma, réalisé grâce au matériel mis au point par Demenÿ. Gaumont tire rapidement tout le bénéfice de la situation, laissant Demenÿ dans l’ombre.

À la fin de 1896, le Douaisien décide de retourner à ses premières amours, à savoir l’étude et l’enseignement de la gymnastique. Demenÿ propose ses services au Ministère de la Guerre, qui le recrute en 1902 pour réformer les méthodes d’éducation physique dans les armées. La page du cinéma est tournée. Définitivement.

«  Je puis me vanter d’avoir tenu un instant la fortune entre mes mains, je n’ai pu la conserver. J’ai suivi le sort des inventeurs qui n’exploitent pas eux-mêmes leur invention. Si l’on veut être heureux et fortuné, il faut laisser inventer les autres et être assez malin pour profiter de leurs inventions  » déclare en 1909 un Georges Demenÿ lucide et amer.

Source : www.lavoixdunord.fr

A qui doit-on l’invention des transports en commun ?


C’est un Français qui a créé le principe des transports en commun, en 1662. Il s’agit de Blaise Pascal (1623-1662), alors mathématicien, physicien, mais aussi inventeur et philosophe.

Celui-ci avait obtenu de Louis XIV de mettre en place le premier service de transports publics, composé de cinq lignes de carrosses desservant Paris, avec des passages à horaires réguliers. L’intellectuel cherchait à faciliter et à fluidifier la circulation dans la ville, qui comptait déjà près de 500 000 habitants.

Chaque voiture comptait huit places et était tirée par quatre chevaux. Les passagers devaient payer 5 sols (un ancêtre du franc), une somme pour laquelle il fallait obligatoi­rement faire l’appoint pour éviter les pertes de temps. La hausse des tarifs a conduit à un ­délaissement puis à la disparition du service en 1677.

Il a fallu attendre le XIXe siècle pour que les transports en commun sur le modèle pascalien soient remis en place.

Source : www.directmatin.fr

Un inventeur suisse battu à mort à son domicile


Un Suisse de 41 ans a trouvé la mort en fin de semaine dernière à Lurin. Son chien a été empoisonné, sa boîte à outils et son ordinateur portable subtilisés.

Il avait quitté sa Suisse natale, il y a cinq ans pour tenter sa chance au Pérou, mais un inventeur de 41 ans a connu une fin tragique, la semaine dernière. Des hommes ont pénétré dans la maison de M.H.*, à Lurin (ouest), et l’ont battu à mort. Le chien de la victime, lui, a été empoisonné, rapporte le site péruvien trome.pe.

Une boîte à outils et un ordinateur portable contenant des documents et des croquis des inventions de M.H. ont été dérobés. Les enquêteurs cherchent à savoir si le matériel volé constitue le mobile du crime. C’est le collaborateur du Suisse qui a découvert les corps sans vie de son ami et de Runzly, son animal de compagnie, jeudi matin vers 7h. «En entrant dans sa chambre, j’ai vu M. étendu au sol, face contre terre, à côté de son lit, en sous-vêtements», a-t-il déclaré à la police.

Les enquêteurs ont rapporté que la victime avait reçu plusieurs coups sur la tête avec un objet contondant que les criminels ont ensuite emmené avec eux. Les meurtriers pourraient être les mêmes qui avaient tué 15 jours auparavant un gardien de parking avant de prendre d’assaut une usine, également à Lurin.

Les amis de M.H. ont raconté que la victime avait créé un vélo sur mesure en bois pour transporter sa fille de 5 ans, son chien ou divers colis. Cette bicyclette avait été évaluée à 6-7000 dollars sur le marché européen, assure Erick Sinchi, un proche. L’inventeur suisse compterait parmi ses créations une baignoire et des chaises relaxantes en bois.

*Nom connu de la rédaction

Auteur : joc

Source : www.20min.ch

Nikola Tesla


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Illustration représentant Nikola Tesla dans son laboratoire expérimental de Colorado Springs où il effectua des expériences en 1899-1900

En 10 nombres ou dates

  • 10 juillet 1856
    Date de naissance de Nikola Tesla, à Smiljan, en actuelle Croatie. La légende veut que Tesla soit né à minuit, au beau milieu d’un orage.
  • 0
    Nombre de diplômes universitaires de Tesla (hors doctorats honorifiques), qui dans un cas n’a pu finir ses études faute de moyens dans l’autre n’avait que le statut d’auditeur libre.
  • 1884
    Arrivée de Nikola Tesla aux États-Unis où il est immédiatement embauché par Thomas Edison.
  • 1893
    Électrification de l’exposition universelle de Chicago sur la base de courant alternatif, démontrant au monde la supériorité du courant alternatif sur le courant continu. Cet épisode marque la fin de la « guerre des courants ».
  • 1895
    Destruction complète du laboratoire de Tesla à New York dans un incendie, entraînant la perte d’années de travail et de recherches.
  • 1901
    Investissement du banquier JP Morgan dans la première centrale d’un système mondial de transmission sans fil d’électricité et d’information. Le projet sera stoppé quelques années plus tard, notamment par faute de moyens financiers.
  • 1916
    Déclaration de faillite de Tesla.
  • 7 janvier 1943
    Mort de Tesla à New York dans sa chambre d’hôtel.
  • 9 janvier 1943
    Réquisition par le FBI de tous les papiers de Nikola Tesla pour les étudier. Ils seront rendus à la famille plusieurs années plus tard.
  • 300
    Nombre approximatif de brevets déposés par Tesla. Néanmoins, beaucoup de ses inventions n’ont pas été brevetées ou été usurpées par d’autres.

Sa contribution à l’énergie

Le courant alternatif

Nikola Tesla a permis l’adoption généralisée du courant électrique alternatif, notamment grâce à la mise au point d’un moteur fiable et économique générant du courant alternatif polyphasé.

Le courant alternatif pouvait plus facilement se transmettre sur de longues distances mais il n’existait alors pas de générateur économique pour générer ce type de courant.

La fin du XIXe siècle aux États-Unis vit s’affronter deux solutions pour l’électrification : le courant continu, soutenu notamment par Thomas Edison et le courant alternatif, soutenu par Nikola Tesla et George Westinghouse. Quand Tesla arriva aux États-Unis, quelques centrales produisaient déjà de l’électricité, via courant continu et à petite échelle. Néanmoins, les incidents étaient fréquents. De plus, le courant continu, se transmettant mal sur des longues distances, nécessitait la construction de centrales tous les quelques kilomètres, occasionnant des coûts faramineux. De son côté, le courant alternatif pouvait plus facilement se transmettre sur de longues distances. Cependant, il n’existait pas de générateur fiable et économique pour générer ce type de courant.

Le générateur de courant alternatif de Tesla attira l’attention immédiate de George Westinghouse, ingénieur multimillionnaire, qui acheta les droits des brevets de Tesla pour 75 000$ en actions et espèce assortis d’une redevance de 2,5$ par cheval-vapeur construit (0,75 kW). Un tel contrat garantissait à Tesla des revenus considérables en cas de succès. Néanmoins, Tesla y renonça quelques années plus tard, la société Westinghouse traversant des difficultés financières graves et ne pouvant plus assumer le paiement des redevances.

La « guerre des courants » opposa Edison et le courant continu à Tesla/Westinghouse et le courant alternatif.

Pendant les années qui suivirent fit rage ce qui fut appelé « la guerre des courants » opposant d’un côté Edison et le courant continu et de l’autre Tesla/Westinghouse et le courant alternatif. Cet affrontement pris des allures de guerre de propagande, chacun essayant de discréditer l’autre. Le point d’orgue fut probablement atteint quand les accusations de danger lancées par Edison contre le courant alternatif conduisit à la création (et l’utilisation) en 1890 de la toute première chaise électrique. La guerre des courants se termina en 1892-93 quand le duo Tesla/Westinghouse remporta à la suite les contrats d’électrification de l’exposition universelle de Chicago et de construction d’une centrale hydroélectrique aux chutes du Niagara.

Tesla conçut également un nombre important d’appareils et équipements électriques, ce qui en fit l’un des inventeurs les plus prolifiques de son temps. On peut notamment citer la bobine Tesla, qui permet sous courant alternatif d’obtenir de très hautes tensions, des moteurs, des générateurs, des commutateurs, des ampoules, etc.

Transmission sans fil de l’énergie

L’un des rêves principaux de Tesla, et peut-être son plus grand échec, fut la création d’un réseau de transmission mondial sans fil d’une énergie gratuite, qui serait extraite de l’air. Pour atteindre cet objectif, Tesla réalisa en 1899-1900, dans un laboratoire à Colorado Springs, une série d’expériences portant notamment sur les très hautes tensions. Il y provoqua des décharges électriques de plusieurs millions de volts qui entraînèrent des incendies dans le générateur électrique voisin.

La tour Wardenclyffe devait être le premier élément de son réseau de transmission d’énergie sans fil…

Il observa pour la première fois les fréquences de résonance de la terre (résonance de Schumann) qui ne seraient vraiment étudiées qu’à partir des années 1960. Il parvint également à allumer des lampes à plusieurs kilomètres de distance en faisant transiter l’énergie par le sol. La seconde étape de son projet fut la construction de la tour Wardenclyffe qui devait être le premier élément de son réseau de transmission d’énergie. La tour ne fut jamais finalisée. Après une série de déboires financiers, la construction fut abandonnée et la tour vendue pour régler les dettes de l’inventeur.

Ses autres accomplissements

Tesla fut un inventeur et chercheur prolifique dans de nombreux domaines. Les exemples ci-dessous font état d’une partie du travail de Tesla.

La radio

Tesla contribua significativement au développement de la radio. Il détailla dès les années 1890 les principes de la radiodiffusion et déposa plusieurs brevets concernant notamment des transmetteurs et récepteurs sans fil. Guglielmo Marconi, qui commença ses expériences vers 1893, fut néanmoins le premier à transmettre un signal transatlantique, à savoir la lettre S en 1901.

La Cour suprême reconnut la contribution de Tesla au développement de la radio après sa mort.

Cette compétition donna lieu à une croisade juridique de plusieurs décennies pour la paternité de la radio. Marconi, bien qu’ayant débuté ses expériences plusieurs années après les exposés et la parution des brevets de Tesla, nia s’en être inspiré. La bataille juridique s’acheva six mois après la mort de Tesla quand la Cour suprême donna finalement raison à Tesla, reconnaissant ainsi sa contribution au développement de la radio.

Les rayons X

Tesla réalisa en 1894, par inadvertance, la première photographie aux rayons X des États-Unis lors d’une séance photo organisée avec un tube de Geissler (précurseur des tubes à Rayons X) dans son laboratoire, en présence de l’écrivain Marc Twain. Il continua alors sur la lancée, créant son propre matériel et identifiant le rayonnement (sans toutefois en donner l’origine). Il observa également la capacité de ce rayonnement à traverser certaines matières, dont le corps humain. Il réalisa ainsi des images du corps humain qu’il nomma « shadowgraph ». Néanmoins, l’incendie de son laboratoire en 1895 mit fin à ses recherches sur le sujet.

Le physicien allemand Röntgen publia en 1896 une étude plus poussée que celle de Tesla, observant les rayonnements, déterminant leur origine et suggérant les applications en médecine. Il reçut en 1901 le prix Nobel de physique, sans que Tesla ne conteste la paternité de la découverte.

La contrôle à distance d’automates

En 1898, Tesla présenta au premier « Electric show » (salon de l’électricité) un submersible contrôlé à distance, piloté grâce à des ondes radio. Tesla espérait notamment attirer l’attention de la marine militaire. Cependant, Tesla n’eut pas le succès escompté. Le public, tout comme les autorités militaires, relatèrent leur incompréhension face à l’automate, certains allant jusqu’à supposer qu’il était contrôlé par un singe enfermé dans le châssis. Ainsi cette technologie, l’ancêtre de tous les éléments télécommandés actuels, sombra dans l’oubli.

Le radar

En 1917, Tesla publie dans la revue « The Electrical Experimenter » un article détaillant comment une impulsion électromagnétique pouvait permettre de localiser un bateau ou un sous-marin. Il s’agissait d’envoyer une impulsion qui, après s’être reflétée sur la coque de l’objet à repérer, serait récupérée et utilisée pour éclairer un écran.

Ces recherches restèrent théoriques, Tesla n’étant plus en mesure, après sa faille de 1916, de procéder à des expérimentations. Il anticipa néanmoins le principe du radar, outil qui ne verrait le jour que trente années plus tard, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

L’homme

Nikola Tesla est perçu comme l’archétype de l’inventeur maudit : génial et visionnaire, idéaliste et exalté, parfois à la limite de la folie.

Dans un texte publicitaire de 1900 destinés à des investisseurs potentiels, Tesla décrivit ce que serait le monde, une fois doté de son système de transmission d’énergie et d’information. Il y parla de « la transmission mondiale de caractères, de lettres, de tableaux », de « la diffusion universelle des informations, par téléphone ou par télégraphe », de « l’établissement d’un système mondial de diffusion musicale », préfigurant avec un siècle d’avance les technologies actuelles comme Internet, les mails, le partage de données, etc.

Nikola Tesla développa une passion pour les pigeons dans les dernières années de sa vie.

Tesla pensait que la science devait profiter à l’humanité entière. Son enthousiasme le poussa à se disperser dans de nombreux projets qu’il ne finit pas toujours. A Colorado Springs, il annonça aux journalistes son objectif d’envoyer un message du Colorado à Paris sans câble, à l’occasion de l’exposition universelle, projet qui ne vit jamais le jour.

Tesla se bâtit de son vivant une solide réputation d’original. Il était, d’une part, d’une rigueur touchant à l’ascèse, travaillant quotidiennement jusqu’à trois heures du matin mais répugnant à coucher son travail sur papier. Il était d’autre part occasionnellement sujet à des hallucinations visuelles. Enfin, il développa également dans ses dernières années une passion pour les pigeons qu’il allait nourrir chaque jour et qu’il disait parfois aimer comme des humains.

Il a dit…

  • « Je ne crois pas qu’il y ait plus émouvant pour un inventeur que de voir l’une de ses créations fonctionner. Cette émotion est telle qu’on en oublie tout, de manger, de dormir. »
  • « La science n’est rien de plus qu’une perversion d’elle-même si son objectif final n’est pas d’œuvrer au bien de l’humanité. »
  • « N’importe qui, sur terre ou en mer, avec un appareil simple et bon marché tenant dans la poche, pourra recevoir des nouvelles du monde entier ou des messages uniquement destinés à l’utilisateur. »

A l’époque…

La fin du XIXe siècle aux États-Unis voit un afflux importants d’émigrés européens, attirés par la prospérité du pays. Néanmoins, sur place, les conditions restent souvent difficiles. L’afflux de population vers les villes augmente la promiscuité, l’insalubrité, la violence ainsi que les problèmes de santé publique. La situation évolue toutefois rapidement, grâce notamment à des hommes comme Nikola Tesla. L’électricité, au début réservée aux classes les plus aisées, se démocratise. L’éclairage urbain se développe. Les premières voitures apparaissent. Les moyens de communication rapide longue distance comme la radio voient le jour.

Le début du XXe siècle voit ces progrès continuer. En parallèle, la situation géopolitique mondiale se complique peu à peu jusqu’à l’attentat de Sarajevo qui marquera le début de la Première Guerre mondiale. Ces événements impacteront la vie de Tesla qui, bien que naturalisé citoyen américain, verra la défiance du publique contre lui augmenter en raison de ses origines européennes. Ses tentatives pour vendre ses différents brevets et inventions en Europe seront également empêchées par la politique internationale.

Tesla pourrait être considéré comme un scientifique du XIXe siècle même si ses contributions furent importantes pendant la seconde moitié de sa vie. Les hommes comme Tesla, Edison, Westinghouse sont en effet progressivement remplacés au XXe siècle par les physiciens de l’atome : Niels Bohr, Ernest Rutherford, Werner Heisenberg, etc.

Source : www.connaissancedesenergies.org

C’est fini pour Quirky, le site web pour inventeurs allié d’Auchan


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Fondée en 2009, Quirky permettait à des individus contributeurs et inventeurs de se rencontrer et de créer ensemble des produits via un réseau social en ligne.

Après avoir levé 170 millions de dollars, Quirky dépose le bilan. Auchan s’était associé à ce site internet pour inventeurs, en revendant certains des produits ainsi créés.

Les échecs de start-up américaines ayant levé 170 millions de dollars ne sont pas légion. C’est pourtant le cas de Quirky. La start-up vient de déposer le bilan, se réfugiant sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

Fondée en 2009, la société Quirky s’est créée sur le créneau du financement participatif d’inventions. Elle a réussi à convaincre des investisseurs aussi prestigieux qu’avertis tels Andreessen Horowitz et Kleiner Perkins Caufield & Byers.

Son modèle proposait aux individus contributeurs et aux inventeurs de génie de se rencontrer sur Internet et de créer ensemble des produits via un réseau social en ligne.

Grâce à cette communauté, chacun pouvait devenir un inventeur en proposant son idée. Les membres pouvaient voter pour soutenir leurs idées préférées ou les améliorer. Puis l’équipe Quirky sélectionnait les meilleures inventions pouvant déboucher sur des produits grand public.

Auchan met en rayon des produits estampillés Quirky

En 2013, le site Internet américain avait même séduit Auchan. Le distributeur choisit d’importer les produits Quirky qui avaient fait leurs preuves aux États-Unis.

L’ambition d’Auchan était également d’importer le « concept » en incitant ses propres clients à proposer spontanément leurs idées. L’objectif étant de proposer dans ses magasins des produits imaginés, créés, conçus et améliorés par les consommateurs eux-mêmes.

La sélection des premiers produits « inventés » grâce à Quirky et sélectionnés par Auchan furent une théière avec un timer pour ajuster la durée de l’infusion ou un support horizontal pour transporter un gâteau sans l’abîmer.  Puis sont arrivés, pêle-mêle, une multi-prise amovible et un boîtier pour cacher les câbles électriques.

Finalement, le site de crowdfunding pour « Géo trouvetou » semble avoir buté sur la fabrication industrielle en grande série des produits inventés.

Selon la presse américaine, de nombreux produits n’auraient pas rencontré leur marché, auraient déçu leur public ou subi des dysfonctionnements, contraignant la start-up à en assumer, à chaque fois, la charge financière.

En manque récurrent d’argent frais, la société américaine a préféré jeter l’éponge.

Auteur : Frédéric Bergé

Source : bfmbusiness.bfmtv.com

L’inventeur de la première machine industrielle à faire des bagels est mort


Par son invention, Daniel Thompson a fait de cette spécialité traditionnelle juive un des plus grands succès de la cuisine mondiale, non sans essuyer de vives critiques.

Les bagels, une spécialité de la cuisine juive d’Europe de l’Est, sont arrivés aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, et sont longtemps restés cantonnés à la communauté juive de New York. Daniel Thompson, décédé le 3 septembre à l’âge de 94 ans, est l’homme qui a popularisé le bagel jusqu’à en faire une spécialité vendue dans le monde entier.

Il a mis au point la première machine industrielle à faire des bagels, ces petits pains fermes au levain avec un trou au milieu, propulsant la spécialité traditionnelle au rang de produit phare de la gastronomie américaine, puis mondiale. Pour mémoire, nous relations il y a peu une archive du New York Times de 1946, dans laquelle la présidente d’une association de consommateurs, moquant la forme du bagel, en parlait comme «de petits pains juifs durs avec des trous au centre».

«Tout le monde aime les bagels aujourd’hui, ça n’est pas [une spécialité] plus ethnique que la pizza», explique dans le Los Angeles Times Marilyn Bagel, la bien nommée auteure de La bible du bagel.

«Perte de la saveur juive»

Le père de Thompson avait longtemps expérimenté diverses techniques pour mettre au point une telle machine, mais aucune n’était commercialement viable. Daniel, son fils, a suivi des études de techniques industrielles et de mathématiques, et a perfectionné l’invention de son père. En 1964, il s’associe à Murray Lender, qui utilise ses machines pour commercialiser la première ligne de bagels surgelés.

Auparavant, deux hommes pouvaient manuellement faire 120 bagels à l’heure, alors que la machine de Thompson en produisait 200 à 400, et que ses plus grosses machines en produiront jusqu’à 5.000. Mais à partir de là, l’équilibre entre tradition, culture et économie du bagel a été bouleversé. «Il y a eu une sorte de schisme dans l’histoire de la fabrication du bagel : l’avant-Daniel Thompson et l’après-Daniel Thompson», indique dans le New York Times Matthew Goodman, auteur d’un livre sur la cuisine juive.

Jusque dans les années 1960, chaque bagel produit aux États-Unis était l’œuvre d’un artisan membre du syndicat international des boulangers fabricants de bagels, et les réunions avaient lieu en yiddish. L’introduction de la machine de Thompson mis brusquement à cette spécialisation: n’importe quel individu pouvait désormais se lancer dans la fabrication et la commercialisation de bagels. Selon l’auteur, «le bagel a perdu, littéralement et métaphoriquement, sa saveur juive».

Parmi les inventions majeures de la «culture périurbaine» américaine des années d’après-guerre, précise le New York Times, Thompson est aussi à l’origine du premier dépôt de brevet pour une table de ping-pong pliante sur roues.

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Auteur : Jean-Laurent Cassely

Source : www.slate.fr