Pour « favoriser l’innovation », il faut « récompenser les inventeurs salariés »


L’Allemagne, qui rémunère ses inventeurs dès que l’invention est exploitée, dépose et obtient entre deux et trois fois plus de brevets que la France, constate Jean-Florent Campion, le président de l’Association des inventeurs salariés (AIS).

Dans le bilan annuel de l’Office des brevets européens (EPO), l’Allemagne est la nation innovante de l’Europe avec environ 40 % des brevets des pays européens accordés et déposés en 2015. L’Allemagne fait jeu égal avec les États-Unis et dépasse le Japon.

L’Allemagne dépose et obtient entre deux et trois fois plus de brevets que la France qui se maintient dans son rôle d’acteur de seconde zone. Certes l’Allemagne investit plus en recherche et développement que la France (2,84 % du PIB contre 2,26 % en 2015, source OCDE), mais cela n’explique pas un tel écart.

Une vraie différence est la motivation et la récompense des inventeurs salariés en Allemagne.

Le Prof. Dr. Sebastian Wündisch a décrit lors du congrès de l’Association internationale pour la protection de la propriété intellectuelle (AIPPI) en 2015 le système allemand. Une rémunération supplémentaire raisonnable est due dès que l’invention est exploitée. La rémunération de l’inventeur est typiquement comprise entre 0,2 % et 0,5 % du chiffre d’affaires réalisé avec l’invention. Dans la majorité des cas, la rémunération serait fixée entre 0,2 % et 0,3 % du chiffre d’affaires.

Méthode de l’analogie de la licence

Le principe le plus courant d’évaluation en Allemagne de la rémunération des inventeurs est fondé sur la méthode de l’analogie de la licence. On calcule donc pour le chiffre d’affaires généré par l’invention (où la partie attribuée à l’invention) une somme liée à la valeur de la licence pratiquée dans l’industrie concernée, c’est la valeur de l’invention.

Ce montant est affecté d’un coefficient de « contribution » qui prend en compte la contribution de l’inventeur, la contribution de l’entreprise et la position de l’inventeur dans l’entreprise. Pour un chercheur, ce coefficient est classiquement compris entre 15 % et 25 %. Par exemple pour un taux de redevance de 3,5 %, cela fixe la rémunération de l’inventeur entre 0,5 % et 0,9 % du chiffre d’affaires. Ce pourcentage diminue lorsque le chiffre d’affaires atteint de très fortes sommes et ainsi, dans une affaire passée en jugement, seulement un quart du pourcentage a été attribué pour un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros par la cour d’appel de Düsseldorf.

C’est assez proche de la loi française qui s’applique pour les fonctionnaires et la fonction publique.

Dans un contexte d’une mondialisation accrue et d’une impressionnante mise à disposition mondiale des connaissances scientifiques et techniques, l’industrie française souffre surtout de ce que l’on nomme classiquement la compétitivité hors coût [qui désigne les facteurs autres que les prix et les coûts qui contribuent à la compétitivité, par exemple la qualité, l’innovation, l’image de marque, la logistique, les délais de livraison, le processus de vente, l’ergonomie, le design, etc.]. La compétitivité hors coût correspond à des produits peu sensibles aux fluctuations monétaires, avec une faible élasticité de prix et permettant d’exporter malgré une monnaie forte comme l’euro.

Depuis 1957 en Allemagne

Pour inverser la situation actuelle, il faut donc favoriser l’innovation. Les inventeurs notamment, source de l’innovation technologique protégée de la concurrence par des brevets d’invention, reçoivent une rémunération supplémentaire en relation avec le succès commercial de leur invention. Cette reconnaissance a pour effet de stimuler fortement la créativité, donc le succès commercial des entreprises.

Ce système fonctionne avec succès depuis la loi de 1957 en Allemagne. On entend parfois des commentaires sur la lourdeur du système. Les faits parlent et sont têtus, l’Allemagne n’a jamais cessé d’être le leader de l’innovation en Europe (40 % des brevets) avec pour conséquence un chômage de 4,7 % (10,5 % en France) largement lié à un excédent commercial de 248 milliards d’euros en 2015 (déficit de 45 milliards d’euros pour la France).

L’Association des inventeurs salariés (AIS) exhorte le gouvernement à s’aligner sur la législation allemande même si le Medef et l’Association française des entreprises privées (AFEP) sont défavorables à cette mesure depuis bientôt six décennies.

Auteur : Jean-Florent Campion (Président de l’Association des inventeurs salariés (AIS))

Source : www.lemonde.fr

 

L’aventure commerciale a commencé pour le 3D Varius et son inventeur


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Laurent Bernadac, créateur du 3D Varius et musicien accompli

Laurent Bernadac, inventeur du premier violon réalisé en imprimante 3D, configure actuellement la commercialisation de cet instrument qui fait des émules.

Après avoir assuré pendant une année la promotion de son 3D Varius, un violon à l’aspect translucide réalisé grâce à une imprimante 3D, son créateur et musicien Laurent Bernadac a officiellement lancé le 18 mai la commercialisation de cet instrument électrique aux allures futuristes créé il y a un an à Toulouse. L’objectif : récolter des fonds (environ 50 000 €) pour une vente en série à plus grande échelle que le territoire national. Une première série limitée de ce violon dessiné d’après le modèle d’un Stradivarius, baptisée «Pauline», est disponible sur le plus gros site américain de financement participatif Kickstarter.

Laurent Bernadac, originaire de Béziers mais Toulousain depuis l’obtention de son diplôme d’ingénieur en génie énergétique et mécanique à l’INSA (Institut national des sciences appliquées), a déjà vendu quatre 3D Varius à des clients français, belge, britannique et «même une personne habitant en Alaska». Valeur de l’instrument : 6 300 €.

Vidéos sur youtube à l’appui – reprises de Hallelujah (Leonard Cohen), thème d’X-Files, Star Wars ou un mashup de Mickaël Jackson –, le musicien fait sans esbroufe la démonstration d’une maîtrise de l’instrument et met en avant les sonorités du 3D Varius dont la palette est large. Selon Laurent Bernadac, qui présente son instrument dans des mastersclasses dans les conservatoires de la région, «les étudiants en musique sont conquis».

«Imaginer de nouveaux instruments»

Pour le Toulousain, les prestations s’enchaînent : d’une part avec son groupe Octobre, de l’autre avec une place en finale de l’événement majeur du design en imprimantes 3D, le Messe Erfurt Rapid (Allemagne), où il présentera le 3D Varius prochainement. Violon du futur qui a déjà presque fait le tour du Globe (États-Unis, Taïwan, Angleterre…) et les plateaux de télévision. Notamment à Londres dans une émission réalisée par une chaîne espagnole où Laurent Bernadac s’est retrouvé à jouer sur le 3D Varius devant l’acteur australien Hugh Jackman (Wolverine pour les initiés), également violoniste à ses heures perdues. En attendant que les commandes affluent, Laurent fait la promo. «Pour poursuivre ce projet, moi et Géraldine Puel, avec qui nous avons créé une start-up, nous avons besoin d’un coup de pouce sur Kickstater afin de démarrer la production, imaginer de nouveaux instruments, agrandir notre équipe et offrir des casques antibruit à ceux qui ne supportent pas les tests sonores», assure-t-il.

Basé sur les dimensions du Stradivarius..Le 3Dvarius est un nouveau violon électrique entièrement réalisé grâce à la technique de l’impression 3D et basé sur le modèle d’un véritable Stradivarius. C’est un violon unique, au design révolutionnaire, au service des violonistes les plus exigeants. Constitué d’une seule et unique pièce, le corps du 3Dvarius a la particularité de conduire les ondes sonores de façon optimale sans jamais les entraver, afin de permettre à l’instrumentiste un contrôle optimal du son. Une semaine est nécessaire à sa fabrication.

Combinant la précision et les performances de l’impression en trois dimensions avec les techniques de la lutherie traditionnelle, son design inédit, marque un pas supplémentaire sur le chemin de la symbiose parfaite entre le musicien et son instrument. Le 3Dvarius a un prix final de 6 499 € mais dans le cadre de la campagne Kickstarter, il est proposé à un tarif «early bird» de 6 299 €. «D’autres lots sont aussi disponibles pour celles et ceux qui ne souhaitent pas acheter de violon électrique : CD, tee-shirt, places de concert, master class de violon, etc.», précise Laurent Bernadac.

Repères

Le chiffre : 50 000 euros >Financement participatif. C’est la somme que compte récolter la start-up créée par Laurent Bernadac et Géraldine Puel sur le site américain Kickstarter, pour une fabrication à plus grande échelle du 3D Varius.

Auteur : Gérald Camier

Source : www.ladepeche.fr

Un inventeur chinois crée le « bus enjambeur » qui pourrait être testé l’été prochain


Pour réduire les encombrements sur les routes, on prône généralement les transports en commun. Mais encore faut-il qu’ils ne soient pas eux-mêmes pris dans les embouteillages et qu’ils ne polluent pas autant voire plus que les voitures (et qu’ils roulent). Pour remédier à tout cela, des ingénieurs chinois sont en train de travailler à un projet de bus « enjambeur » : électrique et qui passerait au-dessus des voitures.

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L’inventeur chinois Song Youzhou a présenté son prototype lors d’une exposition le week-end dernier à Pékin, rapporte Citylab du 23 mai.

Le principe : le bus est posé sur des glissières, de chaque côté de la route et il est surélevé. Ce qui lui permet d’enjamber la route et donc aux voitures de passer en-dessous. Il mesure 60 mètres de long sur près de 8 de large. Sa capacité permettrait de transporter 1400 passagers et rouler à 65 km/h. Il fonctionnerait à l’électricité et pourrait remplacer 40 bus.

Selon son créateur, la firme Transit Explore Bus veut tester un prototype grandeur nature cet été dans la ville de Changzhou.

Un tel concept avait déjà été imaginé, il y a quelques années, mais il était resté sans lendemain.

Source : www.sudinfo.be

A 96 ans, Henry Heimlich, inventeur de la manœuvre salvatrice, sauve une femme grâce à elle


Le docteur Henry Heimlich, qui a donné son nom à une célèbre technique de secourisme, a mis en pratique, à 96 ans, sa « manœuvre » sur une pensionnaire de sa maison de retraite, victime d’une fausse route, lui sauvant la vie, rapporte samedi le New York Times.

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Fameuse manœuvre d’Heimlich

« J’ai commandé un hamburger, et la chose dont je me souviens ensuite, c’est que je ne pouvais plus respirer, j’étouffais », a raconté au Times Patty Ris, sauvée en plein dîner par le Dr Heimlich.

La « manœuvre de Heimlich », inventée en 1974, consiste à se placer derrière la personne victime d’une fausse route et à provoquer l’expulsion du corps étranger par une forte pression dans le creux de l’estomac.

« J’ai vu que son visage se contractait, que sa peau devenait foncée, qu’elle ne pouvait pas parler. Je savais qu’elle était en train d’étouffer », a raconté le Dr Heimlich au quotidien new yorkais.

« J’ai utilisé (la manœuvre), et elle s’est remise rapidement », a-t-il précisé au Cincinnati Enquirer. « Ca m’a permis de me rendre compte comme il est merveilleux d’avoir été capable de sauver toutes ces vies », a-t-il ajouté.

Source : AFP

Jean-Claude Decaux, inventeur de l’Abribus, est mort


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Le fondateur du groupe Decaux, Jean-Claude Decaux, s’apprête à faire du vélo, le 16 novembre 2007 sur la place de la mairie à Toulouse, lors de l’inauguration du système de location de vélos appelé « VéloToulouse ».

L’industriel français est mort à 78 ans ce vendredi, a confirmé l’entreprise à L’Express. Le fondateur du géant mondial du mobilier urbain, qui a créé son empire en 1955, le gouvernait avec ses fils.

Il était à l’origine de l’Abribus et ses supports publicitaires, ou plus récemment du Vélib’. Jean-Claude Decaux, le spécialiste du mobiliser urbain, est décédé ce vendredi à 78 ans. L’information a été confirmée à L’Express par l’entreprise, sans que les circonstances de sa mort ne soit données.

Autodidacte, Jean-Claude Decaux, a fondé sa société en 1955. A 15 ans, ce natif de l’Oise couvrait les murs de sa ville natale de publicités vantant le magasin de son père. L’idée de l’Abribus est née en 1964. Le publicitaire proposait alors aux villes d’installer et de financer les aubettes qu’il proposait (des constructions pour abriter les usagers des transports en commun) pendant que lui se chargeait d’y afficher de la publicité. Le nom de son invention, l’Abribus, est d’ailleurs passé dans le langage courant.

Numéro un de la pub dans les transports

Le concept du mobilier urbain, la société Decaux l’a étendu ensuite aux sanitaires, bancs publics, kiosques à journaux ou à fleurs et autres conteneurs de verres, qu’elle proposait sur catalogue aux municipalités en échange de la concession de l’affichage publicitaire sur leur territoire.

En 1999, le groupe s’est lancé dans la publicité dans les transports, un segment sur lequel JCDecaux est devenu numéro un mondial. Il revendique aussi la première place au rang européen de l’affichage grand format. Plus récemment, JCDecaux est devenu le gestionnaire des Vélib’, ces vélos libre-service implantés dans tout Paris. Le dirigeant s’est toujours passionné pour le cyclisme et les problématiques environnementales.

En six décennies, il est devenu leader en France sur les marchés du mobilier urbain, des Abribus, de l’affichage et des vélos en libre-service. En 2008, le groupe a également décroché, en partenariat avec Publicis, l’affichage publicitaire des gares. Un contrat estimé à 70 millions d’euros.

Jean-Claude Decaux avait cédé la présidence du conseil de surveillance en 2013, à l’âge de 75 ans, laissant les rênes à ses fils. Tous les trois ont hérité de la première partie de son prénom : Jean-François, Jean-Charles et Jean-Sébastien.

Source : AFP

Avec l’inventeur du Segway, Toyota va créer le fauteuil handicapé du futur


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Le fauteuil roulant « Independance 3000 Ibot » présenté en 2000.

Le numéro un mondial de l’automobile vient de signer un accord avec l’inventeur du Segway pour développer des fauteuils à destination des personnes âgées ou handicapées.

Numéro un mondial de l’automobile, Toyota travaille aussi, depuis longtemps, aux autres formes de mobilité, notamment à destination des personnes âgées ou handicapées.Le groupe japonais vient de signer un accord avec Dean Kamen, l’inventeur du Segway, marque réputée pour son étrange appareil électrique à deux roues latérales, où, debout, son conducteur s’oriente grâce aux mouvements de son corps. Cette fois, selon Bloomberg, les fauteuils pour handicapés, capables de monter des marches ou de placer les patients en position verticale, seront au cœur des recherches. Cette technologie particulière d’équilibre intégrée dans les fauteuils intéresse Toyota, premier constructeur d’un pays confronté au vieillissement de sa population : en 2050, plus de 40% des Japonais auront plus de 65 ans.

Le groupe va investir 1 milliard de dollars sur cinq ans pour développer des projets mêlant intelligence artificielle et robotique. En 2001, Segway avait déjà réalisé un fauteuil de ce type, le iBots, vendu 25.000 dollars, avant de l’arrêter en 2009. Le savoir-faire de l’un et les moyens industriels de l’autre vont être réunis pour lancer une nouvelle génération de ce fauteuil iBots à un prix vraisemblablement plus abordable. Les ambitions sont sérieuses. Le Toyota Research Institute, piloté par Gill Pratt, ancien ingénieur de haut niveau de l’armée américaine, recrute des pointures. James Kuffner, patron de la robotique de Google, vient d’arriver en renfort.

Auteur : Charles Gautier

Source : www.lefigaro.fr

Concevoir un objet connecté : 9 règles d’or pour faire aboutir son projet


Pour développer un appareil intelligent abouti, les entreprises doivent choisir le bon réseau et opter pour une source d’énergie adaptée.

Créer un objet connecté n’est pas une mince affaire, même pour une entreprise qui a trouvé un business model autour de l’Internet des objets et qui a vérifié que son appareil correspond bien à la demande de ses futurs utilisateurs. Voici neuf conseils à suivre pour les néophytes qui veulent faire aboutir leur projet.

Avoir un ingénieur parmi ses fondateurs

Disposer d’une culture industrielle est un gros plus pour les PME et les start-up qui se lancent dans l’IoT. « Withings, Netatmo… Toutes les entreprises qui ont réussi dans le secteur ont un ou plusieurs ingénieurs parmi leurs membres fondateurs », souligne Camille Vaziaga, déléguée générale du think tank Renaissance Numérique, qui a co-signé le livre blanc « Les Nouveaux eldorados de l’économie connectée ».

L’idéal : que l’un des dirigeants de la société soit ingénieur en conception industrielle

L’idéal est que l’un des dirigeants de la société soit ingénieur en conception industrielle. « Ils allient les compétences mécaniques, thermiques et électroniques nécessaires à la conception complexe de ces appareils », complète Luc Bretones, vice-président du G9+, un think tank spécialisé dans le numérique, qui a piloté l’écriture du livre blanc. Ces personnalités agissent comme des aimants, elles attirent des ingénieurs plus spécialisés pour compléter la grappe de compétences de la société.

Choisir un réseau approprié

Utiliser le bon réseau pour faire circuler l’information est fondamental. « Les entreprises peuvent se demander avec quel autre appareil leur objet connecté devra communiquer et choisir leur technologie en fonction », suggère Camille Vaziaga. Les réseaux filaires, Wifi ou encore les bandes étroites déployées par Sigfox ou l’alliance LoRa ont tous leurs avantages et leurs inconvénients.

10-vins a développé la D-Vine, une machine qui aère et met à la bonne température le vin contenu dans une fiole de 10 cl, vendu par l’entreprise nantaise. « Nous avons choisi la RFID pour que l’appareil détecte que le flacon de vin est en place. C’est la technologie utilisée dans les cartes de paiement sans contact. Mais nous n’avions pas anticipé que les ondes radio se comportent différemment quand elles sont à proximité de métaux ou de liquides. C’est un vrai problème », explique Thibaut Jarrousse, le patron.

Si le flacon n’était pas placé dans une certaine position, l’appareil ne le détectait pas dans 100% des cas. Les entrepreneurs ont résolu le problème grâce à un tour de passe-passe : ils ont apposé des points à des endroits précis sur les fioles de vin pour expliquer aux utilisateurs comment les positionner et qu’elles soient reconnues à tous les coups.

Trouver une source d’énergie adaptée

Rares sont les objets connectés branchés perpétuellement au secteur. Pour les entreprises, la question de l’alimentation en énergie de leurs produits et leur consommation effective est essentielle. Un appareil qui ne se réveille qu’une fois par jour pour envoyer quelques données n’a pas les mêmes besoins qu’une montre connectée.

« La source d’énergie choisie est la contrainte qui pèse le plus sur le design des objets intelligents, c’est une vraie source d’encombrement physique », prévient Arnaud-François Fausse, directeur de la branche IoT du cabinet de conseil Octo Technology, qui a en parallèle créé son entreprise Zerfos.systems, pour concevoir des objets connectés BtoB.

Son dernier projet en date : une manette intelligente pour des distributeurs de produits chimiques en entreprise. Elle est capable d’enregistrer le nombre de fois où elle a été activée, si la dose de produit a été entièrement ou partiellement prélevée… « J’ai exploré la piste d’un générateur mécanique fonctionnant comme une dynamo mais j’ai finalement opté pour une simple pile, moins encombrante », retrace-t-il.

Design : faire simple

L’utilisateur doit comprendre en un coup d’œil comment fonctionne l’appareil. Cela passe par un design simple. « Les produits lancés par des entreprises à succès, comme le thermostat intelligent de l’américain Nest, ne font qu’une chose mais la font simplement », pointe le vice-président du G9+ Luc Bretones. Pour lui, le mode d’emploi est quasiment à bannir. Le piège à éviter : lancer un appareil qui veut faire trop de choses et dont l’utilisation n’est pas claire pour le client.

Prévoir le temps nécessaire à l’homologation

La fonction du thermostat intelligent de Nest est évidente pour ses utilisateurs

Lorsqu’ils conçoivent un produit, les entrepreneurs doivent penser aux normes. 10-vins a collaboré avec deux partenaires spécialisés dans l’homologation, qui ont réalisé une batterie de tests. « Nous avons travaillé sur cette étape pendant 6 mois. C’était compliqué car notre produit ne rentrait dans aucune case. Ce n’est pas un frigidaire ou un grille-pain. Nous avons effectué un important travail de recherche avec nos partenaires pour cette homologation qui combine les normes de différentes catégories de produits », raconte Thibaut Jarrousse.

Protéger sa propriété intellectuelle

Lorsqu’on se lance dans le hardware, il faut protéger son produit dès le départ, dans tous les marchés que l’on veut toucher. La D-Vine est par exemple couverte par deux brevets mondiaux car ses créateurs visent l’international. « Le bureau des brevets vérifie que personne dans le monde n’a eu la même idée que vous, c’est un point important », souligne le dirigeant de 10-vins. Et de poursuivre : « Les brevets rassurent les investisseurs potentiels, car ils découragent les sociétés qui voudraient vous copier ».

Se rendre dans un FabLab pour prototyper

Les FabLabs se multiplient. « Prototyper dans ces espaces équipés d’imprimantes 3D permet à des start-up et à des PME ne disposant pas d’une réserve infinie de financements de mutualiser les coûts », argumente Luc Bretones. Les FabLabs sont souvent dotés de techniciens, qui assistent les entreprises dans la conception de leurs appareils. La Cité des objets connectés d’Angers (Maine-et-Loire) met par exemple à disposition de ses utilisateurs des spécialistes de l’électronique.

Ces compétences leurs permettent d’accélérer le prototypage, souvent long dans le hardware car pour intégrer toutes les contraintes liées à la fabrication d’un objet connecté (design, batterie, normes…), les entreprises doivent concevoir plusieurs prototypes. « Nous avons travaillé sur 15 versions différentes de la D-Vine », illustre Thibaut Jarrousse.

Penser à l’industrialisation en amont

Pour fabriquer un produit en série, il faut que toutes les pièces puissent être moulées et que le montage soit facile. La start-up clermontoise Kalkin a développé un traceur GPS connecté pour les skieurs, le SloKi. « Notre appareil, que nous avons prototypé à l’aide d’une imprimante 3D, avait une structure en nid d’abeilles, impossible à mouler en usine. Nous avons dû le redessiner », raconte le président de l’entreprise, Pierre-Jean Mathivet.

Fournisseurs : s’appuyer sur ses partenaires

« Il faut demander à ses potentiels fournisseurs des échantillons des pièces qu’ils fabriquent, pour être certain de la qualité de leur travail, sinon, il faut aller voir ailleurs », insiste Arnaud-François Fausse, d’Octo Technology.

Les 30 industriels avec lesquels 10-vins a travaillé sont pour beaucoup installés en France. Cela a permis aux entrepreneurs de passer les voir fréquemment. « Nous avons tissé des liens de confiance avec nos partenaires tout au long de la conception du produit. Ils nous ont conseillé des fournisseurs fiables », explique le patron.

« Pour de grandes séries de plus de 10 000 ou 20 000 exemplaires, il vaut mieux aller en Asie », souligne toutefois Luc Bretones. Mais les PME et start-up ne peuvent se lancer seules dans cette aventure sans rien connaître de cet univers. « Les entreprises qui ont tissé des partenariats avec de grands groupes peuvent profiter de leur carnet d’adresses sur place », poursuit-il.

Dans le cadre de son programme orienté objets connectés, Orange a par exemple tissé des liens avec la jeune pousse Prizm, qui a créé un appareil capable de diffuser de la musique sur-mesure. L’opérateur a ainsi aidé la start-up à trouver ses fournisseurs en Chine.

Auteur : Lélia De Matharel

Source : www.journaldunet.com