La DSI doit devenir le moteur de l’innovation au service des métiers


La notion de « Time to Market » qui se doit d’être de plus en plus court, impose aux services métiers de l’entreprise d’innover rapidement. Pour aller vite, mettre en ligne de nouveaux services, plateformes, applications, l’entreprise peut désormais compter sur les avantages du Cloud. Les projets cloud fleurissent, mais encore trop souvent sans l’accord de la DSI et au détriment de la sécurité de l’entreprise.

Le manque de cohésion et de collaboration entre la Direction des Systèmes d’Information (DSI) et services métiers pèse, parfois, sur la réussite de ces projets cloud. Pour les métiers, l’informatique est encore souvent perçue comme un frein à l’innovation. Le résultat : de nombreux projets cloud sont réalisés directement sans que la DSI n’en soit informée – ce que l’on appelle le Shadow IT. Pour lutter contre ce phénomène et tirer profit au maximum des avantages du Cloud, la DSI doit se rendre incontournable envers les métiers, avec des arguments forts d’innovation et de sécurité.

Pour les services métiers de l’entreprise, l’informatique est encore souvent perçue comme un frein à l’innovation. Avec le Cloud, ils ont la possibilité d’aller plus vite, de lancer rapidement de nouveaux services, de nouvelles applications. Cela se fait encore souvent sans consultation de la Direction des Systèmes d’Information pourtant garante de la sécurité. Pour tirer le maximum de profit du Cloud et apporter le niveau de sécurité nécessaire à ces nouveaux projets, la DSI doit se rendre incontournable à nouveau auprès des services métiers.

Shadow IT : un manque de collaboration entre DSI et métiers et surtout des objectifs différents 

Même si le renforcement de la collaboration avec les services métiers est l’un des challenges affichés des responsables infrastructures, les objectifs de la DSI et des services métiers sont différents. En effet, la DSI est soumise par la direction à des décisions stratégiques et techniques, et doit principalement raisonner en termes de retour sur investissements, généralement à 3-5 ans, pour tous projets informatiques initiés.

Alors que les services métiers doivent innover rapidement (pour offrir des services performants et générateurs de profits pour l’entreprise) et cela passe de plus en plus par des solutions Cloud, sans que la DSI ne soit impliquée… Cette différence d’objectifs crée le Shadow IT.

Cela représente un risque important pour l’entreprise en termes de sécurité puisque le réseau de celle-ci s’ouvre vers l’extérieur (prestataires cloud, hébergeurs, etc.) avec des données potentiellement sensibles (données clients, etc.) hébergées en dehors du périmètre de l’entreprise.

Ainsi, la DSI ne peut plus garantir la sécurité de tous ces projets menés individuellement, aux quatre coins de l’entreprise. Le Shadow IT n’est pas un problème à prendre à la légère. Selon les spécialistes, près de 1 200 applications cloud seraient utilisées dans les entreprises sans implication de la DSI.

Le Cloud limite les risques et accélère l’innovation

Nous vivons dans un monde où tout va très vite. Les entreprises doivent s’adapter très rapidement aux évolutions de consommation, aux envies et besoins de leurs clients. Aujourd’hui, avec le Cloud, l’entreprise possède une palette importante de ressources pour innover rapidement, et lancer de nouvelles applications, de nouvelles plateformes de vente en ligne, etc. Et ainsi pour faire de l’informatique un accélérateur de l’innovation – et non plus un frein.

Alors qu’auparavant, un projet basé sur des environnements physiques pouvait prendre entre 3 à 6 mois – soit le temps de recevoir le matériel informatique nécessaire, de l’installer, de le configurer, etc. -, le Cloud permet aujourd’hui de lancer des projets en quelques heures instantanément par la mise à disposition de ressources virtuelles.

En plus d’aller plus vite, le coût est largement mieux maitrisé. Avec le paiement des ressources à l’utilisation, l’entreprise ne paye que ce qu’elle consomme, tout en se laissant la possibilité de faire marche arrière sans délai, en réduisant le nombre d’équipements utilisés si le projet ne fonctionnait finalement pas.

Et le Cloud propose plusieurs modèles accessibles sur le marché, avec différents niveaux de services : des fournisseurs de Cloud à bas coûts proposant un minimum de services, aux fournisseurs proposant un accompagnement sur l’usage et des conseils sur l’architecture.

Associés à ces nouveaux modes de consommations, des outils mis à disposition permettent de maitriser les coûts par projet. Ces outils sont devenus indispensables pour maitriser l’innovation et optimiser le budget IT de l’entreprise.

Le rôle de la DSI évolue

La DSI de demain sera plus proche du business, moins de la technique… En effet, le métier de la DSI s’éloigne progressivement de la gestion des salles machines, des serveurs et du réseau pour être plus proche du business afin de proposer de nouvelles solutions et services aux services métiers. Elle participe à la maitrise de la scalabilité de l’entreprise grâce à la mise en place de solution IT qui accompagne la croissance de l’entreprise sur le marché.

Pour cela, la DSI doit être en mesure de proposer un catalogue de service complet de solutions et de prestations afin de traiter les spécificités (Legacy vs Nouvelle application) des services métiers, mais aussi des usages. Elle doit permettre d’apporter de l’agilité à des environnements existants (legacy) et adresser les nouvelles applications en mode start-up. La vitesse de délivrabilité de la DSI doit être réglée sur celle des services métiers et non l’inverse.

Enfin, l’entreprise a vu apparaître une nouvelle fonction, celle du CDO – Chief Digital Officer – qui a pour objectif de gérer notamment tous les nouveaux projets. Certains de ces postes sont aussi à l’initiative des DSI pour distinguer les nouveaux projets des environnements existants.

Le choix doit venir de la DSI

Impliquer la DSI dans les projets cloud revêt de nombreux avantages. Elle saura en effet définir le modèle le mieux adapté aux besoins et aux perspectives d’évolution du projet et définir le niveau de services requis et le budget précis à mettre en place.

La DSI est également capable de mettre en place les mesures de sécurité adéquates pour l’entreprise et ses données. Elle permet aussi de garantir l’interaction des outils ou des applications avec ceux déjà existants au sein de l’entreprise ou encore d’utiliser des outils Big data pour retirer de l’intelligence des informations générées et recueillies par les applications, les plateformes web, etc.

Si la DSI a parfois été un frein pour les services métiers, elle dispose désormais d’un panel d’outils et d’une expertise lui permettant d’être un vrai moteur de l’innovation et de l’optimisation de la sécurité de l’entreprise. Difficile de blâmer les services métiers qui génèrent du Shadow IT pour des raisons de business. À l’inverse, la DSI a l’occasion de reprendre la main, et de se rendre à nouveau indispensable. Alors, le Cloud réussira-t-il à réconcilier la DSI et les métiers ?

Auteur : Charlotte Petyt, Chef de Produit Cloud chez Scalair

Source : www.lesechos.fr

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